Le 6 janvier 1937.
Aujourd’hui, pendant la sainte messe, je me suis inconsciemment plongée dans la majesté infinie de Dieu. L’immensité de l’amour divin a inondé mon âme et j’ai alors compris à quel point Dieu, ce Seigneur au-dessus de tous les seigneurs, s’est abaissé pour moi. Et que suis-je, moi, pauvre misérable, pour que tu daignes avoir de telles relations avec moi ? Une vive stupeur m’a saisie après cette grâce si singulière et elle a duré toute la journée. Profitant de l’intimité à laquelle le Seigneur m’a admise, je l’ai imploré pour le monde entier. Dans ces moments-là, j’ai l’impression que le sort du monde entier dépend de moi.
- Je t’en prie, mon Maître, agis dans mon cœur de façon que je n’attende d’aide de personne, mais que je m’applique toujours à aider les autres, à les consoler et à les soulager. J’ai le cœur toujours ouvert aux souffrances de mon prochain et je ne le fermerai pas à autrui, même si l’on m’a surnommée ironiquement « pelle à poussière », parce que chacun déverse sa douleur dans mon cœur. J’ai répondu que tout le monde a une place dans mon cœur, et qu’en compensation j’ai une place dans le cœur de Jésus. Ces remarques adressées au regard de la loi de la charité ne rétréciront pas mon cœur. Mon âme est toujours sensible sur ce point, et Jésus seul est la raison de mon amour du prochain.