Aujourd’hui, j’ai fait le ménage dans la chambre d’une sœur. Malgré les efforts que je faisais pour la nettoyer avec le plus grand soin, cette personne n’a cessé de me suivre pas à pas en disant : « Il y a encore un grain de poussière ici, et une tache sur le sol là. » J’obtempérais à chacune de ses indications, allant jusqu’à nettoyer dix fois la même chose pourvu qu’elle fût satisfaite. Ce n’est pas le travail qui fatigue, mais tous ces bavardages immodérés et ces exigences excessives. Mon martyre de toute une journée ne lui a pas suffi, elle est encore allée se plaindre à la maîtresse : « Ma mère, qu’est-ce que cette sœur si négligente et incapable de se dépêcher ? » Je n’ai pas eu le temps pour m’expliquer et le lendemain, je suis retournée faire le même travail. Lorsque cette sœur s’en est de nouveau prise à moi, j’ai pensé : Jésus, on peut être une martyre silencieuse ! Ce n’est pas à cause du travail que mes forces diminuent, mais à cause de ce martyre.
J’ai constaté que certaines personnes possèdent un don particulier pour tourmenter autrui et qu’elles sont au mieux de leur mieux. L’âme qui tombe entre leurs mains est bien à plaindre : rien n’y fera, les meilleures choses seront interprétées à rebours.