Le 12 janvier 1937.
Aujourd’hui, lorsque le médecin est venu faire sa visite, je n’ai rien à plu. Bien entendu, j’étais plus souffrante que d’habitude et ma température avait sensiblement augmenté. Naturellement, il a décidé que je n’irai plus communier tant que ma température n’aura pas complètement baissé. J’ai accepté, bien que la douleur me serrât le cœur, mais j’ai dit que j’irais si je n’avais pas de fièvre. Il y a consenti. Quand le médecin est parti, j’ai dit au Seigneur : « Jésus, maintenant, il dépend de toi que j’aille communier non… » Et puis, je n’y ai plus pensé, et pourtant, à tout instant, il me venait à l’esprit l’idée suivante: « Je devrai être privée de Jésus ! Non, ce n’est pas possible ! Et cela non pas une seule fois, mais plusieurs jours de suite, tant que ma température n’aura pas baissé ! » Finalement, ce soir, j’ai dit au Seigneur : « Jésus, si mes Communions te sont agréables, je te supplie humblement de faire en sorte que demain matin, je n’aie pas un seul degré de fièvre. » Le lendemain matin, j’ai pris ma température et je me suis dit : « Même si je n’ai qu’un degré de fièvre, je ne me lèverai pas, car ce serait contraire à l’obéissance. » Or, quand j’ai retiré le thermomètre, j’ai constaté que je n’avais pas un seul degré de fièvre. J’ai aussitôt bondi au bas de mon lit et je suis allée communier. Quand le médecin est venu, je lui ai dit que j’étais allée communier parce que je n’avais pas du tout de fièvre et il a été très étonné. Je lui ai alors demandé de ne pas m’empêcher d’aller communier, car cela pouvait avoir une influence défavorable sur ma cure. Il m’a dit : « Pour que j’aie la conscience tranquille, et qu’en même temps, je ne vous contrarie pas, convenons de la chose suivante : s’il fait beau, s’il ne pleut pas et si vous vous sentez mieux, vous pourrez aller communier, mais faites-le en conscience et pensez à ce que je vous ai dit! » Je me suis réjouie que le médecin soit si obligeant envers moi . Tu vois, Jésus, ce que je devais faire, je l’ai déjà fait. Maintenant, je compte sur toi et je suis tout à fait tranquille.
Aujourd’hui, j’ai vu le père Andrasz célébrer la sainte messe. Avant l’élévation, j’ai vu le Petit Jésus, qui était très joyeux, et lui tendait ses petits bras, puis je n’ai plus rien vu. J’étais dans ma chambre et j’ai continué à rendre grâces. Plus tard, pourtant, je me suis demandé : pourquoi l’Enfant Jésus était-il si gai ? Il ne l’est pas toujours autant, quand je le vois ! J’ai alors entendu ces mots : « C’est parce que je me sens bien dans son cœur. » Et cela ne m’a pas du tout étonnée, car je sais que ce Père aime beaucoup Jésus.
Ma relation avec les agonisants est toujours aussi étroite. Ah ! que la miséricorde divine est inconcevable, si, par mon indigne prière, le Seigneur me permet de venir en aide aux mourants! Je tâche d’être présente dans la mesure du possible au chevet de chaque agonisant. Ayez confiance en Dieu parce qu’il est bon et inconcevable et que sa miséricorde dépasse notre compréhension !