• Une nuit, une de nos sœurs, morte deux mois plus tôt, est venue me voir. C’était une sœur du premier chœur. Je l’ai vue dans un état épouvantable : elle était entourée de flammes et son visage grimaçait de douleur. Cela a duré quelques instants, puis elle a disparu. Un frisson a parcouru mon âme, parce que je ne savais pas si elle souffrait au purgatoire ou en enfer, mais j’ai intensifié mes prières à son intention. La nuit suivante, elle est revenue dans un état encore plus épouvantable, entourée de flammes plus terribles, le visage marqué par le désespoir. J’ai été très étonnée de la voir ainsi malgré toutes les prières que j’avais dites pour elle et je lui ai demandé : « Est-ce que mes prières ne vous ont pas aidée ? » Elle m’a répondu que mes prières ne l’avaient pas du tout aidée et qu’elles ne l’aideraient pas. Je lui ai demandé : « Et les prières que la Communauté a dites pour vous, ne vous ont-elles apporté aucune aide ? » Elle m’a répondu que non. Ces prières avaient profité à d’autres âmes. Alors je lui ai dit : « Si mes prières ne vous sont d’aucun secours, ne venez plus me voir. » Elle a disparu immédiatement, mais j’ai continué à prier pour elle. Au bout d’un certain temps, elle est revenue me voir une nuit, mais dans un autre état : elle n’était plus entourée de flammes comme auparavant, son visage rayonnait, ses yeux brillaient de joie. Elle m’a dit que j’avais un véritable amour du prochain, que beaucoup d’autres âmes avaient bénéficié de mes prières et elle m’a exhorté à ne pas cesser de prier pour les âmes qui souffraient dans le purgatoire. Elle m’a dit aussi qu’elle ne resterait plus longtemps dans le purgatoire. Les décrets de Dieu sont vraiment surprenants !

Un jour, j’ai entendu une voix dans mon âme dire : « Récite une neuvaine pour ta Patrie. Cette neuvaine consistera en les Litanies des Saints. Demande la permission à ton confesseur. » J’ai reçu cette permission lors de ma confession suivante et j’ai commencé cette neuvaine le soir même.

Vers la fin des litanies, j’ai vu une grande clarté et, dans cette lumière, Dieu le Père. Entre cette clarté et la terre, j’ai vu Jésus cloué sur la croix, si bien que pour voir la terre, Dieu devait la regarder à travers les plaies de Jésus. Et j’ai compris que c’est pour Jésus que Dieu bénit la terre.

Jésus, je te remercie pour cette grande grâce c’est-à-dire pour le confesseur que tu as toi-même daigné choisir pour moi et que tu m’as fait connaître par une vision avant que je le rencontre Cf. note 44. . Quand je suis allée me confesser au père Andrasz, j’espérais qu’il me libèrerait de mes inspirations intérieures, mais il m’a dit qu’il ne pouvait pas le faire et que je devais prier pour avoir un directeur spirituel. Après une prière brève mais fervente, j’ai vu à nouveau l’abbé Sopoćko, dans notre chapelle, entre le confessionnal et l’autel. J’étais alors à Cracovie. Ces deux visions m’ont beaucoup fortifiée en esprit, d’autant plus que je l’ai trouvé plus tard tel que je l’avais vu dans ma vision, aussi bien à Varsovie, lors de ma troisième probation La troisième probation est la période pendant laquelle les religieuses se préparent à prononcer leurs vœux perpétuels (cf. Notes finales). , qu’à Cracovie. Jésus, je te remercie pour cette grande grâce. Maintenant, je suis saisie de crainte quand j’entends dire parfois qu’une âme n’a pas de confesseur attitré, c’est-à-dire de directeur spirituel. En effet, je sais quels grands dommages j’ai moi-même subis quand je ne bénéficiais pas de cette aide. Sans directeur, il est facile de s’égarer.

Ô vie terne et monotone, que de trésors tu recèles ! Aucune heure ne ressemble à une autre, car la grisaille et la monotonie disparaissent quand je regarde tout avec l’œil de la foi. La grâce que je reçois à cette heure ne se représentera pas à l’heure suivante. Il m’en sera donné une à l’heure suivante, mais ce ne sera plus la même. Le temps passe et ne revient jamais. Ce qu’il contient ne changera jamais; il est scellé d’un sceau pour l’éternité.