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Un jour, Jésus m’a dit qu’il enverrait un châtiment sur la plus belle ville de notre Patrie. Ce châtiment devait être le même que celui que Dieu a envoyé sur Sodome et Gomorrhe. J’ai vu la grande colère de Dieu et un frisson de crainte a envahi, a transpercé mon cœur. Je priais en silence. Au bout d’un instant, Jésus m’a dit : « Mon enfant, unis-toi étroitement à moi pendant le Saint Sacrifice et offre au Père céleste mon sang et mes plaies en expiation des péchés de cette ville. Répète cela sans interruption pendant toute la sainte messe. Fais cela pendant sept jours. » Le septième jour, j’ai vu Jésus sur une nuée lumineuse et je lui ai demandé de regarder cette ville et notre pays tout entier. Jésus l’a fait avec bienveillance. Lorsque j’ai vu la bienveillance de Jésus, je l’ai supplié de lui donner sa bénédiction. Jésus m’a dit : « Pour toi, je bénis le pays tout entier. » Et il a tracé de la main un grand signe de croix sur notre Patrie. Une immense joie a rempli mon âme quand j’ai vu la bonté de Dieu.
Un jour, pendant la sainte messe, j’ai senti d’une façon plus particulière la présence de Dieu, bien que je m’en sois défendue et me sois détournée d’elle. Je fuyais souvent Dieu, parce que je ne voulais pas être la victime de l’esprit mauvais – comme on me l’affirmait souvent, et cette incertitude a duré assez longtemps. Au cours de cette messe, juste avant la sainte Communion, nous devions renouveler nos vœux Dans la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, toutes les sœurs renouvellent leurs vœux après avoir fait une retraite de huit jours ou de trois jours. Elles récitent ensemble la formule des vœux et la terminent par les paroles suivantes : « Mon Dieu, accorde-moi la grâce d'observer mes vœux plus fidèlement que jusqu'à présent. » . Quand nous avons quitté nos prie-Dieu et que nous avons
commencé à réciter la formule des vœux, Jésus est soudain apparu à côté de moi. Il était vêtu d’une tunique blanche et portait une ceinture d’or. Il m’a dit : « Je t’accorde un amour éternel pour que ta pureté soit sans tache, et tu ne connaîtras jamais de tentations contre la pureté. En voici le gage. » Jésus a ôté sa ceinture d’or et me l’a nouée autour des hanches. Depuis, je n’ai plus subi de tentation contre cette vertu, ni dans mon cœur, ni dans mon esprit. J’ai compris plus tard que c’est une des plus grandes grâces que la Très Sainte Vierge Marie a obtenue pour moi, parce que je l’en avais priée pendant de nombreuses années. Depuis, j’ai une dévotion encore plus grande envers la Sainte Mère de Dieu. C’est elle qui m’a appris à aimer intérieurement Dieu et à accomplir en tout sa sainte volonté. Tu es ma joie, Marie, car c’est par toi que Dieu est descendu sur la terre et dans mon cœur.
À un moment, le jour de Noël, je sens que la toute-puissance, la présence de Dieu m’enveloppent. Et à nouveau j’évite de rencontrer intérieurement le Seigneur. J’ai demandé à la mère supérieure l’autorisation d’aller à Józefinek « Józefinek » était le nom de la nouvelle maison de la Congrégation à Varsovie, dans le quartier de Grochów, 44 rue Hetmańska. Cette maison était dirigée par la supérieure de la maison générale de Varsovie, rue Żytnia. rendre visite aux sœurs. La mère supérieure nous l’a permis, et, tout de suite après le déjeuner, nous avons commencé à nous préparer, les autres sœurs et moi. Les sœurs m’attendaient déjà à la porte ; et moi, j’ai couru dans ma cellule prendre ma pèlerine. Mais quand je suis sortie de ma cellule et comme je passais devant la petite chapelle, j’ai vu Jésus qui se tenait sur le seuil. Il m’a dit : « Va, mais moi je prends ton cœur. » Et j’ai soudain senti que je n’avais plus de cœur dans la poitrine. Comme les sœurs me disaient de me dépêcher parce qu’il était déjà tard, je suis aussitôt partie avec elles. Mais j’étais en proie à un grand mécontentement. Une sorte de nostalgie s’était emparée de moi, mais personne ne savait ce qui se passait dans mon âme, sinon Dieu. Après que nous eûmes passé un moment à Józefinek, j’ai dit aux sœurs : « Retournons à la maison. » Les sœurs voulaient se reposer encore un peu, mais mon esprit était trop agité. J’ai prétexté que nous devions être revenues avant la nuit et que la route était longue, si bien que nous sommes rentrées. Quand la mère supérieure nous a rencontrées dans le couloir, elle m’a demandé : « Est-ce que vous n’êtes pas encore parties ou bien est-ce que vous êtes déjà revenues ? » J’ai répondu que nous étions déjà revenues, parce que je ne voulais pas rentrer le soir. J’ai ôté ma pèlerine et suis tout de suite allée dans la petite chapelle. À peine étais-je entrée que Jésus m’a dit : « Va voir la mère supérieure et dis-lui que tu n’es pas revenue pour être à la maison avant le soir, mais parce que je t’ai pris ton cœur. » Bien qu’il m’en coûtât beaucoup, je suis allée chez la supérieure et je lui ai dit franchement la raison pour laquelle j’étais revenue si tôt, puis j’ai demandé pardon au Seigneur pour tout ce qui lui déplaisait. Aussitôt Jésus a inondé mon âme d’une grande joie. J’ai compris qu’il n’y a de contentement nulle part en dehors de Dieu.
À un moment, j’ai vu que deux sœurs entraient en enfer. Une douleur inexprimable a étreint mon âme, j’ai imploré Dieu pour elles, et Jésus m’a dit : « Va voir la mère supérieure et dis-lui que ces deux sœurs sont sur le point de commettre un péché grave. » Je l’ai dit à la mère supérieure le lendemain. À l’heure actuelle, l’une des sœurs vit dans une grande ferveur et l’autre mène un grand combat.
À un moment, Jésus m’a dit : « Je quitterai cette maison… car il s’y passe des choses qui ne me plaisent pas. » Et l’Hostie est sortie du tabernacle et s’est posée dans mes mains, et moi, pleine de joie, je l’ai remise dans le tabernacle. La même chose s’est produite une seconde fois, et j’ai refait la même chose, mais la troisième fois, l’Hostie s’est transformée en Jésus, le Seigneur Jésus vivant, et il m’a dit : « Je ne resterai pas ici plus longtemps. » Soudain, un amour immense pour Jésus s’est éveillé dans mon âme et j’ai dit : « Et moi, Jésus, je ne te laisserai pas partir de cette maison. » Alors, Jésus a disparu et l’Hostie s’est posée à nouveau dans mes mains. Je l’ai remise dans le calice et je l’ai enfermée dans le tabernacle. Et Jésus est resté avec nous. Pendant les trois jours suivants, je me suis appliquée à faire une adoration réparatrice.
Une autre fois, Jésus m’a dit : « Dis à la mère générale que dans cette maison… il se passe telle chose… qui ne me plaît pas et qui m’offense beaucoup. » Je ne l’ai pas dit tout de suite à la mère générale, mais le Seigneur m’a fait éprouver une inquiétude qui ne m’a pas permis d’attendre un instant de plus : j’ai donc vite écrit à la mère générale et la paix est revenue dans mon âme.
J’ai souvent éprouvé la Passion du Seigneur Jésus dans mon corps ; ce n’était pas visible et j’en suis très contente, parce que Jésus veut qu’il en soit ainsi. Cependant, cela durait peu de temps. Ces souffrances embrasaient mon âme d’un feu d’amour pour Dieu et pour les âmes immortelles. L’amour supporte tout, l’amour survit à la mort, l’amour ne craint rien…
- Le 22 février 1931 Ce soir, alors que j’étais dans ma cellule, j’ai vu le Seigneur Jésus revêtu d’une tunique blanche. Il avait une main levée pour bénir et de l’autre il écartait son vêtement sur sa poitrine. De sa tunique entrouverte jaillissaient deux grands rayons, l’un rouge et l’autre translucide. Je contemplais le Seigneur en silence, l’âme saisie de crainte, mais aussi remplie d’une immense joie. Au bout d’un instant, Jésus m’a dit: « Peins un tableau selon le modèle que tu vois, avec l’inscription: Jésus, j’ai confiance en toi. Je désire que l’on vénère ce tableau d’abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier.
Je promets que l’âme qui vénérera ce tableau ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici-bas, et particulièrement à l’heure de la mort. Je la défendrai moi-même comme ma propre gloire. »
Lorsque j’ai dit cela à mon confesseur Les confesseurs de la maison de Płock étaient alors : Mgr Adolf Modzelewski, prélat du chapitre épiscopal de Płock, Mgr Ludwik Wilkoński, chanoine pénitencier de la cathédrale de Płock, et l'abbé Wacław Jezusek. Il est impossible de déterminer aujourd'hui auquel de ces prêtres sœur Faustine se confessait (cf. Notes finales). , j’ai reçu la réponse suivante : « Cela concerne votre âme. » Et aussi : « Peignez l’image de Dieu dans votre âme. » Mais quand je suis sortie du confessionnal, j’ai entendu à nouveau ces paroles : « Mon image est déjà dans ton âme. Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je désire que ce tableau que tu peindras au pinceau soit solennellement béni le premier dimanche après Pâques : ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde.
- Je désire que les prêtres proclament mon immense miséricorde envers les âmes des pécheurs. Que les pécheurs n’aient pas peur de s’approcher de moi. Les flammes de ma miséricorde me brûlent, je veux les répandre sur les âmes des hommes. »
Et Jésus s’est plaint à moi en ces termes: « La méfiance des âmes me déchire les entrailles. Et je souffre encore plus de la méfiance des âmes choisies. Malgré mon amour inépuisable, elles ne me font pas confiance ; même ma mort ne leur suffit pas. Malheur à l’âme qui en abusera. »
Lorsque j’ai dit à la mère supérieure La supérieure de la maison de Płock était alors mère Róża – Janina Kłobukowska (cf. Notes finales). ce que Dieu exigeait de moi, elle m’a répondu qu’il fallait que Jésus se fasse connaître plus clairement par un signe.
Quand j’ai demandé à Jésus de me donner un signe qui prouverait que « Tu es vraiment mon Dieu et mon Seigneur et que c’est bien toi qui exiges ces choses », j’ai entendu une voix intérieure me dire : « Le signe que je donnerai à tes supérieures, ce sont les grâces que j’accorderai par l’intermédiaire de ce tableau. »
Lorsque j’ai voulu me soustraire à ces inspirations intérieures, Dieu m’a dit que le jour du jugement il exigerait que je rende compte d’un grand nombre d’âmes.
Un jour, accablée par les nombreuses difficultés provoquées par le fait que Jésus me parlait et me demandait de peindre ce tableau, j’ai fermement décidé – c’était encore avant mes vœux perpétuels – de demander au père Andrasz Le père Józef Andrasz s.j. (cf. Notes finales). de me dispenser de ces inspirations intérieures et de l’obligation de peindre ce tableau. Après avoir écouté ma confession, le père Andrasz m’a dit: « Je ne vous dispense de rien et il vous est interdit de vous soustraire à ces inspirations intérieures, mais il faut absolument tout dire à votre confesseur ; c’est absolument indispensable, sinon vous allez vous égarer, malgré les grandes grâces que vous recevez de Dieu. Pour le moment, c’est à moi que vous vous confessez, mais sachez que vous devez avoir un confesseur régulier, c’est-à-dire un directeur spirituel. »
Cela m’a consternée. Je croyais me libérer de tout, et voilà qu’au contraire, je reçois l’ordre très net d’obéir à Jésus. Et à nouveau je suis tourmentée parce que je n’ai pas de confesseur permanent. Car, même si je me confesse au même prêtre pendant un certain temps, je ne peux pas lui dévoiler mon âme au sujet des grâces que je reçois et j’en souffre énormément. Je prie Jésus d’accorder ces grâces à quelqu’un d’autre, parce que, moi, je ne sais pas les mettre à profit et je ne fais que les gaspiller. « Jésus, aie pitié de moi ; ne me confie pas de si grandes choses, car tu vois bien que je suis un grain de poussière qui n’est bon à rien. »
Cependant, la bonté de Jésus est infinie : Il m’a promis une aide visible sur la terre et je l’ai obtenue peu de temps après, à Vilnius. J’ai reconnu cette aide de Dieu en la personne de l’abbé Sopoćko. Avant de venir à Vilnius, je le connaissais déjà grâce à une vision intérieure. Un jour, je l’avais vu dans notre chapelle entre l’autel et le confessionnal et j’avais entendu une voix dans mon âme me dire: « Voici l’aide visible pour toi sur la terre. C’est lui qui t’aidera à accomplir ma volonté sur la terre. »