Mon Jésus, tu sais ce que mon âme éprouve au souvenir de ces souffrances. Je me suis souvent étonnée que les anges et les saints restent silencieux devant de telles souffrances de l’âme, mais ils nous aiment particulièrement dans ces moments-là. Mon âme a souvent crié vers Dieu comme un petit enfant qui crie de toutes ses forces quand sa mère se voile le visage et qu’il ne peut pas la reconnaître. Ô mon Jésus, gloire et honneur à toi pour toutes ces épreuves d’amour. Grande et insondable est ta miséricorde ! Ô Seigneur, tous les desseins que tu as formés pour mon âme sont pénétrés de ta miséricorde.

Je noterai ici que l’entourage ne devrait pas ajouter de souffrances venant de l’extérieur, parce que vraiment, lorsque le calice de l’âme est rempli jusqu’au bord, c’est parfois justement la gouttelette que nous ajoutons qui sera de trop et fera déborder la coupe d’amertume. Et qui répondra de cette âme ? Prenons garde à ne pas ajouter aux souffrances d’autrui, car cela déplaît au Seigneur. Si les sœurs ou les supérieurs savaient ou soupçonnaient seulement qu’une âme subit de telles épreuves, et qu’en dépit de cela, ils lui ajoutaient des souffrances, ils commettraient un péché mortel et Dieu lui-même prendrait parti pour cette âme. Je ne parle pas ici d’actes qui sont des péchés par leur nature même, mais de choses qui, dans d’autres circonstances, ne le seraient pas. Gardons-nous d’avoir de telles âmes sur la conscience ! C’est un grand défaut dans la vie religieuse, et il est assez répandu, qu’en voyant une âme souffrir, on ait envie de lui ajouter encore des souffrances. Je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde, mais cela arrive. Nous nous permettons d’émettre des jugements de toutes sortes et nous les énonçons, alors que souvent nous ferions mieux de nous taire.