Premier jour de retraite. Le matin, je me suis efforcée d’être la première dans la chapelle afin d’avoir un peu de temps avant la méditation pour prier le Saint-Esprit et la Très sainte Vierge. J’ai ardemment prié la Mère de Dieu de m’obtenir la grâce d’être fidèle aux inspirations intérieures et d’accomplir fidèlement toute la volonté divine. J’ai commencé cette retraite avec un courage singulier.

Combat pour garder le silence. Comme d’habitude, des sœurs de toutes les maisons sont arrivées pour faire cette retraite. Une sœur que je n’avais pas vue depuis longtemps est venue dans ma cellule pour me parler. Comme je ne lui répondais rien, elle s’est aperçue que je ne voulais pas rompre le silence. Elle m’a dit : « Je ne savais pas que vous étiez si bizarre ! » et elle est partie. J’ai compris que cette personne voulait seulement satisfaire sa curiosité et son amour-propre. Ô mon Dieu, maintiens-moi dans la fidélité.

Le père La retraite était prêchée par le père Edmund Elter s.j. (cf. Notes finales). qui prêchait la retraite est venu d’Amérique. Il était venu en Pologne pour peu de temps et les circonstances ont fait qu’il a prêché cette retraite chez nous. Cet homme rayonnait d’une profonde vie intérieure. Toute sa personne reflétait une grande élévation spirituelle, nourrie par la mortification et le recueillement. Néanmoins, malgré les hautes vertus que possédait ce prêtre, j’avais d’immenses difficultés à lui dévoiler entièrement mon âme en ce qui concerne les grâces. En effet, il est toujours facile de confesser ses péchés, mais pour ce qui est des grâces, il faut vraiment que je fasse un immense effort pour en parler et je ne dis pas toujours tout.