- Une âme noble et subtile peut être extrêmement simple et avoir néanmoins des sentiments délicats. Cette âme voit Dieu en tout, elle le trouve partout, elle sait même le trouver dans les choses les plus cachées. Tout a de l’importance pour elle, elle apprécie tout, elle remercie Dieu pour tout, elle retire un profit spirituel de tout et rend gloire à Dieu pour tout. Elle a confiance en lui et ne se trouble pas quand vient le moment des épreuves. Elle sait que Dieu est toujours le meilleur des pères et elle se soucie peu de l’opinion d’autrui. Elle suit fidèlement le moindre souffle de l’Esprit Saint, elle jouit de cet Hôte spirituel et se tient près de lui comme un enfant se tient près de sa mère. Là où d’autres âmes s’arrêtent et s’effrayent, elle passe sans crainte et sans difficultés.
Quand le Seigneur veut être près d’une âme et la guider lui-même, il fait disparaître tout ce qui est extérieur. Lorsque je suis tombée malade et que j’ai été transportée à l’infirmerie, j’ai éprouvé beaucoup de peine : nous étions deux malades et les sœurs venaient rendre visite à sœur N., mais moi, personne ne venait me voir. En effet, bien que ce fût une infirmerie, chacune avait sa propre cellule. Les soirées d’hiver étaient longues : sœur N. avait de la lumière et des écouteurs pour la radio, alors que moi, je ne pouvais même pas préparer ma méditation, faute de lumière. Près de deux semaines s’étaient écoulées ainsi. Un soir, je me suis plainte au Seigneur de tant souffrir et de ne même pas pouvoir préparer ma méditation parce que je n’avais pas de lumière et le Seigneur m’a dit qu’il viendrait tous les soirs me donner les points à méditer le lendemain. Ces points touchaient toujours sa douloureuse Passion. Il me disait : « Médite ma Passion devant Pilate. » Et c’est ainsi que, pendant toute la semaine, j’ai médité point par point sa douloureuse Passion. À partir de ce moment-là, une immense joie a rempli mon âme et je n’ai plus désiré ni visites, ni lumière. Jésus me suffisait pour tout. En réalité, la sollicitude des supérieures pour les malades était très grande, mais le Seigneur avait fait en sorte que je me sente abandonnée, car le Maître incomparable écarte tout ce qui est créé pour pouvoir agir lui-même. J’ai parfois subi de telles persécutions et de telles souffrances que mère M. Probablement mère Malgorzata Gimbutt. elle-même m’a dit : « Sur votre chemin les souffrances surgissent comme le gazon. Je le vous regarde comme si vous étiez crucifiée, mais j’ai remarqué que Jésus y est pour quelque chose. Soyez fidèle au Seigneur. »