• L’abbé Sopoćko doit être très aimé de Dieu. Je le dis parce que j’ai vu combien Dieu prend son parti à certains moments. Quand je vois cela, je me réjouis immensément que Dieu ait de tels élus.

64 Excursion à Kalwaria « Kalwaria » : « Calvaire » : on nommait ainsi les stations du chemin de croix situées dans les collines boisées de Vilnius. « Faire le tour des petits sentiers» voulait dire : faire le tour des stations du chemin de croix. Il était possible de se rendre depuis la maison des sœurs de Vilnius à Antokol jusqu'à Kalwaria en bateau. .

Je suis allée à Vilnius pour deux mois afin de remplacer une sœur Sœur Faustine est allée à Vilnius pour remplacer à la cuisine sœur Petronela, partie faire sa troisième probation. , qui était partie faire sa troisième probation, mais je suis restée un peu plus longtemps. Un jour, la mère supérieure La supérieure à Vilnius était alors mère Irena – Maria Krzyżanowska (cf. Notes finales). a voulu me faire plaisir et m’a permis de me rendre à Kalwaria en compagnie d’une autre sœur Il s'agissait probablement de sœur Justyna Golofit. Depuis leur noviciat, les deux religieuses entretenaient des relations d'amitié ; voilà pourquoi mère Irena, voulant faire plaisir à sœur Faustine, lui avait donné sœur Justyna pour compagne de voyage (cf. Notes finales). pour faire ce qu’on appelle le tour des petits sentiers. J’étais très contente. Kalwaria n’est pas très loin, mais la mère supérieure voulait que nous fassions le trajet en bateau. Le soir, Jésus m’a dit : « Je désire que tu restes à la maison. » J’ai répondu: « Jésus, tu sais bien que tout est déjà préparé pour que nous partions demain matin. Que vais-je faire maintenant ? » Le Seigneur m’a dit : « Cette excursion sera préjudiciable à ton âme. » Je lui ai répondu : « Tu peux y remédier. Dispose les circonstances de manière que ta volonté soit faite. » À cet instant, la cloche a sonné l’heure du coucher. J’ai salué Jésus d’un regard et je suis allée dans ma cellule. Le lendemain matin, le temps était magnifique.

Ma compagne se réjouissait à l’idée que notre excursion allait être très agréable et que nous pourrions tout visiter, mais moi, j’étais sûre que nous ne partirions pas, même si jusque-là il n’y avait aucun obstacle à notre départ. Nous devions communier d’abord et partir tout de suite après l’action de grâces. Soudain, pendant la sainte Communion, le temps a complètement changé. Des nuages venus d’on ne sait où ont couvert tout le ciel et il s’est mis à pleuvoir à torrents. Tout le monde a été très étonné, car personne n’aurait pensé qu’il pleuvrait alors qu’il avait fait si beau, ni que ce changement serait si soudain.

La mère supérieure m’a dit : « Comme je regrette que vous n’ayez pas pu partir toutes les deux ! » J’ai répondu : « Ma mère, ce n’est pas grave si nous ne sommes pas parties, la volonté de Dieu est que nous restions à la maison », et personne ne savait que c’est Jésus qui désirait que je reste. J’ai passé toute la journée dans le recueillement et la méditation ; j’ai remercié le Seigneur de m’avoir retenue à la maison. Et ce jour-là, Dieu m’a prodigué de nombreuses consolations célestes.

J’étais encore au noviciat quand la mère maîtresse m’a affectée à la cuisine des enfants, et j’étais atterrée, parce que je ne pouvais pas soulever les marmites qui étaient énormes. Ce qui m’était le plus pénible, c’était de vider l’eau de cuisson des pommes de terre: il m’arrivait de déverser en même temps la moitié des légumes. Quand je l’ai dit à la mère maîtresse, elle m’a répondu que je m’y habituerais peu à peu et que je deviendrais plus adroite. Cependant, cette difficulté demeurait, parce que mes forces diminuaient de jour en jour et qu’à cause de ma faiblesse je m’écartais du fourneau quand il fallait vider l’eau des pommes de terre. Les sœurs s’étaient aperçues que j’évitais de faire ce travail et cela les étonnait beaucoup ; elles ne savaient pas que, malgré tout mon zèle et mes efforts, j’étais incapable de les aider. À midi, pendant mon examen de conscience, je me suis plainte à Dieu de mon manque de forces. J’ai alors entendu dans mon âme ces paroles : « À partir d’aujourd’hui, cela te sera très facile. Je vais augmenter tes forces. » Le soir, quand le moment est venu, je me hâte la première, confiante dans les paroles du Seigneur. Je soulève la marmite sans aucune difficulté et je vide l’eau de cuisson tout à fait convenablement. Mais quand j’ai ôté le couvercle pour faire évaporer le reste de l’eau, j’ai vu dans la marmite, à la place des pommes de terre, des gerbes entières de roses rouges d’une beauté indescriptible. Jamais je n’en avais vu de pareilles. Cela m’a beaucoup étonnée parce que je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, mais, au même instant, j’ai entendu une voix dans mon âme : « C’est ton travail ardu que je change en bouquets des plus belles fleurs et leur parfum s’élève jusqu’à mon trône. » Depuis, je tâchais de vider l’eau de cuisson des pommes de terre, non seulement durant la semaine Chaque semaine, les sœurs qui travaillaient dans la cuisine s'échangeaient les tâches. où j’en étais chargée, mais aussi quand c’était le tour des autres sœurs. Et ce n’est pas seulement dans cette tâche-là, mais dans tous les travaux pénibles que je m’efforçais de venir en aide aux autres la première, parce que j’avais vu combien cela plaît à Dieu. Ô trésor inépuisable de la pureté d’intention, qui rends toutes nos actions parfaites et agréables à Dieu !

Ô Jésus, tu sais combien je suis faible. Sois toujours près de moi, dirige mes actes et tout mon être. Ô toi, mon meilleur Maître ! Vraiment, Jésus, la crainte me saisit quand je regarde ma misère, mais en même temps je suis rassurée lorsque je vois ton insondable miséricorde qui, d’une éternité entière, dépasse ma misère, et cette disposition intérieure me revêt de ta puissance. Quelle joie vient de la connaissance de soi ! Ô Vérité immuable, tu es éternellement.

Lorsque, peu après mes premiers vœux, je suis tombée malade Il s'agissait probablement déjà d'un début de tuberculose que les médecins n'avaient pas encore diagnostiquée. , et que, malgré les soins affectueux et attentifs de mes supérieures et les traitements médicaux, mon état de santé ne s’améliorait pas et n’empirait pas non plus, des rumeurs m’accusant de simuler ont commencé à parvenir à mes oreilles. C’est alors que mes souffrances ont vraiment commencé : elles ont redoublé d’intensité. Cela a duré assez longtemps. Un jour où je me plaignais à Jésus d’être un fardeau pour les sœurs, il m’a répondu : « Tu ne vis pas pour toi, mais pour les âmes. D’autres âmes bénéficieront de tes souffrances. Ta souffrance prolongée leur donnera la lumière et la force de se conformer à ma volonté. »

Ma plus grande souffrance était qu’il me semblait que ni mes prières, ni mes bonnes actions n’étaient agréables à Dieu. Je n’osais plus lever mon regard vers le ciel. Cela me faisait tellement souffrir que lorsque j’étais dans la chapelle pour les exercices spirituels communs, la mère supérieure Mère Rafaela Buczyńska.

me faisait venir après les exercices et me disait : « Demandez à Dieu la grâce et la consolation parce que, vraiment, je le constate moi-même et les sœurs me le disent aussi, vous faites peine à voir. Je ne sais vraiment pas que faire de vous. Je vous ordonne de ne vous affliger de rien. » Et pourtant tous mes entretiens avec la mère supérieure ne m’apportaient aucun soulagement et ne m’éclairaient en rien. Des ténèbres encore plus épaisses me cachaient Dieu. Je cherchais de l’aide au confessionnal, mais, même là, je n’en trouvais pas. Un prêtre très pieux a voulu m’aider, mais j’étais si misérable que je n’étais même pas capable de décrire mes souffrances et cela augmentait encore mon tourment. Une tristesse mortelle avait envahi mon âme au point que je n’arrivais pas à la dissimuler et qu’elle transparaissait à l’extérieur. J’ai perdu l’espoir. La nuit devenait de plus en plus noire. Le prêtre auquel je me confessais me disait : « Je vois en vous des grâces particulières et je suis tout à fait tranquille en ce qui vous concerne. Pourquoi donc vous tourmentez-vous autant ? » Mais moi je ne le comprenais pas à cette époque ; aussi étais-je très étonnée quand je devais réciter comme pénitence le Te Deum ou le Magnificat, courir parfois le soir dans le jardin aussi vite que je le pouvais ou bien rire aux éclats dix fois par jour. Ces pénitences me surprenaient beaucoup, et pourtant ce prêtre ne m’a guère aidée. Dieu voulait manifestement que je l’adore par ma souffrance. Ce prêtre s’efforçait de me consoler en m’assurant que j’étais plus agréable à Dieu dans cet état que si je jouissais en abondance des plus grandes consolations : « Quelle grande grâce de Dieu que, dans l’état actuel de vos tourments spirituels, non seulement vous n’offensiez pas Dieu, mais que vous tâchiez de vous exercer à la vertu ! Quand je regarde votre âme, j’y vois de grands desseins de Dieu et des grâces particulières et j’en remercie le Seigneur. » Mais, malgré tout cela, mon âme restait plongée dans des souffrances et des tourments indescriptibles. J’imitais l’aveugle qui, se fiant à son guide, lui tient fermement la main, et pas un instant je n’ai dérogé à l’obéissance qui a été ma planche de salut dans cette épreuve du feu.

  • Jésus, Vérité éternelle, affermis mes faibles forces. Toi, Seigneur, tu peux tout. Je sais que, sans toi, mes efforts ne sont rien. Ô Jésus, ne te cache pas devant moi, car moi, je ne peux pas vivre sans toi. Entends l’appel de mon âme ; ta miséricorde n’est pas épuisée, Seigneur, aussi aie pitié de ma misère. Ta miséricorde dépasse l’entendement des anges et des hommes ensemble et, quoiqu’il me semble que tu ne m’entends pas, j’ai mis ma confiance dans l’océan de ta miséricorde et je sais que mon espoir ne sera pas déçu.

Jésus seul sait combien il est difficile et pénible de s’acquitter de ses devoirs lorsque l’âme éprouve de tels tourments intérieurs, que les forces physiques diminuent et que l’esprit est obscurci. Dans le silence de mon cœur, je me répétais : « Ô Christ, à toi les délices, l’honneur et la gloire ; à moi la souffrance. Je ne ralentirai pas d’un seul pas ma marche à ta suite, même si des ronces me blessent les pieds. »

Lorsque j’ai été envoyée en cure à la maison de Płock, j’ai eu le bonheur d’orner la chapelle de fleurs. C’était à Biała Biała était alors un village non loin de Płock. La Congrégation y avait acquis une ancienne ferme et y avait aménagé une maison de vacances pour les sœurs et les élèves de la maison de Płock. Les sœurs habitaient un petit manoir qui se trouvait dans le jardin. L'entrée principale, précédée d'une galerie, était du côté du jardin. .

Comme sœur Tekla n’en avait pas toujours le temps, je fleurissais souvent la chapelle seule. Un jour, j’ai cueilli les plus belles roses pour orner la chambre d’une personne. En m’approchant de la galerie, j’ai vu que le Seigneur Jésus s’y tenait. Il m’a demandé avec bienveillance : « Ma fille, à qui portes-tu ces fleurs ? » J’ai répondu au Seigneur par le silence, car je me suis aperçue au même moment que j’éprouvais pour cette personne un attachement très subtil dont je ne m’étais pas rendu compte auparavant. Jésus a disparu aussitôt et moi, j’ai immédiatement jeté les fleurs par terre et je suis allée devant le Très Saint Sacrement, le cœur plein de reconnaissance pour avoir reçu la grâce de me connaître moi-même. Ô Soleil Divin, à la lumière de tes rayons l’âme voit les moindres grains de poussière qui te déplaisent.

Jésus, Vérité éternelle, notre Vie, j’implore et je mendie ta miséricorde pour les pauvres pécheurs. Très doux cœur de mon Seigneur, rempli de pitié et d’infinie miséricorde, je t’implore pour les pauvres pécheurs. Ô cœur Très Saint, source de miséricorde d’où jaillissent les rayons d’inconcevables grâces pour tout le genre humain, je te supplie d’éclairer les pauvres pécheurs. Ô Jésus, souviens-toi de ton amère Passion et ne permets pas que périssent des âmes rachetées par ton sang très saint et si précieux. Ô Jésus, quand je médite sur le prix inestimable de ton sang, je me réjouis qu’il soit si précieux, car une goutte aurait suffi pour tous les pécheurs. Bien que le péché soit un abîme de malice et d’ingratitude, le prix donné pour nous est incommensurable. Aussi, que toute âme ait confiance en la Passion du Seigneur et qu’elle mette son espoir en sa miséricorde. Dieu ne refusera sa miséricorde à personne. Le ciel et la terre peuvent changer, mais la miséricorde de Dieu ne s’épuisera jamais. Ô mon Jésus, quelle joie embrase mon cœur quand je vois ton inconcevable bonté ! Je désire amener tous les pécheurs à tes pieds pour qu’ils glorifient ta miséricorde pendant tous les siècles.

Mon Jésus, bien qu’une nuit noire m’entoure et que de sombres nuages me cachent l’horizon, je sais que le soleil ne s’éteint pas. Ô Seigneur, quoique je ne puisse pas te concevoir et que je ne comprenne pas ton action, j’ai confiance en ta miséricorde. Si c’est ta volonté, Seigneur, que je vive toujours dans ces ténèbres, sois béni. Je te demande une seule chose, ô mon Jésus : ne permets pas que je t’offense jamais en quoi que ce soit. Ô mon Jésus, toi seul connais la nostalgie et la douleur de mon cœur. Je me réjouis de pouvoir souffrir pour toi si peu que ce soit. Quand je sens que la souffrance est au-dessus de mes forces, je recours au Seigneur dans le Très Saint Sacrement, et c’est par un profond silence que je parle au Seigneur.

Confession d’une de nos élèves. À un certain moment, une force a commencé à me presser de faire des démarches pour instituer cette fête et faire peindre ce tableau et je ne pouvais pas trouver de repos. Quelque chose me pénétrait de part en part, mais, en même temps, j’étais saisie par la crainte d’être la proie d’une illusion. Ces incertitudes venaient toujours de l’extérieur, parce que, au fond de mon cœur, je sentais bien que c’était le Seigneur qui pénétrait mon âme. Le prêtre à qui je me confessais alors me disait qu’il arrivait qu’on ait des illusions, et j’avais l’impression que ce prêtre redoutait de me confesser. C’était pour moi un vrai supplice. Quand j’ai constaté que les hommes ne pouvaient guère m’aider, j’ai commencé à recourir de plus en plus au Seigneur Jésus, le meilleur des Maîtres. Un jour où, envahie par le doute, je me demandais si la voix qui me parlait était bien celle du Seigneur, je me suis adressée à lui mentalement, sans proférer de paroles. À l’instant même, une force est entrée dans mon âme et j’ai dit : « Si tu es vraiment mon Dieu qui est en relation avec moi et qui me parle, je te prie, Seigneur, de faire en sorte que cette élève La Congrégation dirigeait des maisons destinées à des jeunes filles et des femmes moralement affaiblies. Beaucoup d'entre elles étaient révoltées et hostiles à la religion et aux sacrements, et il fallait parfois beaucoup de temps et une grâce de Dieu particulière pour les amener à changer d'attitude. aille se confesser aujourd’hui, et ce signe me fortifiera. » Au même moment, cette jeune fille a demandé à se confesser. La maîtresse de la classe a été très étonnée par ce changement subit, mais elle s’est empressée de faire venir un prêtre et cette jeune fille s’est confessée avec une grande contrition. Aussitôt, j’ai entendu dans mon âme une voix me dire: « Me crois-tu maintenant ? » Et à nouveau une force étrange a pénétré dans mon âme ; elle m’a rassurée et affermie au point que j’ai été étonnée d’avoir pu douter, même un instant. Cependant, ces doutes venaient toujours de l’extérieur, si bien que je me repliais de plus en plus sur moi-même.

Lorsque je perçois l’incertitude d’un prêtre pendant la sainte confession, je ne dévoile pas le fond de mon âme, je m’accuse seulement de mes péchés. Un prêtre ne peut pas donner la paix à une âme si lui-même ne la possède pas. Ô prêtres, cierges lumineux qui éclairez les âmes, que votre clarté ne soit jamais obscurcie ! J’ai compris que ce n’était pas la volonté de Dieu que je dévoile le fond de mon âme à ce moment-là. Dieu m’a accordé cette grâce plus tard.

Ô mon Jésus, dirige mon esprit, prends possession de tout mon être, enferme-moi au fond de ton cœur et protège-moi des assauts de l’ennemi. En toi est mon seul espoir. Parle par ma bouche quand je serai en présence de puissants et de savants, moi qui suis si misérable, afin qu’ils reconnaissent que cette affaire est la Tienne et vient de toi.

Ténèbres et tentations. Mon esprit était étrangement obscurci, aucune vérité ne me semblait claire. Quand on me parlait de Dieu, mon cœur était comme un roc. Je ne pouvais faire jaillir de mon cœur aucun sentiment d’amour pour lui. Quand je m’efforçais, par un acte de volonté, de demeurer auprès de Dieu, j’éprouvais de grands tourments et il me semblait que cela ne faisait qu’augmenter sa colère. Je n’étais absolument plus capable de méditer comme auparavant. Je ressentais un grand vide dans mon âme et rien ne pouvait le combler. J’ai commencé à avoir faim de Dieu et la nostalgie m’envahissait, mais je voyais que j’étais complètement impuissante. J’essayais de lire lentement, phrase par phrase, et de méditer ainsi, mais cela aussi était vain. Je ne comprenais rien de ce que je venais de lire. J’avais constamment devant les yeux de mon âme tout l’abîme de ma misère. Chaque fois que j’entrais dans la chapelle pour quelque exercice spirituel, j’éprouvais des tourments et des tentations pires encore. Parfois, pendant toute la durée de la sainte messe, je devais lutter contre des pensées blasphématoires qui se pressaient sur mes lèvres. Je ressentais de l’aversion pour les sacrements. Il me semblait que je n’en retirais aucun profit. Je ne les recevais que par obéissance à mon confesseur et cette obéissance aveugle a été pour moi la seule voie à suivre et ma planche de salut. Un prêtre m’a dit que c’étaient des épreuves envoyées par Dieu et que : « Dans l’état où vous êtes, non seulement vous n’offensez pas Dieu, mais vous lui êtes au contraire très agréable , et si Dieu vous envoie des épreuves pareilles, c’est le signe qu’il vous aime immensément et qu’il a une très grande confiance en vous. » Mais ces paroles ne me consolaient pas, et il me semblait même qu’elles ne s’adressaient pas à moi. Une seule chose m’étonnait : il arrivait souvent, quand je souffrais terriblement, qu’au moment où je me confessais, ces affreux tourments disparaissent immédiatement ; mais dès que je m’éloignais du confessionnal, ils s’abattaient sur moi avec encore plus de violence. Je tombais alors face contre terre devant le Très Saint Sacrement et je répétais les paroles suivantes : « Même si tu me tuais, je continuerais à avoir confiance en toi Les mots : « Même si tu me tuais, j'aurais confiance en toi » reprennent, en les modifiant légèrement, les célèbres versets du Livre de Job 13,15. . » Il me semblait agoniser de douleur. La pensée la plus effroyable était que j’étais rejetée par Dieu. Puis venaient d’autres pensées : À quoi bon tâcher d’acquérir des vertus et de faire de bonnes actions ? À quoi bon me mortifier et m’anéantir ? À quoi bon prononcer des vœux ? À quoi bon prier ? À quoi bon me sacrifier et me détruire ? À quoi bon faire, à chaque pas, le sacrifice de moi-même ? À quoi bon, si je suis déjà rejetée par Dieu ? À quoi bon tous ces efforts ? – Et là, Dieu seul sait ce qui se passait dans mon cœur.

Un jour où j’étais cruellement éprouvée par ces souffrances, je suis entrée dans la chapelle et, du fond de mon âme, j’ai dit ces mots : « Ô Jésus, fais de moi ce qui te plaît. Moi, je t’adorerai en tout lieu. Et que toute ta volonté soit faite en moi, ô mon Seigneur et mon Dieu, et moi, je glorifierai ton infinie miséricorde. » Après cet acte de soumission, ces affreux tourments ont disparu et j’ai soudain vu Jésus. Il m’a dit : « Je suis toujours dans ton cœur. » Une allégresse indescriptible a envahi mon âme et l’a remplie d’un immense amour de Dieu qui a embrasé mon pauvre cœur. Je vois que Dieu nous envoie jamais plus d’épreuves que nous ne pouvons en supporter. Oh ! je n’ai peur de rien, car si Dieu envoie à l’âme de grands tourments, il la soutient d’une grâce encore plus grande, même si nous ne la percevons pas. Dans ces moments-là, un acte de confiance rend à Dieu plus de gloire que des heures entières passées en prières dans la consolation. Maintenant, je vois que, si Dieu veut maintenir une âme dans les ténèbres, aucun livre, aucun confesseur ne pourra l’éclairer.

Marie, ma Mère et ma Reine, je te confie mon âme et mon corps, ma vie et ma mort et tout ce qui la suivra. Je dépose tout entre tes mains, ô ma Mère. Couvre mon âme de ton manteau virginal et donne-moi la grâce de la pureté du cœur, de l’âme et du corps, défends-moi par ta puissance de tous mes ennemis et particulièrement de ceux qui cachent leur méchanceté sous le masque de la vertu. Ô Lis ravissant, tu es pour moi un miroir, ô ma Mère !

Jésus, Divin prisonnier de l’amour, lorsque je contemple ton amour et ton anéantissement pour moi, mes sens sont suspendus. Tu dissimules ton inconcevable Majesté et tu t’abaisses jusqu’à moi qui suis si misérable. Ô Roi de gloire, bien que tu caches ta beauté, le regard de mon âme déchire le voile. Je vois les chœurs angéliques qui ne cessent de te rendre gloire, et toutes les Puissances célestes qui ne cessent de t’adorer et chantent sans fin : « Saint, Saint, Saint ! » Ah ! qui pourrait concevoir ton amour et ton insondable miséricorde pour nous ? Ô Prisonnier de l’Amour, j’enferme mon pauvre cœur dans ce tabernacle pour qu’il t’adore sans cesse, jour et nuit : je ne connais pas d’obstacle à cette adoration et, même quand je suis physiquement éloignée, mon cœur est toujours avec toi. Rien ne peut faire barrage à mon amour pour toi. Les obstacles n’existent pas pour moi. Ô mon Jésus, je te consolerai de toutes les ingratitudes, de tous les blasphèmes, de la froideur, de la haine des impies, des sacrilèges. Ô Jésus, je désire brûler comme une offrande pure et anéantie devant le Trône où tu te caches. Je ne cesse de t’implorer pour les pécheurs agonisants.

Sois bénie, ô Trinité Sainte, indivisible, Dieu unique, pour ce don immense et ce testament de la miséricorde ! Mon Jésus, en expiation pour les blasphémateurs, je me tairai quand je serai injustement réprimandée, afin de réparer ces blasphèmes, au moins en partie. Je te chante dans mon âme un hymne incessant et personne ne pourra le deviner ni le comprendre. Le chant de mon âme n’est connu que de toi, ô mon Créateur et mon Seigneur.

Je ne me laisserai pas emporter par le tourbillon de mon travail au point d’oublier Dieu. Je passerai tous mes moments libres aux pieds de mon Maître caché dans le Très Saint Sacrement. C’est lui qui m’instruit depuis mes plus jeunes années.

Écris ceci : « Avant de venir comme Juge équitable, je viens d’abord comme Roi de miséricorde. Avant que n’advienne le jour de justice, il sera donné aux hommes un signe dans le ciel.

Toute lumière dans le ciel s’éteindra et les ténèbres règneront sur toute la terre. Alors, le signe de la croix apparaîtra dans le ciel, et, des plaies des mains et des pieds du Sauveur, jailliront de grandes lumières qui, pendant quelque temps, illumineront la terre. Ceci adviendra peu de temps avant le dernier jour. »

Ô sang et eau qui avez jailli du cœur de Jésus comme source de miséricorde pour nous, j’ai confiance en vous.