Le 21 mars 1935. Souvent, pendant la sainte messe, je vois le Seigneur dans mon âme, je me sens pénétrée de sa présence, je sens son regard divin, je lui parle beaucoup sans prononcer de mot. Je sais ce que son cœur Divin désire et je fais toujours ce qui lui plaît le plus. J’aime Dieu à la folie et je sens que je suis aimée de lui. Dans ces moments où je rencontre Dieu au plus profond de mon être, je ressens un tel bonheur que je ne saurais l’exprimer. Ce sont des instants brefs, parce que l’âme ne pourrait pas les supporter plus longtemps sans se séparer du corps. Bien que ces instants soient très courts, la force qui se communique à l’âme y demeure très longtemps. Je me sens alors plongée dans un profond recueillement sans avoir fait le moindre effort, et ce recueillement ne diminue pas, même lorsque je parle avec des gens, et il ne me gêne pas non plus dans l’accomplissement de mon travail. Je sens la présence constante de Dieu sans aucun effort de l’âme, je sens que je suis unie à Dieu aussi étroitement qu’une goutte d’eau à un océan sans fond. Jeudi dernier, j’ai senti cette grâce vers la fin des prières. Elle a duré exceptionnellement longtemps, pendant toute la sainte messe, et j’ai cru que je mourrais de joie. Dans ces moments-là, j’apprends à mieux connaître Dieu et ses attributs, je me connais aussi mieux moi-même ainsi que ma misère, et je m’étonne que Dieu daigne s’abaisser jusqu’à une âme aussi misérable que la mienne. Après la sainte messe, je me sentais complètement abîmée en Dieu et j’étais consciente de chacun de ses regards au fond de mon cœur.
Vers midi, je suis entrée un instant dans la chapelle et à nouveau la puissance de la grâce a frappé mon cœur. Pendant que j’étais plongée dans un profond recueillement, Satan a pris un pot de fleurs et dans sa fureur, il l’a jeté de toutes ses forces sur le sol. J’ai vu tout son acharnement et sa jalousie. Il n’y avait personne dans la chapelle. Tout en interrompant ma prière, j’ai ramassé les débris du pot et j’ai replanté la fleur. Je voulais la remettre en place avant que quelqu’un ne vienne dans la chapelle, mais je n’en ai eu le temps. J’ai vu que la mère supérieure Mère Borgia Tichy. , la sœur sacristine Sœur Maria-Salomea Olszakowska, décédée au mois de juin 1962. et plusieurs autres sœurs sont entrées. La mère supérieure s’est étonnée que j’aie touché à quelque chose sur le petit autel et que le pot de fleurs soit tombé, la sœur sacristine a manifesté son mécontentement et moi, je me suis appliquée à ne pas me justifier ni me disculper. Vers le soir, je me suis sentie épuisée, incapable de faire l’Heure sainte, si bien que j’ai demandé à la mère supérieure la permission d’aller me coucher un peu plus tôt. Dès que je me suis couchée, je me suis endormie, mais, vers onze heures, Satan a secoué mon lit. Je me suis réveillée immédiatement et j’ai tranquillement commencé à prier mon Ange gardien. Soudain, j’ai vu des âmes du purgatoire qui faisaient pénitence ; elles ressemblaient à des ombres et, parmi elles, j’ai vu de nombreux démons. L’un d’eux essayait de me tourmenter ; il avait pris l’aspect d’un chat et se jetait sur mon lit et sur mes pieds. Il était extrêmement lourd. Pendant tout ce temps il n’a pas cessé de réciter le rosaire. Vers le matin, ces personnages ont disparu et j’ai pu me rendormir. Le matin, quand je suis entrée dans la chapelle, j’ai entendu une voix dans mon âme : « N’aie peur de rien, mon enfant, que Satan te haït ; il haït toutes les âmes, mais, envers toi, il brûle d’une haine particulière, parce que tu as arraché beaucoup d’âmes à son pouvoir. »
Jeudi Saint, 18 avril Ce matin, j’ai entendu ces mots : « À partir d’aujourd’hui et jusqu’à la Messe de la Résurrection, tu ne sentiras plus ma présence et ton âme sera emplie d’une grande nostalgie. » Aussitôt, mon âme a été envahie d’une grande nostalgie. J’ai senti que j’étais séparée de mon bien-aimé Jésus. Lorsque le moment de communier est venu, j’ai vu sur chaque Hostie dans le ciboire le visage douloureux du Seigneur Jésus. Depuis, je sens dans mon cœur une nostalgie encore plus forte.
Vendredi Saint. À trois heures de l’après-midi, quand je suis entrée dans la chapelle, j’ai entendu ces paroles : « Je désire que ce tableau soit vénéré publiquement. » Et j’ai vu Jésus agonisant sur la croix dans d’atroces souffrances, et de son cœur ont jailli les deux rayons qui sont sur le tableau.
Samedi. Pendant les vêpres, j’ai vu le Seigneur Jésus resplendissant comme le soleil, vêtu d’une tunique blanche, et il m’a dit : « Que ton cœur se réjouisse. » Une joie immense m’a envahie et j’ai été tout entière pénétrée de la présence de Dieu, cet ineffable trésor pour l’âme.
Lorsque ce tableau Il s'agit du tableau de la Miséricorde Divine peint par Eugeniusz Kazimirowski. Ce tableau a été exposé à la vénération publique à la Porte de l'Aurore lors de la clôture du Jubilé de la Rédemption du Monde du 26 au 28 avril 1935 (cf. PJ 419 ; cf. note 2). a été exposé, j’ai vu Jésus tracer d’un geste vif de la main un grand signe de croix et, le même soir, quand je me suis couchée, j’ai vu le tableau survoler la ville, et cette ville était couverte de grillages et de filets. En passant, Jésus a coupé tous les filets, et, à la fin, il a tracé un grand signe de croix, puis il a disparu. Et je me suis vue entourée d’un grand nombre d’êtres malfaisants et brûlant d’une immense haine envers moi. Leurs menaces proféraient toutes sortes de menaces, mais aucun ne m’a touchée. Au bout d’un moment, cette vision a disparu, mais j’ai mis longtemps à m’endormir.
Le 26 avril. Vendredi, comme j’étais à la Porte de l’Aurore pour les cérémonies au cours desquelles le tableau a été exposé, j’ai assisté à la prédication de mon confesseur L'abbé Michał Sopoćko. . Ce sermon traitait de la miséricorde divine et il était le premier de ceux que Jésus exigeait depuis si longtemps. Lorsque mon confesseur a commencé à parler de l’infinie miséricorde du Seigneur, le tableau a pris un aspect vivant et les rayons pénétraient dans les cœurs des gens assemblés, mais pas dans la même mesure. Certains en recevaient plus, d’autres moins. Mon âme a été inondée de joie et j’ai vu la grâce de Dieu.
J’ai alors entendu ces paroles : « Tu es le témoin de ma miséricorde. Tu te tiendras pour l’éternité devant mon trône comme témoin vivant de ma miséricorde. »
Après la prédication, je n’ai pas attendu la fin des cérémonies, parce que j’étais pressée de rentrer à la maison. À peine avais-je fait quelques pas qu’une multitude de démons m’ont barré le chemin en me menaçant d’affreux supplices et que des voix se sont fait entendre : « Elle nous a repris tout ce pour quoi nous avons œuvré pendant tant d’années. » Lorsque je leur ai demandé : « D’où venez-vous si nombreux ? », ces personnages malfaisants m’ont répondu : « Des cœurs humains. Ne nous tourmente pas. »
Lorsque j’ai vu leur terrible haine envers moi, j’ai demandé à mon Ange gardien de me venir en aide, et aussitôt la figure claire et rayonnante de mon Ange gardien est apparue à mes côtés. Il m’a dit : « N’aie pas peur, épouse de mon Seigneur, ces esprits ne te feront aucun mal sans sa permission. » Les esprits mauvais ont immédiatement disparu et mon fidèle Ange gardien m’a accompagnée de façon visible jusqu’à la maison. Son regard était modeste et serein et un rayon de feu jaillissait de son front. Ô Jésus, je voudrais peiner à la tâche, m’épuiser et souffrir durant toute ma vie uniquement pour ce moment où j’ai vu ta gloire, Seigneur, et le profit des âmes.
Dimanche 28 [avril] Dimanche de Quasimodo, c’est-à-dire fête de la Miséricorde du Seigneur et clôture du Jubilé de la Rédemption. Lorsque nous nous sommes rendues à cette solennité, la joie de voir que ces deux fêtes étaient si étroitement liées faisait battre mon cœur. J’ai imploré la miséricorde de Dieu pour les âmes des pécheurs. À la fin de la cérémonie, quand le prêtre a pris le Très Saint Sacrement pour nous donner sa bénédiction, j’ai vu Jésus, tel qu’il est représenté sur le bleau. Le Seigneur a donné sa bénédiction et les rayons se sont répandus sur le monde entier. J’ai alors vu une clarté inaccessible, qui avait la forme d’une demeure en cristal, tissée d’ondes de clarté impénétrable à toute créature et à tout esprit. Pour accéder à cette demeure, il y avait trois portes et, à ce moment, Jésus, tel qu’il est représenté sur le tableau, est entré dans cette clarté par la deuxième porte. Il est entré à l’intérieur de l’unité. C’est l’Unité Trine, inconcevable, c’est l’infini. J’ai alors entendu une voix : « Cette fête est issue des entrailles de ma miséricorde et elle est confirmée dans les profondeurs de mon amour infini. Toute âme qui croît à ma miséricorde et met en elle sa confiance l’obtiendra. » Je me suis profondément réjouie de la bonté et de la grandeur de mon Dieu.
Le 29 avril 1935. La veille du jour où le tableau a été exposé, je suis allée avec notre mère supérieure chez notre confesseur L'abbé Michał Sopoćko. . Lorsque nous avons abordé le sujet du tableau, il a demandé qu’une des sœurs apporte son aide et vienne tresser des couronnes de fleurs. La mère supérieure a répondu que sœur Faustine le ferait – et cela m’a remplie d’une immense joie. Dès que nous sommes rentrées à la maison, je me suis mise sans attendre à préparer les branches de verdure, puis je les ai transportées avec une de nos élèves. Une personne qui s’occupe de l’église nous a également apporté son aide. À sept heures du soir, tout était prêt et le tableau était accroché. Comme des dames m’avaient vue m’affairer autour de tableau, même si je les gênais sans doute plus que je ne les aidais. Elles ont demandé aux sœurs le lendemain ce qu’était ce beau tableau et ce qu’il signifiait : « Vous devriez sûrement le savoir, car c’est l’une de vous qui l’a décoré hier. » Les sœurs ont été très surprises, parce qu’elles ne savaient rien. Toutes voulaient voir le tableau et elles m’ont tout de suite soupçonnée. Elles disaient : « Sœur Faustine en est sûrement au courant de tout. » et elles se sont mises à me poser des questions, mais j’ai gardé le silence, parce que je ne pouvais pas dire la vérité. Mon silence n’a fait qu’augmenter la curiosité des sœurs et j’ai redoublé de vigilance pour ne pas mentir, tout en taisant la vérité, parce que je n’avais pas la permission de la dire. Elles ont alors commencé à me manifester leur mécontentement et à me faire ouvertement des reproches : « Comment se fait-il que des personnes étrangères le sachent et pas nous ? » Toutes sortes de jugements ont commencé à circuler sur mon compte. J’ai beaucoup souffert pendant trois jours, mais mon âme était remplie d’une force singulière. Je me réjouis de souffrir pour Dieu et pour les âmes qui ont obtenu pour rien sa miséricorde. Quand je vois comme elles sont nombreuses, je tiens pour rien les peines et les souffrances, même les plus grandes, et même si elles devaient durer jusqu’à la fin du monde, parce qu’elles auront une fin, de même les âmes qui se sont converties grâce à cette fête sont sauvées de tourments qui, eux, n’ont pas de fin. J’ai éprouvé une très grande joie en voyant des gens revenir à la source du bonheur, au sein de la miséricorde divine.
Lorsque j’ai vu le dévouement de l’abbé Sopoćko à cette cause et la peine qu’il s’était donnée, j’ai été saisie d’admiration pour sa patience et son humilité. Tout cela lui a causé non seulement beaucoup de difficultés et d’ennuis divers, mais lui a aussi coûté beaucoup d’argent, et pourtant il a continué à subvenir à toutes les dépenses. Je vois que la Providence divine l’avait préparé à accomplir cette œuvre de la miséricorde avant même que je l’aie demandé à Dieu. Ah ! mon Dieu, que tes voies sont étranges, et que les âmes qui suivent l’appel de la grâce divine sont heureuses !
Exalte le Seigneur pour toutes choses, ô mon âme, et glorifie sa miséricorde, car sa bonté est infinie. Tout passera, mais sa miséricorde n’a ni limites, ni fin. La méchanceté parvient à atteindre sa mesure, tandis que la miséricorde n’a pas de mesure. Ô mon Dieu ! Même dans les châtiments dont tu frappes la terre, je vois l’abîme de ta miséricorde, parce qu’en nous punissant ici, sur la terre, tu nous délivres du châtiment éternel. Réjouis-toi, créature, car tu es plus proche de Dieu dans son infinie miséricorde que le nourrisson du cœur de sa mère. Ô Dieu, qui es la pitié même pour les plus grands pécheurs, s’ils font sincèrement pénitence ! Et plus grand est le pécheur, plus il a droit à la miséricorde divine.
À un moment, le 12 mai 1935. Le soir, je me suis endormie dès que je me suis couchée, mais j’ai été réveillée presque aussitôt par la venue d’un petit Enfant. Cet Enfant semblait avoir un an et j’ai été surprise qu’il parle si bien, car les enfants de cet âge ne parlent pas encor ou parlent de manière incompréhensible. Il était d’une beauté ineffable et ressemblait à l’Enfant Jésus. Il m’a dit : « Regarde le ciel. » Lorsque j’ai regardé le ciel, j’ai vu briller les étoiles et la lune. L’Enfant m’a alors demandé : « Vois-tu cette lune et ces étoiles ? » J’ai répondu que je les voyais. – « Les étoiles, ce sont les âmes des chrétiens fidèles, et la lune, ce sont les âmes des religieux. Tu vois la grande différence de lumière entre la lune et les étoiles. Il en sera de même, au ciel, il y a une grande différence entre l’âme d’un religieux et celle d’un chrétien fidèle. » Et il a ajouté : « La véritable grandeur réside dans l’amour de Dieu et dans l’humilité. »
Soudain, j’ai vu une âme qui se séparait du corps dans des souffrances atroces. Ô Jésus, au moment où je t’écris, je ressens tout entière en voyant les atrocités qui témoignent contre cet homme… J’ai vu sortir d’une sorte de gouffre boueux des âmes de petits enfants et d’enfants plus grands, âgés de neuf ans environ. Ces âmes étaient répugnantes, immondes, semblables aux monstres les plus affreux, à des cadavres en décomposition, mais ces cadavres étaient vivants et témoignaient à haute voix contre l’âme de l’agonisant. Et l’âme que je voyais agoniser était une âme qui avait été comblée d’honneurs et avait reçu les applaudissements du monde, mais dont l’aboutissement est le vide et le péché. À la fin, j’ai vu venir une femme qui tenait des larmes dans une sorte de tablier et qui a témoigné avec force contre lui.
Ô heure terrible, durant laquelle il nous faudra voir toutes nos actions dans toute leur nudité et leur misère ! Aucune ne disparaîtra, elles nous accompagneront toutes fidèlement au jugement de Dieu. Je ne trouve pas de mots ni de comparaisons pour exprimer des choses aussi effroyables et, bien qu’il me semble que cette âme n’ait pas été damnée, ses tourments ne diffèrent en rien de ceux de l’enfer, si ce n’est qu’ils finiront un jour.
Un instant plus tard, j’ai vu à nouveau l’Enfant qui m’avait réveillée et qui était d’une beauté indescriptible. Il a répété ces mots : « La véritable grandeur d’une âme réside dans l’amour de Dieu et dans l’humilité. » J’ai demandé à cet Enfant : « D’où sais-tu que la véritable grandeur de l’âme réside dans l’amour de Dieu et dans l’humilité ? Seuls les théologiens peuvent savoir ces choses, alors que toi, tu n’as même pas encore appris le catéchisme. Comment sais-tu cela ? » Il m’a répondu : « Je le sais, je sais tout » et il a disparu.
Toutefois, je n’ai pas pu me rendormir, car mon esprit était fatigué par ce que j’avais commencé à méditer et ce que j’avais vu. Ô âmes humaines, que vous mettez longtemps à connaître la vérité ! Ô immensité de la miséricorde de Dieu, répands-toi au plus vite sur le monde entier, ainsi que tu l’as dit toi-même.
Mai 1935 À un moment, lorsque j’ai perçu les grands desseins de Dieu sur moi, j’ai été épouvantée par leur grandeur et, comme je me sentais absolument incapable de les réaliser, j’ai commencé à éviter mes conversations intérieures avec lui et je les ai remplacées par des prières orales. Je l’ai fait par humilité, mais je me suis très vite rendu compte que ce n’était pas de la véritable humilité, mais une grande tentation de Satan. Quand un jour, au lieu de prier intérieurement, j’ai commencé à lire un livre spirituel, j’ai entendu distinctement et fortement dans mon âme ces paroles : « Tu prépareras le monde à mon ultime venue. » Ces paroles m’ont bouleversée, et, bien que j’aie feint de ne pas les avoir entendues, je les comprends parfaitement et je n’ai aucun doute à leur sujet. Une autre fois, fatiguée de cette lutte entre mon amour pour Dieu et mon refus continuel d’accomplir cette œuvre sous prétexte que j’en étais incapable, j’ai voulu sortir de la chapelle, mais une force étrange m’a retenue. Je me suis sentie comme paralysée et j’ai entendu ces paroles : « Tu veux sortir de la chapelle, mais tu ne te sortiras pas de moi, parce que je suis partout ; tu ne peux rien faire par toi-même, mais, avec moi, tu peux tout. »
Quand, au cours de la semaine, je suis allée chez mon confesseur L'abbé Michał Sopoćko. , et que je lui ai révélé l’état de mon âme, en particulier le fait que j’évitais de parler intérieurement avec Dieu, il m’a répondu qu’il m’était interdit de me soustraire à la conversation intérieure avec Dieu, mais que je devais, au contraire, écouter avec la plus grande attention les paroles qu’il me disait.
J’ai agi selon les indications de mon confesseur. Dès ma première rencontre avec le Seigneur, je me suis jetée aux pieds de Jésus et, le cœur déchiré, je l’ai supplié de tout me pardonner. Aussitôt, Jésus m’a relevée, m’a fait m’asseoir près de lui et m’a permis de poser la tête sur sa poitrine afin que je puisse mieux comprendre et mieux percevoir les désirs de son cœur très doux. Puis Jésus m’a dit ces paroles : « Ma fille, ne crains rien ; je suis toujours avec toi. Tous tes adversaires ne te nuiront qu’autant que je le leur permettrai. Tu es ma demeure et mon constant repos ; c’est pour toi que je retiendrai la main qui punit, c’est pour toi que je bénis la terre. »
Au même instant, j’ai senti une sorte de feu dans mon cœur. Mes sens sont suspendus, je ne sais pas ce qui se passe autour de moi, je sens le regard du Seigneur me pénétrer, je vois clairement sa grandeur ainsi que ma misère. Une souffrance étrange envahit mon âme en même temps qu’une joie telle que je ne lui trouve rien de comparable. Je me sens impuissante dans l’étreinte de Dieu, je sens que je suis en lui et que je me perds en lui comme une goutte d’eau dans l’océan. Je ne saurais pas exprimer ce que j’éprouve. Après une telle prière intérieure, je me sens la force et la capacité de pratiquer les vertus les plus difficiles, je ressens aversion pour toutes les choses que le monde tient en grande estime, j’aspire de toute mon âme à la solitude et au silence.
Mai 1935
Pendant l’Oraison des quarante-heures « Oraison de quarante heures » : Exposition du Très Saint Sacrement à la vénération publique pendant quarante heures. Cette adoration a un caractère de réparation et d'expiation. Dans les maisons des sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, cette oraison avait habituellement lieu avant la fête de saint Joseph (19 mars) ou avant la solennité de saint Joseph (le mercredi qui suit le deuxième dimanche de Pâques). , j’ai vu le visage de Jésus dans la sainte Hostie exposée dans l’ostensoir ; Jésus regardait tout le monde avec bienveillance.
Je vois souvent l’Enfant Jésus pendant la sainte messe. Il est d’une beauté ravissante et semble âgé d’un an environ. Lorsque j’ai vu, un jour, ce même petit Enfant dans notre chapelle pendant la sainte messe, j’ai éprouvé l’irrésistible envie et le désir de m’approcher de l’autel et de le prendre dans mes bras. Au même instant, l’Enfant Jésus était assis près de moi, à côté de mon prie-Dieu et, plein de grâce et de joie, le regard profond et pénétrant, il a posé ses deux petites mains sur mon épaule. Mais au moment où le prêtre s’apprêtait à fractionner l’Hostie, Jésus est revenu sur l’autel et il a été rompu et consommé par le prêtre. Après la sainte Communion, j’ai vu le même Jésus dans mon cœur et je l’ai senti physiquement, réellement, dans mon cœur, pendant toute la journée. Un très profond recueillement s’est progressivement emparé de moi sans que je m’en rende compte. Je n’ai pas dit un mot à quiconque, j’ai évité autant que j’ai pu la présence d’autrui, j’ai répondu à toutes les questions qui se rapportaient à mes tâches ; pour le reste, je suis restée muette.