• Après ces épreuves du feu, Dieu prodigue à l’âme de très nombreuses grâces. Elle jouit d’une union étroite avec Dieu. Elle a beaucoup de visions sensibles et spirituelles, elle entend beaucoup de paroles surnaturelles et parfois des ordres bien précis, mais, malgré ces grâces, elle ne se suffit pas à elle-même. Et cela d’autant moins qu’à cause des grâces que Dieu lui prodigue, elle est exposée à toutes sortes de dangers et peut facilement tomber dans l’illusion. Elle devrait demander à Dieu de lui donner un guide spirituel, mais il ne suffit pas qu’elle prie ; il faut qu’elle se mette à la recherche d’un guide aguerri, tel un commandant en chef dont le devoir est de connaître les chemins par lesquels il va mener ses troupes à la bataille. Il faut préparer l’âme qui est unie à Dieu à mener de grands combats et des luttes acharnées.

  • Après ces purifications et ces épreuves, Dieu demeure dans l’âme d’une manière particulière, mais l’âme ne coopère pas toujours avec les grâces. Ce n’est pas qu’elle ne veuille pas œuvrer d’elle-même, mais elle se heurte à de si grandes difficultés extérieures et intérieures qu’il faut vraiment un miracle pour qu’elle puisse se maintenir sur ces hauteurs. C’est là qu’elle a absolument besoin d’un directeur. On a souvent rempli mon âme de doutes, et parfois je les semais moi-même, quand je me disais qu’après tout, je n’étais qu’une ignorante, que je ne savais pas grand-chose, surtout dans le domaine spirituel. Lorsque ces incertitudes augmentaient, j’allais chercher de la lumière auprès de mon confesseur ou de mes supérieures ; mais je n’obtenais pas ce que je désirais.

Quand j’ai dévoilé mon âme à mes supérieures, l’une d’elles Il s'agit soit de mère Michaela Moraczewska, supérieure générale de la Congrégation, soit de sœur Maria Józefa Brzoza, maîtresse des novices. a compris mon âme et le chemin que Dieu voulait me faire suivre. Quand j’ai mis en pratique ses indications, j’ai commencé à progresser rapidement sur la voie de la perfection, mais cela n’a pas duré longtemps. Lorsque je lui ai ouvert mon âme un peu plus, je n’ai plus obtenu ce que je désirais, parce que ces grâces lui ont semblé invraisemblables et je n’ai plus reçu d’aide de sa part. Elle me disait qu’il était impossible que Dieu soit si proche d’une créature. « J’ai peur pour vous parce que je me demande si ce n’est pas une illusion. Demandez conseil à un prêtre. » Mais le confesseur non plus ne m’a pas comprise et m’a dit : « Il vaudrait mieux que vous parliez de ces choses à vos supérieures. » Et j’allais ainsi des supérieures au confesseur, du confesseur aux supérieures, sans trouver d’apaisement. Ces grâces de Dieu ont commencé par être pour moi une grande souffrance. Parfois, je disais franchement au Seigneur : « Jésus, j’ai peur de toi, j’ai peur que tu ne sois un fantôme. » Jésus me rassurait toujours, mais je continuais à être incrédule. Chose étrange : plus j’étais incrédule, plus Jésus me donnait de preuves qu’il était bien l’auteur de ces choses.