• Au début de la retraite, Jésus m’a dit : « Pendant cette retraite, je dirigerai moi-même ton âme ; je veux t’affermir dans la paix et dans l’amour. » Et c’est ainsi que se sont écoulés les premiers jours. Le quatrième jour, des doutes ont commencé à me tourmenter et je me suis demandé si je ne me trouvais pas dans un état de paix illusoire. J’ai alors entendu ces paroles : « Ma fille, imagine que tu es la souveraine de toute la terre et que tu as la possibilité de disposer de tout selon ton bon plaisir ; tu as tout pouvoir de faire le bien comme il te plaît, et voilà que frappe à ta porte un petit enfant tout tremblant, les yeux pleins de larmes, mais très confiant en ta bonté. Il te demande un morceau de pain pour ne pas mourir de faim. Comment agiras-tu envers cet enfant ? Réponds-moi, ma fille. » J’ai répondu : « Je lui donnerais tout ce qu’il demande, et même mille fois plus. » Et le Seigneur m’a dit : « C’est ainsi que j’agis envers ton âme. Pendant cette retraite, je te donne non seulement la paix, mais aussi une telle disposition d’âme que, même si tu voulais t’inquiéter, tu ne le pourrais pas. Mon amour s’est emparé de ton âme et je veux que tu t’affermisses dans cet amour. Approche ton oreille de mon cœur, oublie tout et contemple mon incomparable miséricorde. Mon amour te donnera la force et le courage dont tu as besoin dans ces choses. »

Jésus, vivante Hostie, tu es ma Mère. Tu es tout pour moi. C’est avec simplicité, amour, foi et confiance que je vais à toi, Jésus. Et comme l’enfant partage tout avec sa mère aimante, je partagerai tout avec toi : mes joies comme mes souffrances, en un mot, tout.

Personne ne peut concevoir ce que mon cœur éprouve, lorsque je pense que, par les vœux, Dieu s’unit à moi, c’est-à-dire je m’unis à lui. Dieu me fait connaître dès maintenant l’immensité de l’amour dont il m’a aimée avant les siècles, alors que moi je n’ai commencé à l’aimer que dans le temps. Son amour était grand, pur et désintéressé, alors que mon amour pour lui vient de la connaissance que j’ai de lui. Plus je le connais, plus mon amour est fort et ardent, et plus mes actes sont parfaits. Pourtant, quand je pense que dans quelques jours je dois devenir un avec le Seigneur par mes vœux perpétuels, mon âme est inondée d’une joie si inconcevable qu’il m’est absolument impossible de l’exprimer. Dès ma première rencontre avec le Seigneur, le regard de mon âme s’est abîmé en lui pour l’éternité. Chaque fois que le Seigneur s’approche de moi, la minus la connaissance que j’ai de lui est plus profonde, un amour plus parfait grandit dans mon âme.