• Résumé du catéchisme des vœux religieux « Catéchisme des vœux religieux » : dans la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, les maîtresses du noviciat se servaient d'un petit ouvrage du père Pierre Cotel s.j. intitulé Catéchisme des vœux, à partir duquel les mères maîtresses ont rédigé leur propre manuel de cours sur les vœux religieux. Il était constitué de questions - réponses que chaque sœur devait noter dans son cahier et connaître par cœur. La traduction reprend les passages originaux correspondants de la brochure originale du père Pierre Cotel s.j. : Catéchisme des vœux. À l'usage des personnes consacrées à Dieu dans l'état religieux, Tours, 1932. .

Q. Qu’est-ce que le vœu ? R. Le vœu est une promesse délibérée et libre que l’on fait à Dieu d’accomplir un acte plus parfait.

Q. Le vœu oblige-t-il dans une matière déjà commandée par un précepte ? R. Oui. L’accomplissement d’un acte déjà commandé renferme une double bonté morale et un double mérite, alors que son omission est double prévarication et double malice parce que si on viole le vœu on ajoute au péché contre le précepte le péché de sacrilège.

Q. Pourquoi les vœux religieux sont-ils si excellents ? R. Parce qu’ils sont le fondement de la vie religieuse approuvée par l’Église où des fidèles, unis en société religieuse, s’engagent à tendre sans relâche à la perfection par les trois vœux religieux, de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, qu’ils font selon la règle.

Q. Que signifie « tendre à la perfection ? » R. Tendre à la perfection signifie que l’état religieux par lui-même n’exige pas qu’on ait la perfection déjà acquise, mais qu’il impose l’obligation de travailler chaque jour à l’acquérir sous peine de péché. Ainsi, un religieux qui ne veut pas avancer manque au premier devoir de son état.

Q. Qu’est-ce que les vœux solennels de religion ? R. Les vœux solennels de religion sont si absolus que seul le Saint-Père peut, dans des cas exceptionnels et très rares, déclarer qu’ils n’existent plus.

Q. Que sont les vœux simples ? R. Les vœux simples sont moins absolus, le Saint-Siège peut relever des vœux perpétuels et des vœux temporaires.

Q. Quelle est la différence entre le vœu et la vertu ? R. Le vœu ne s’étend pas au-delà de ce qu’il impose sous peine de péché, alors que la vertu s’élève plus haut et rend plus facile l’observation du vœu. Au contraire, en violant le vœu, on manque à la vertu et on la blesse.

Q. À quoi s’oblige un religieux en prononçant les vœux ? R. Il s’oblige à tâcher d’acquérir les vertus, à se soumettre entièrement à ses Supérieurs et à observer les règles. Il fait don de sa personne à la Congrégation en lui cédant les droits qu’il avait sur lui-même et ses actes, afin d’être employé au service de Dieu.

Le vœu de pauvreté Le vœu de pauvreté est le renoncement volontaire, pour plaire à Dieu, au droit de propriété et à l’acte de propriété.

Q. À quels objets s’applique le vœu de pauvreté ? R. À tous les biens et objets qui appartiennent à la Congrégation, tout ce qu’on a donné, comme des objets ou de l’argent, puisqu’on n’en a plus la propriété dès que la Communauté les acceptés. Tous les dons et libéralités qu’on peut recevoir à titre de reconnaissance ou autre reviennent de droit à la Communauté. On ne peut pas disposer non plus du revenu de son travail ou d’une rente sans rompre le vœu de pauvreté.

Q. Quand rompt-on ou viole-t-on le vœu en manquant au septième commandement de Dieu ? R. On le rompt quand on prend pour soi ou pour un autre sans permission un objet quelconque de la maison ; quand, sans permission, on retient en sa possession une chose avec l’intention de se l’approprier ; quand on vend ou quand on échange de son autorité propre un objet appartenant à la Communauté ; quand on fait servir les choses à d’autres destinations que celles qui ont été voulues par le Supérieur ; quand on donne ou quand on reçoit quoi que ce soit sans autorisation ; quand on détruit ou quand on détériore un objet par négligence ; quand, en changeant de domicile, on emporte quelque chose d’une maison dans une autre sans permission. Quand un religieux a rompu le vœu de pauvreté, il est obligé à la restitution envers la Communauté.

La vertu de pauvreté C’est une vertu évangélique qui incline le cœur à se détacher de l’affection pour les biens temporels, pour les choses terrestres. Cette vertu est obligatoire pour le religieux, car sa profession lui en fait un devoir.

Q. Quand pèche-t-on contre la vertu de pauvreté ? R. Quand on désire des choses contraires à cette vertu. Quand on s’attache à un objet ou qu’on utilise des objets superflus.

Q. Combien y a-t-il de degrés dans la pauvreté, et quels sont-ils ? R. Pour la pratique extérieure de la pauvreté religieuse, il y a quatre degrés: ne disposer de rien qu’avec la dépendance des supérieurs – c’est la matière même du vœu ; éviter les choses superflues, se contenter du nécessaire – c’est la matière obligatoire de la vertu ; se porter à ce qu’il y a de moindre dans la communauté et être content que ce soit là notre part, pour la cellule, les vêtements, la nourriture etc…; aimer à manquer même du nécessaire.

Le vœu de chasteté

Q. À quoi s’oblige un religieux par son vœu de chasteté ? R. À renoncer au mariage et à éviter tout acte déjà défendu par le sixième et le neuvième commandements de Dieu.

Q. Toute infraction de la vertu est-elle aussi une violation du vœu de chasteté ? R. Toute infraction à la vertu de chasteté est en même temps une violation du vœu, parce qu’il n’y a pas là de différence entre le vœu et la vertu, comme pour la pauvreté et l’obéissance.

Q. Toute pensée mauvaise est-elle coupable ? R. Toute mauvaise pensée n’est pas coupable, mais elle le devient s’il y a attention de l’esprit, complaisance et consentement de la volonté.

Q. Outre les péchés directement contraires à la chasteté, y en a-t-il d’autres qui blessent cette vertu ? R. Les libertés que l’on donne à ses sens, à son imagination, à ses sentiments, les familiarités et les amitiés trop tendres blessent cette vertu.

Q. Quels sont les moyens de préserver la chasteté ? R. Vaincre les tentations intérieures en se rappelant vivement la présence de Dieu et combattre résolument et sans trouble. Vaincre les tentations extérieures en évitant les occasions. En fait, il y a sept principaux moyens de préserver la chasteté, à savoir : la garde des sens, la fuite de l’oisiveté, celle des occasions, la promptitude à repousser la tentation, le soin d’éviter les amitiés sensibles, l’esprit de mortification et l’ouverture de sa conscience au confesseur. Voici encore cinq moyens de préserver la chasteté : l’humilité, l’amour de la prière, la pratique des règles de la modestie, une grande dévotion à la Vierge.

Le vœu d’obéissance Le vœu d’obéissance a la prééminence sur les deux autres vœux parce qu’il est l’holocauste ou le sacrifice parfait. Il est aussi le plus nécessaire, parce que c’est lui qui constitue proprement le corps religieux et communique à tous ses membres le mouvement et la vie.

Q. À quoi s’engage un religieux par son vœu d’obéissance ? R. Il promet à Dieu d’obéir à ses supérieurs légitimes dans tout ce qu’ils commanderont selon la règle. Le vœu d’obéissance soumet au supérieur toute la vie et tous les actes du religieux selon la règle. Le religieux commet un péché grave contre ce vœu, chaque fois qu’il désobéit à un commandement donné en vertu de la sainte obéissance ou de la règle.

La vertu d’obéissance La vertu d’obéissance s’étend au-delà du vœu. Elle s’exerce sur les règles, les constitutions et même les conseils des supérieurs.

Q. La vertu d’obéissance est-elle bien nécessaire à un religieux ? R. La vertu d’obéissance lui est tellement nécessaire que, même si par ses actes il faisait le bien, sa désobéissance rend ces actes mauvais ou sans mérite.

Q. Peut-on pécher gravement contre la vertu d’obéissance ? R. Il y a toujours péché grave à mépriser l’autorité ou l’ordre du supérieur. Le péché est encore grave quand, de cette désobéissance, il résulte un dommage soit spirituel, soit temporel pour la communauté.

Q. Quelles manquements préparent la violation formelle de l’obéissance ? R. Ce sont les préventions, les antipathies contre le supérieur, les murmures et les critiques, les lenteurs et les nonchalances à obéir.

Les degrés de l’obéissance

Exécution prompte et entière. Obéissance de volonté, lorsque la volonté oblige l’entendement à se soumettre au jugement du supérieur. Saint Ignace nous présente encore trois moyens particuliers : voir toujours Dieu même dans le supérieur qui commande, quel qu’il soit ; justifier toujours en soi-même le commandement ou le jugement du supérieur ; recevoir chacun de ses commandements comme un ordre de Dieu même, sans examiner et sans réfléchir. Moyen général : l’humilité.

Rien de difficile aux humbles.

Ô mon Seigneur, enflamme-moi d’amour pour toi, afin que mon esprit tienne bon au milieu des tempêtes, des souffrances et des épreuves. Tu vois bien comme je suis faible. L’amour peut tout.