Un jour où je m’entretenais avec mon directeur spirituel, j’ai vu intérieurement, – cela a été plus rapide que l’éclair – son âme en proie à une immense souffrance, à un tourment tel que rares sont les âmes que Dieu éprouve d’un tel feu. Cette souffrance vient de l’œuvre de miséricorde. Il arrivera un moment où cette œuvre, tellement recommandée par Dieu, semblera complètement détruite – et c’est alors que Dieu agira avec une grande puissance qui rendra témoignage de sa vérité. Cette œuvre sera une nouvelle splendeur pour l’Église, bien qu’elle y existe depuis longtemps. Personne ne peut nier que Dieu est infiniment miséricordieux ; il veut que tout le monde le sache. Avant de revenir comme Juge, il veut que les âmes le connaissent comme Roi de miséricorde. Quand ce triomphe viendra, nous serons déjà dans une nouvelle vie où il n’y a plus de souffrances, mais, avant cela, votre âme sera abreuvée d’amertume et que vos efforts seront anéantis. Pourtant, cet anéantissement ne sera qu’apparent, parce que Dieu ne revient pas sur ce qu’il a décidé. Néanmoins, même si cet anéantissement ne sera qu’apparent, votre souffrance sera bien réelle. Je ne sais pas quand cela aura lieu et je ne sais pas non plus combien de temps cela durera On pourrait faire correspondre cette vision à l'histoire du culte de la Miséricorde Divine tel qu'il a été transmis par sœur Faustine (cf. Notes finales). . Mais Dieu a promis une grande grâce « particulièrement à toi et à tous ceux Sœur Faustine est passée de la description de sa vision à la citation des paroles de Jésus qu'elle a entendues « intérieurement », sans les séparer par des signes de ponctuation. qui proclameront mon immense miséricorde. Je les défends moi-même à l’heure de la mort comme ma propre gloire, et même si les péchés des âmes sont noirs comme la nuit, quand un pécheur se tourne vers ma miséricorde, il me rend la plus grande gloire et rend honneur à ma Passion. Lorsqu’une âme glorifie ma bonté, Satan tremble devant elle et s’enfuit jusqu’au fond de l’enfer. »

Lors d’une adoration, Jésus m’a promis ceci : « À l’heure de leur mort, j’agirai selon mon infinie miséricorde envers les âmes qui auront recours à ma miséricorde et envers les âmes qui auront glorifié et parlé aux autres de mon immense miséricorde.

Mon cœur souffre – a dit Jésus – parce que même les âmes choisies ne comprennent pas l’immensité de ma miséricorde ; leur relation avec moi est en quelque sorte manque de confiance. Ah ! que cela blesse mon cœur ! Souvenez-vous de ma Passion, et si vous ne croyez pas à mes paroles, croyez au moins à mes plaies. »

Je ne fais pas un mouvement, pas un geste comme il me plaît, parce que je suis liée par la grâce ; je veille constamment à faire ce qui est le plus agréable à Jésus.

Au cours d’une méditation sur l’obéissance, j’ai entendu ces paroles : « Dans cette méditation, le prêtre La retraite à Vilnius (4-12 janvier 1935) a été prêchée par Paweł Macewicz, jésuite, prêtre de rite oriental. À la fin de la retraite, la sainte messe a été célébrée selon le rite oriental et les sœurs ont reçu la sainte Communion sous les deux espèces.

À partir de « oui », sœur Faustine commence à citer les paroles de Jésus entendues « intérieurement », sans utiliser de signes de ponctuation.
parle spécialement pour toi ; sache que c’est moi qui parle par sa bouche. » Je me suis donc appliquée à l’écouter avec le plus grande attention et je rapportais tout à mon cœur, comme pendant chaque méditation. Lorsque le prêtre a dit que l’âme obéissante s’emplit de la force de Dieu, j’ai entendu : « Oui À partir de « oui », sœur Faustine commence à citer les paroles de Jésus entendues « intérieurement », sans utiliser de signes de ponctuation. , quand tu es obéissante, je prends ta faiblesse et je te donne ma force à la place. Cela m’étonne que les âmes ne veuillent pas faire cet échange avec moi. » J’ai dit au Seigneur : « Jésus, éclaire mon âme, sinon, moi non plus, je ne comprendrai pas grand chose à ces paroles. »

Je sais que je ne vis pas pour moi, mais pour un grand nombre d’âmes. Je sais que les grâces qui me sont accordées ne sont pas seulement pour moi, mais aussi pour les âmes. Ô Jésus, l’abîme de ta miséricorde s’est déversé dans mon âme qui n’est qu’un abîme de misère. Jésus, je te remercie pour les grâces et les parts à la croix que tu me donnes à chaque moment de ma vie.

Au début de la retraite, j’ai aperçu sur le plafond de la chapelle Jésus cloué sur la croix. Il regardait avec beaucoup d’amour toutes les sœurs, sauf trois sœurs sur lesquelles était resté un regard sévère. Je ne sais pas pourquoi. Je sais seulement que c’est une chose effrayable que de rencontrer un regard pareil, le regard d’un Juge sévère. Ce regard n’était pas dirigé vers moi, et pourtant j’ai été glacée de terreur et en écrivant ceci, je tremble encore tout entière. Je n’ai pas osé dire un seul mot à Jésus, mes forces physiques m’ont abandonnée et j’ai cru que je ne pourrais pas rester jusqu’à la fin de la conférence. Le lendemain, j’ai vu la même chose que la veille et j’ai osé dire ces mots : « Jésus, la miséricorde est grande ! » Le troisième jour, la même chose s’est reproduite : Jésus a regardé toutes les sœurs avec bienveillance, sauf trois, toujours les mêmes. Mue par l’amour de mon prochain, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai dit au Seigneur : « Toi qui es la miséricorde même, comme tu me l’as dit toi-même, je t’implore par la puissance de ta miséricorde de diriger ton regard bienveillant sur ces trois sœurs aussi, et si cela ne s’accorde pas avec ta sagesse, je te prie de faire un échange : que le doux regard que tu adresses à mon âme soit pour elles et que le regard sévère que tu adresses aux leurs soit pour moi. » Jésus m’a répondu : « Ma fille, pour ton amour sincère et généreux, je leur accorde beaucoup de grâces, bien qu’elles ne me les demandent pas. Je le fais à cause de la promesse que je t’ai faite. » Et au même instant, il a également embrassé ces trois sœurs de son regard miséricordieux. Mon cœur a exulté de joie quand j’ai vu la bonté de Dieu.

Je suis restée à l’adoration de neuf heures à dix heures ; plusieurs autres sœurs sont restées aussi. Quand je me suis approchée de l’autel et que j’ai commencé à méditer la Passion de Jésus, une douleur affreuse a soudain envahi mon âme à cause de l’ingratitude d’un si grand nombre d’âmes qui vivent dans le monde, mais ce dont je souffre le plus, c’est de l’ingratitude des âmes particulièrement choisies par Dieu. C’est une douleur inimaginable et rien ne peut lui être comparé. À la vue de cette ingratitude la plus noire, il me semblait que mon cœur se déchire, que mes forces physiques m’abandonnaient complètement et je suis tombée face à terre sans étouffer mes sanglots. Chaque fois que je pensais à l’immense miséricorde de Dieu et à l’ingratitude des âmes, la douleur me perçait le cœur et j’ai compris combien cela blesse le très doux cœur de Jésus. Le cœur brûlant, j’ai renouvelé mon acte d’offrande pour les pécheurs.

C’est avec joie et enthousiasme que j’ai porté à ma bouche la coupe d’amertume que je prends chaque jour pendant la sainte messe. C’est la petite part que Jésus m’a destinée pour chaque moment de ma vie et je ne la céderai à personne. Je ne cesserai de consoler le très doux cœur Eucharistique, je jouerai les plus beaux chants sur les cordes de mon cœur. La souffrance en est le son le plus harmonieux. Je chercherai avec ardeur ce qui peut réjouir ton cœur aujourd’hui.

Les jours de la vie ne sont pas monotones. Quand des nuages noirs me cacheront le soleil, je tâcherai, comme l’aigle, de traverser les nuées pour faire savoir aux autres que le soleil ne s’éteint pas.

Je sens que Dieu me permettra de lever un coin du voile pour que la terre ne doute pas de sa bonté. Dieu n’est pas sujet à des éclipses ou à des changements : il est un et le même pour tous les siècles, et rien ne peut s’opposer à sa volonté. Je sens en moi une force surhumaine, je sens le courage et la force que me donne la grâce qui demeure en moi. Je comprends les âmes qui souffrent et manquent d’espoir parce que j’ai fait l’expérience de ce feu. Mais Dieu ne permet pas que l’on souffre au-dessus de ses forces. J’ai souvent vécu en espérant contre toute espérance et j’ai poussé cette espérance jusqu’à une confiance totale en Dieu. Qu’il fasse de moi ce qu’il a décidé depuis des siècles.

Principe général. Ce serait bien laid pour une religieuse de rechercher un soulagement à sa souffrance.

Voici ce que la grâce et la méditation ont fait d’un des plus grands criminels ! Celui qui meurt a beaucoup d’amour. « Souviens-toi de moi quand tu seras dans le paradis. » Une contrition sincère transforme l’âme immédiatement. Il faut mener sa vie spirituelle avec sérieux et sincérité.

L’amour doit être réciproque. Si Jésus a bu pour moi l’amertume jusqu’à la lie, moi, son épouse, j’accepterai aussi toutes les amertumes pour lui prouver mon amour.

Celui qui sait pardonner se prépare beaucoup de grâces divines. Chaque fois que je regarderai la croix, je pardonnerai avec sincérité.

L’union avec les âmes nous a été donnée à notre baptême. La mort resserre les liens d’amour. Je devrais être toujours une aide pour les autres. Si je suis une bonne religieuse, je serai utile, non seulement à notre Ordre, mais aussi à ma Patrie.

Dieu accorde ses grâces de deux façons : par l’inspiration et par l’illumination. Si nous demandons une grâce, Dieu nous la donnera, mais il faut que nous veuillions la recevoir ; or, pour cela, il faut de l’abnégation. L’amour ne consiste pas en des paroles ou des sentiments, mais en des actes. C’est un acte de volonté, c’est un don, c’est-à-dire l’acte de donner. Raison, volonté, cœur, voilà les trois facultés que nous devons exercer dans la prière. Je ressusciterai en Jésus-Christ, mais je dois d’abord vivre en lui. Si je ne me sépare pas de la croix, l’Évangile se révélera en moi. Jésus pallie toutes mes insuffisances par sa grâce qui agit continuellement. La Très Sainte Trinité m’accorde sa vie en abondance par le don du Saint-Esprit. Trois Personnes Divines demeurent en moi. Quand Dieu aime, c’est de toute sa Personne, de toute la force de son Être. Puisque Dieu m’aime tant, comment vais-je répondre à son amour, moi, son épouse ?

Au cours d’un enseignement, Jésus m’a dit : « Dans la petite grappe des élus, tu es un grain très doux. Je désire que le suc qui circule en toi se transmette aux autres âmes. »

Pendant la rénovation « Rénovation » : dans la Congrégation, on appelle ainsi le renouvellement des vœux religieux déjà prononcés. Les Constitutions de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde stipulaient que, deux fois par an, après les retraites de trois et de huit jours, chaque sœur renouvellerait ses vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. j’ai vu le Seigneur du côté de l’épître. Il portait un vêtement blanc avec une ceinture dorée et tenait dans la main un terrible glaive. Cela a duré jusqu’au moment où les sœurs ont commencé à renouveler leurs vœux. J’ai vu alors une clarté indescriptible et, en avant de cette clarté, une nuée blanche qui avait la forme d’une balance. Jésus s’en est approché et a posé son glaive sur un des plateaux de la balance qui est aussitôt descendu sous ce poids, jusqu’à toucher presque le sol. Au même moment, les sœurs finissaient de renouveler leurs vœux. J’ai alors vu des anges prendre à chaque sœur quelque chose qu’ils mettaient ensuite dans un vase d’or qui ressemblait à un encensoir. Quand ils eurent fait le tour de toutes les sœurs, ils ont posé le vase sur le second plateau, et le poids du vase l’a immédiatement emporté sur le premier plateau où était posé le glaive. Aussitôt, une flamme a jailli de l’encensoir et s’est élevée jusqu’à la clarté. Et j’ai entendu une voix venant de cette clarté : « Remettez le glaive à sa place, l’offrande est plus lourde. » À cet instant, Jésus nous a bénies et tout ce que j’avais vu a disparu. Les sœurs commençaient déjà à communier. Lorsque j’ai reçu la sainte Communion, une si grande joie a inondé mon âme qu’il m’est impossible de la décrire.

Le 15 [février] 1935.

Départ pour quelques jours à la maison paternelle afin de voir ma mère mourante.

Lorsque j’ai appris que ma mère était gravement malade et près de mourir, et qu’elle me priait de venir, parce qu’elle désirait me revoir avant sa mort, tous mes sentiments se sont réveillés dans mon cœur. Comme tout enfant qui aime sincèrement sa mère, je désirais ardemment calmer son souhait, mais j’ai laissé à Dieu la liberté de décider et je me suis entièrement soumise à sa volonté. Sans prêter attention à la douleur de mon cœur, j’ai suivi la volonté de Dieu. Le matin du jour de ma fête, le 15 février, l’acci la mère supérieure m’a remis une seconde lettre de ma famille et m’a autorisée à partir pour la maison paternelle, afin d’exaucer le désir et la prière de ma mère mourante. J’ai aussitôt commencé à me préparer pour le voyage et j’ai quitté Vilnius le soir même. J’ai offert toute la nuit pour ma mère gravement malade, en priant Dieu pour qu’il lui accorde sa grâce et que les souffrances qu’elle subissait ne perdent rien de leur mérite.

J’ai voyagé en très agréable compagnie, parce qu’il y avait dans notre compartiment plusieurs dames de la Communion mariale. J’ai senti que l’une d’elles était en proie à une grande souffrance et qu’un combat acharné se livrait dans son âme. J’ai commencé à prier intérieurement pour cette âme. À onze heures, les dames ont changé de compartiment pour bavarder un peu et nous sommes restées toutes les deux seules dans la voiture. J’ai senti que ma prière augmentait encore la violence de son combat. Je ne l’ai pas consolée, mais j’ai prié avec encore plus de ferveur. Finalement, cette âme s’est adressée à moi et m’a priée de lui dire si elle était obligée de tenir une promesse qu’elle avait faite à Dieu. À cet instant, j’ai su intérieurement en quoi cette promesse consistait et je lui ai répondu : « Il faut absolument que vous teniez votre promesse, sinon vous serez malheureuse toute votre vie. Cette pensée ne vous laissera pas en repos. » Surprise par ma réponse, elle m’a ouvert toute son âme. C’était une institutrice qui, avant de passer un examen, avait promis à Dieu que, si elle était reçue, elle se consacrerait à son service, c’est-à-dire qu’elle entrerait au couvent. Et pourtant, quand elle l’eut très bien réussi : « Maintenant – dit-elle – je me suis jetée dans le tourbillon de la vie dans le monde et je ne veux plus aller au couvent, mais ma conscience ne me laisse pas en repos et malgré les distractions, je me sens toujours mécontente. » Après un assez long entretien, cette personne a été complètement transformée, elle m’a dit qu’elle allait tout de suite entreprendre des démarches pour entrer au couvent et m’a demandé de prier pour elle ; j’ai senti que Dieu ne lui ménagerait pas sa grâce.

Je suis arrivée à Varsovie le matin, et, à huit heures du soir, j’étais déjà à la maison. Il est difficile de décrire la joie de mes parents et de toute ma famille. Ma mère se sentait mieux, mais le médecin ne nous laissait aucun espoir quant à sa guérison complète. Après nous être salués, nous nous sommes tous mis à genoux pour remercier Dieu de la grâce de pouvoir nous revoir tous encore une fois dans cette vie.

Lorsque j’ai vu mon père prier, j’ai eu honte, parce que, malgré tant d’années passées au couvent, je ne saurais pas prier avec autant de sincérité et de ferveur. Aussi je ne cesse de rendre grâce à Dieu de m’avoir donné de tels parents.

Ah ! comme tout a changé en dix ans ! Tout est méconnaissable : le jardin était si petit et maintenant je ne le reconnais plus ; mes frères et sœurs étaient encore enfants quand je les ai quittés et maintenant je ne peux pas les reconnaître, ils sont tous devenus adultes, et j’ai été étonnée de ne pas les retrouver tels qu’ils étaient le jour où je suis partie.

Stasio m’a accompagnée à l’église tous les jours. Je sentais que cette âme était très agréable à Dieu. Le dernier jour, quand tout le monde est sorti de l’église, je me suis rendue avec lui devant le Très Saint Sacrement et nous avons dit ensemble le Te Deum. Au bout d’un moment de silence, j’ai offert cette âme au très doux cœur de Jésus. Ah ! comme il était bon de prier dans cette petite église ! Je me suis rappelé toutes les grâces que j’ai reçues ici, grâces que je ne connaissais pas alors et dont j’ai si souvent abusé ; je me suis étonnée d’avoir été aveugle à ce point. Pendant que je méditais ainsi et que je me désolais de mon aveuglement, j’ai soudain vu le Seigneur Jésus, rayonnant d’une beauté ineffable. Il m’a dit avec bienveillance : « Mon fille, je t’accorderai des grâces plus grandes encore pour que tu sois le témoin de mon infinie miséricorde pendant toute l’éternité. »

Pendant les jours que j’ai passés à la maison, j’ai été entourée de beaucoup de gens, parce que tout le monde voulait voir et échanger quelques mots avec moi. Souvent il y avait jusqu’à vingt-cinq personnes. Je leur racontais la vie des saints et cela les intéressait beaucoup. Je m’imaginais que notre maison était véritablement une maison pieuse, parce que, tous les soirs, nous ne parlions que de Dieu. Lorsque, fatiguée de parler et aspirant à la solitude et au silence, je me suis sauvée dans le jardin pour pouvoir parler avec Dieu seul à seul, je n’y suis pas parvenue: mes frères et mes sœurs sont tout de suite venus me chercher et m’ont ramenée à la maison, où il m’a fallu de nouveau parler devant tous ces regards fixés sur moi. Mais j’ai réussi à trouver un peu de répit en demandant à mes frères de me chanter quelque chose ; comme ils avaient de très belles voix et que, de plus, l’un d’eux jouait du violon et un autre de la mandoline, j’ai pu pendant ce temps prier intérieurement sans éviter leur compagnie. Il m’en coûtait aussi beaucoup de devoir embrasser les enfants. Des femmes de ma connaissance venaient avec leurs enfants et me demandaient de les prendre au moins un instant dans les bras et de les embrasser. Elles considéraient cela comme une grâce, mais, pour moi, c’était plutôt l’occasion de m’exercer à la vertu, car certains enfants étaient sales. Néanmoins, pour me dominer et ne pas montrer ma répugnance, j’embrassais les enfants sales deux fois. Une femme a amené son enfant qui avait les yeux malades et purulents et m’a dit : « Ma sœur, prenez-le un instant dans vos bras ! » Ma nature éprouvait un grand dégoût, mais je n’en ai pas tenu compte : j’ai pris cet enfant dans mes bras, je l’ai embrassé deux fois, exactement à l’endroit où son œil suppurait et j’ai prié Dieu de le soulager. J’ai eu de nombreuses occasions de m’exercer à la vertu. En écoutant tous ceux qui se plaignaient, j’ai remarqué qu’aucun d’entre eux n’avait le cœur joyeux, parce qu’aucun n’avait un cœur qui aimât sincèrement Dieu. Aussi n’étais-je pas du tout étonnée. J’ai été extrêmement désolée de ne pas pouvoir rencontrer deux de mes sœurs. Je sentais intérieurement que leurs âmes étaient en grand danger et la douleur me serrait le cœur quand je pensais à elles. Un jour, me sentant très près de Dieu, j’ai ardemment prié le Seigneur de leur accorder sa grâce, et le Seigneur m’a répondu : « Je leur accorde non seulement les grâces nécessaires, mais aussi des grâces particulières. » J’ai donc compris que Dieu les appellerait à une union plus particulière avec lui. Je me réjouis profondément qu’un si grand amour règne au sein de notre famille.

Pendant que je disais adieu à mes parents et que je leur demandais leur bénédiction, j’ai senti la puissance de la grâce divine se répandre dans mon âme. Mon père, ma mère et ma marraine m’ont bénie en pleurant. Je suis sortie haïté d’être extrêmement fidèle à la grâce de Dieu et m’ont priée de ne jamais oublier combien Dieu m’avait accordé de grâces en m’appelant à la vie religieuse. Ils m’ont également demandé de prier pour eux. Bien que tout le monde ait pleuré, je n’ai pas versé une seule larme : je m’efforçais d’être courageuse et je les consolais tous du mieux que je pouvais, en leur rappelant qu’au ciel il n’y aurait plus de séparation. Stasio m’a accompagnée jusqu’à la voiture. Je lui ai dit que Dieu aimait les âmes pures et je l’ai assuré qu’il était content de lui. Lorsque je lui ai parlé de la bonté de Dieu et dit à quel point il pensait à nous, il s’est mis à pleurer comme un petit enfant. Cela ne m’a pas surprise, car son âme est pure et reconnaît facilement Dieu.

Quand je suis montée dans la voiture, j’ai soulagé mon cœur et je me suis également mise à pleurer comme un enfant, mais je pleurais de joie parce que Dieu accordait tant de grâces à notre famille. Puis je me suis plongée dans une action de grâces.

Le soir, j’étais déjà à Varsovie. J’ai d’abord salué le Maître de la maison « Le Maître de la maison » : Jésus caché dans l'Eucharistie. , puis toutes les sœurs de la Congrégation. Lorsqu’avant de me coucher, je suis allée dire bonne nuit au Seigneur et lui demander pardon d’avoir été bavarde avec lui pendant mon séjour à la maison, j’ai entendu une voix dans mon âme : « Je suis très content que, si tu n’as pas parlé avec moi, tu aies fait connaître ma bonté aux âmes et que tu les aies incitées à m’aimer. »

La mère supérieure Il s'agit de mère Maria Józefa Brzoza, maîtresse des novices durant le noviciat de sœur Faustine, puis supérieure à Varsovie. m’a dit que demain nous irions toutes les deux à Józefinek « Józefinek » : cf. note 49. : « et vous aurez l’occasion de parler avec la mère générale La supérieure générale, mère Michaela Moraczewska, était alors venue pour quelques jours à la maison de Grochów. . » J’ai été extrêmement contente. La mère générale est toujours la même, pleine de bonté, de sérénité et de l’esprit de Dieu. J’ai longuement parlé avec elle, puis nous avons assisté à l’office de l’après-midi, où l’on a chanté la litanie au très doux cœur de Jésus.

Jésus était exposé dans l’ostensoir. Au bout d’un moment, j’ai vu le Seigneur Jésus Enfant sortir de l’Hostie et venir lui-même reposer dans mes bras. Cela a duré un bon instant. Une joie ineffable a inondé mon âme. L’Enfant Jésus avait le même aspect qu’au moment où j’étais entrée dans la petite chapelle avec la mère supérieure, mère Maria Józefa, qui avait été ma maîtresse de noviciat.

Le lendemain, j’étais déjà à Vilnius, que j’aime tant. Ah ! comme j’étais heureuse d’être de retour dans notre couvent ! Il me semblait entrer en religion une seconde fois : je ne pouvais assez jouir du silence et du calme de l’âme se plonge si facilement en Dieu. Tout le monde lui vient en aide, personne ne la dérange.

Le Carême. Lorsque pendant l’adoration je me plonge dans la Passion du Christ, je vois souvent Jésus ainsi : après la flagellation, les bourreaux ont emmené Jésus et lui ont ôté sa tunique qui avait déjà adhéré à ses plaies. En enlevant la tunique, ils ont rouvert ses blessures, puis ils ont jeté sur ses épaules et ses plaies à vif un manteau rouge, sale et déchiré. À certains endroits, ce manteau ne lui couvrait pas les genoux. On a ordonné au Seigneur de s’asseoir sur un morceau de poutre, on a tressé une couronne d’épines, on l’a posée sur sa sainte tête, puis on lui a mis un roseau dans la main. Et tous se moquaient de lui et lui faisaient des révérences comme à un roi. Les uns lui crachaient au visage, d’autres lui prenaient le roseau et le frappaient à la tête, d’autres encore lui causaient une vive douleur en lui donnant des coups de poings, d’autres encore lui voilaient la Face et le frappaient avec leurs poings. Jésus supportait tout en silence. Qui le comprendra ? Qui comprendra sa douleur ? Jésus avait le regard baissé ; j’ai ressenti ce qui se passait alors dans son cœur très doux. Que chaque âme médite que Jésus a souffert à cet instant. C’est à qui L’outragerait le plus gravement. Je me suis demandé d’où venait une telle méchanceté dans l’homme, mais c’est le péché qui agit ainsi. L’Amour et le péché se sont rencontrés.

Quand, avec une sœur, je suis allée entendre la sainte messe dans une église, j’ai senti la grandeur et la majesté de Dieu, j’ai senti que toute l’église était imprégnée de Dieu. Sa majesté m’enveloppait, elle m’effrayait, mais, en même temps, elle me comblait de paix et de joie. J’ai compris que rien ne pouvait s’opposer à la volonté divine. Ah ! si toutes les âmes savaient qui demeure dans nos sanctuaires, il n’y aurait pas tant d’outrages ni de manques de respect dans ces lieux sacrés !

Ô Amour éternel et inconcevable, je te prie de m’accorder une grâce, une seule : éclaire ma raison à la lumière d’en haut, fais-moi connaître et estimer toutes les choses selon leur valeur. La plus grande joie de mon âme est de connaître la vérité.