• Jésus m’a souvent fait savoir ce qui lui déplaisait dans mon âme et m’a souvent réprimandée pour des choses apparemment insignifiantes, mais qui avaient en réalité une grande importance. Il me mettait en garde et m’exerçait comme un Maître. Pendant de nombreuses années, c’est lui-même qui m’a éduquée, jusqu’au moment où il m’a donné un directeur de conscience. Auparavant, il m’expliquait lui-même ce que je ne comprenais pas ; maintenant il m’ordonne de poser toutes mes questions à mon confesseur et me dit souvent : « Je te répondrai par sa bouche, sois tranquille. » Il ne m’est jamais arrivé de recevoir de mon directeur L'abbé Michał Sopoćko, directeur spirituel de sœur Faustine. une réponse contraire, quand je lui présentais ce que le Seigneur exigeait de moi. Il arrive parfois que Jésus me demande certaines choses, et évidemment personne ne le sait, et qu’ensuite mon confesseur me dise exactement la même chose au confessionnal. Toutefois, ce n’est pas très fréquent.

Lorsque l’âme a longtemps reçu beaucoup de lumière et d’inspirations et que ses confesseurs l’ont confortée dans la paix et ont confirmé l’origine divine de ces inspirations, si son amour est grand, Jésus lui fait comprendre qu’il est temps de mettre en pratique ce qu’elle a reçu. L’âme sait que le Seigneur compte sur elle et cette conviction accroît ses forces ; elle sait que pour être fidèle il lui faudra souvent affronter toutes sortes de difficultés, mais elle a confiance en Dieu et, grâce à cette confiance, elle arrive là où Dieu l’appelle. Les difficultés ne lui font pas peur, elles sont pour elle comme le pain quotidien, elles ne l’effrayent pas, elles l’épouvantent, tout comme le bruit des canons n’épouvante pas le chevalier qui est constamment au cœur de la bataille. Loin de s’effrayer, elle écoute attentivement de quel côté vient l’attaque de l’ennemi afin de remporter la victoire. Elle ne fait rien en aveugle, mais elle observe, elle réfléchit profondément et ne compte pas sur elle-même, mais elle prie avec ferveur et demande conseil à des chevaliers avisés et pleins d’expérience ; en agissant ainsi, elle remporte presque toujours la victoire.

Il existe pourtant des attaques face auxquelles l’âme n’a pas le temps de réfléchir, ni de chercher conseil, ni de faire quoi que ce soit. Il faut alors lutter à mort, mais il est bon de se réfugier dans la plaie du cœur de Jésus sans répondre un seul mot – cela suffit à vaincre l’ennemi.

En temps de paix, l’âme doit faire les mêmes efforts qu’au moment du combat. Elle doit s’exercer avec beaucoup d’ardeur, sinon il lui sera impossible de remporter la victoire. Je pense que le temps de paix est un temps de préparation à la victoire. L’âme doit veiller sans cesse : la vigilance, et encore de la vigilance ! L’âme qui réfléchit reçoit beaucoup de lumière. L’âme dispersée s’expose d’elle-même à la chute : qu’elle ne s’étonne pas si elle tombe. Ô Esprit de Dieu, directeur de l’âme, sage est celui que tu auras exercé ! Mais pour que l’Esprit de Dieu puisse agir dans une âme, il faut qu’elle soit silencieuse et recueillie.