Dieu et les âmes – Acte d’offrande.

Devant le ciel et de la terre, devant tous les Chœurs angéliques, devant la Très Sainte Vierge Marie, devant toutes les Puissances célestes, je déclare à Dieu Un et Trine qu’en union avec Jésus-Christ, Rédempteur des âmes, je fais volontairement offrande de moi-même pour la conversion des pécheurs, et particulièrement pour les âmes qui ont perdu l’espoir en la miséricorde de Dieu. Par cette offrande j’accepte, en me soumettant entièrement à la volonté de Dieu, toutes les souffrances, les craintes et les angoisses dont sont remplies les âmes des pécheurs, et qu’en retour, je leur donne toutes les consolations de mon âme, qui viennent de mon intimité avec Dieu. En un mot, j’offre tout pour elles : les saintes messes, les saintes Communions, mes pénitences et mes mortifications, mes prières. Je ne redoute pas les coups – les coups de la justice divine – car je suis unie à Jésus. Ô mon Dieu, je désire de cette manière faire réparation pour les âmes qui ne croient pas à ta bonté. Contre toute espérance, j’ai confiance en l’immensité de ta miséricorde. Mon Seigneur et mon Dieu, ma part, ma part pour l’éternité, je fais cet acte d’offrande en m’appuyant non pas sur mes propres forces, mais sur la force qui me vient des mérites de Jésus Christ. Je renouvellerai chaque jour cet acte d’offrande en récitant la prière que tu m’as apprise toi-même, Jésus :

« Ô sang et eau qui avez alors jailli du cœur de Jésus comme source de miséricorde pour nous, j’ai confiance en vous. »

Sœur M. Faustine du Très Saint Sacrement. Jeudi Saint, durant la sainte messe, 29ème jour, 3ème mois, [le 29 mars 1934].

« Je te donne une petite part à la Rédemption du genre humain. Tu m’es un soulagement au moment de mon agonie. »

Lorsque j’ai reçu de mon confesseur L'abbé Michał Sopoćko. l’autorisation de faire cet acte d’offrande, j’ai rapidement compris qu’il était agréable à Dieu, car j’ai commencé aussitôt à en ressentir les effets. En un instant, mon âme est devenue comme un roc : sèche, inquiète et tourmentée. Toutes sortes de blasphèmes et de malédictions se pressaient à mes oreilles. La méfiance et le désespoir se sont installés dans mon cœur. Voilà l’état des malheureux que j’ai pris sur moi. Au début, j’ai été très effrayée par ces horreurs, mais, dès la première confession, j’ai été tranquillisée.

  • Un jour, quand je suis sortie dans le monde pour me confesser, il s’est trouvé que mon confesseur C'était à l'église Saint-Michel dont l'abbé Sopoćko était le recteur et où il célébrait la messe. célébrait la sainte messe. Au bout d’un moment, j’ai vu sur l’autel l’Enfant Jésus qui tendait ses petits bras vers le prêtre avec tendresse et joie, mais peu après le prêtre a saisi ce bel Enfant dans ses mains, l’a rompu et l’a mangé tout vivant. J’ai d’abord ressenti une grande aversion pour ce prêtre à cause de la manière dont il avait agi envers l’Enfant, mais j’ai été aussitôt éclairée sur ce sujet et j’ai su que ce prêtre était très agréable à Dieu.

  • Un jour où j’étais chez le peintre Eugeniusz Kazimirowski. qui peint ce tableau, et que j’ai vu que Jésus n’y était pas aussi beau qu’il l’est en réalité, j’ai eu beaucoup de peine, mais j’ai caché ma tristesse au fond de mon cœur. Lorsque nous sommes sorties de chez lui, la mère supérieure Mère Irena Krzyżanowska. est restée en ville pour régler différentes affaires et moi, je me suis rendue à la maison seule. Dès que je suis rentrée, je suis allée dans la chapelle et j’ai beaucoup pleuré. J’ai demandé au Seigneur : « Qui te peindra aussi beau que tu l’es ? » Et j’ai entendu ces mots : « La vertu de ce tableau n’est ni dans la beauté de la couleur, ni dans l’art du peintre, mais dans ma grâce. »

  • À un moment de l’après-midi, lorsque je suis allée dans le jardin, mon Ange gardien m’a dit : « Prie pour les agonisants. » Aussitôt, j’ai commencé avec les jardinières à dire le chapelet pour les agonisants. Après le chapelet, nous avons récité diverses petites prières pour les mourants. Quand nous avons fini de prier, les élèves se sont mises à bavarder entre eux. Malgré le bruit de leurs conversations, j’ai entendu ces mots dans mon âme : « Prie pour moi. » Comme je n’avais pas bien compris ces mots, je me suis éloignée de quelques pas en me demandant qui pouvait bien me demander des prières. J’ai alors entendu ces paroles : « Je suis sœur N. Il s'agit certainement de sœur Filomena Andrejko, décédée à Varsovie le 13 juillet 1934 à 16h45. Elle avait souffert pendant les quatre dernières années de sa vie d'un grave asthme cardiaque. Son agonie a duré quatorze heures (cf. Notes finales). » – Cette sœur était à Varsovie, et moi à Vilnius – « Prie pour moi jusqu’à ce que je te dise de cesser ; je suis à l’agonie. » J’ai immédiatement commencé à prier pour elle le cœur agonisant de Jésus et j’ai prié ainsi sans interruption de trois heures à cinq heures. À cinq heures, j’ai entendu : « Merci. » Et j’ai compris qu’elle venait de mourir. Néanmoins, le lendemain, pendant la sainte messe, j’ai prié avec ferveur pour son âme. Dans l’après-midi, nous avons reçu une carte nous informant que sœur N. était décédée à telle heure. J’ai compris que c’était exactement l’heure où elle m’avait dit : « Prie pour moi. »

  • Ô Mère de Dieu, ton âme a été plongée dans un océan d’amertume. Regarde ton enfant, et apprends-lui à souffrir et à aimer en souffrant. Fortifie mon âme pour que la douleur ne la brise pas. Mère de grâce, apprends-moi à vivre avec Dieu.

Un jour, la Sainte Vierge m’a rendu visite. Elle était triste et tenait les yeux baissés vers le sol; elle m’a fait comprendre qu’elle avait quelque chose à me dire, mais, en même temps, j’avais l’impression qu’elle ne voulait pas en parler. Lorsque je m’en suis aperçue, je l’ai priée de me communiquer ce qu’elle avait à me dire et je lui ai demandé de me regarder. La Mère de Dieu a alors posé son regard sur moi, et m’a souri avec chaleur et m’a dit : « Tu éprouveras beaucoup de souffrances en raison de la maladie et des médecins, et tu souffriras aussi beaucoup à cause du tableau, mais ne crains rien. » Le lendemain je suis tombée malade et j’ai beaucoup souffert, comme la Mère de Dieu me l’avait annoncé, mais mon âme est préparée à souffrir. La souffrance est la compagne constante de ma vie.

Ô mon Dieu, mon unique espoir, j’ai mis toute ma confiance en toi et je sais que je ne serai pas déçue.

Parfois, après la sainte Communion, je sens la présence de Dieu d’une manière particulière, sensible. Je sens que Dieu est dans mon cœur. Et le fait de sentir Dieu dans mon âme ne m’empêche nullement d’accomplir mes tâches. Même lorsque je règle des affaires très importantes qui requièrent toute mon attention, je ne perds pas la présence de Dieu dans mon âme et je lui reste étroitement unie. Avec lui, je vais à mon travail, avec lui je vais en récréation, avec lui je souffre, avec lui je me réjouis, je vis en lui et lui en moi. Je ne suis jamais seule, car il est mon compagnon de tous les instants. Il m’est présent à chaque moment. Notre intimité est étroite, parce que nous sommes unis par le sang et par la vie.