• Conseils spirituels que m’a donnés le père Andrasz s.j. Premièrement : Il vous est défendu de vous soustraire à vos inspirations intérieures, mais dites toujours tout à votre confesseur. Si vous voyez que ces inspirations intérieures vous concernent vous ou d’autres personnes, c’est-à-dire si elles sont profitables à votre âme ou bien à d’autres âmes, suivez-les, ne les négligez surtout pas, mais que ce soit toujours en accord avec votre confesseur.

Deuxièmement : Si ces inspirations ne sont pas conformes à la foi ni à l’esprit de l’Église, vous devez les rejeter immédiatement, parce qu’elles viennent de l’Esprit mauvais.

Troisièmement : Si ces inspirations ne concernent ni les âmes en général, ni leur bien en particulier, ne vous en inquiétez pas, et même ne leur prêtez aucune attention.

Mais ne décidez pas seule dans un sens ou dans l’autre, car vous pouvez tomber dans l’erreur, malgré toutes les grandes grâces que Dieu vous accorde. De l’humilité, de l’humilité, toujours de l’humilité, parce que nous ne pouvons rien par nous-mêmes. Tout cela est uniquement la grâce de Dieu. Vous me dites que Dieu exige une grande confiance de la part des âmes : soyez donc la première à lui témoigner cette confiance. Et encore un mot : acceptez tout cela avec sérénité.

Paroles de l’un de mes confesseurs Il est impossible de déterminer à quel confesseur sœur Faustine fait allusion. Dans cette partie du Petit Journal, elle évoque ce qu'elle a vécu sans mentionner de date ni de lieu ; elle relate seulement ce que lui a dit le confesseur au sujet des desseins de Dieu sur elle. : « Ma Sœur, Dieu vous prépare beaucoup de grâces particulières, mais efforcez-vous de faire en sorte que votre vie soit pure comme une larme devant le Seigneur et ne prêtez pas attention à ce que l’on pensera de vous. Que Dieu vous suffise, lui seul. »

À la fin de mon noviciat, le confesseur L'abbé Teodor Czaputa était alors le confesseur ordinaire des novices, (cf. note 31). m’a dit : « Avancez dans la vie en faisant le bien pour que je puisse inscrire dans le livre de votre vie : elle a passé sa vie à faire le bien. Que Dieu réalise cela en vous. »

Et une autre fois, ce confesseur m’a dit : « Agissez envers Dieu comme la veuve de l’Évangile qui a donné en offrande une petite pièce de monnaie. Cette pièce avait pour Dieu plus de valeur que les riches offrandes des autres donateurs. »

Une autre fois, j’ai reçu l’enseignement suivant : « Faites en sorte que tous ceux qui vous rencontrent vous quittent remplis de joie. Répandez autour de vous le parfum du bonheur, parce que, comme vous avez reçu beaucoup de Dieu, vous devez donner beaucoup à autrui. Que tous vous quittent toujours heureux, même s’ils n’ont fait que toucher le bord de votre vêtement Cf. Luc 8, 44-48. . Rappelez-vous bien les paroles que je vous dis là. »

Et une autre fois encore, il m’a dit : « Permettez à Dieu de pousser la barque de votre vie vers le large, vers les profondeurs insondables de la vie intérieure. »

Quelques mots provenant d’un entretien avec la mère maîtresse vers la fin de mon noviciat : « Que les signes caractéristiques de votre âme soient la simplicité et l’humilité. Allez dans la vie comme une enfant, toujours confiante, toujours simple, toujours humble, contente de tout, heureuse de tout. Là où les autres âmes s’effrayent, passez tranquillement grâce à votre simplicité et à votre humilité. Et rappelez-le vous toute votre vie : de même que les eaux se déversent des montagnes dans les vallées, de même les grâces de Dieu se déversent seulement dans les âmes humbles. »

Ô mon Dieu, je comprends bien que tu exiges de moi cette enfance spirituelle, parce que tu me le demandes continuellement par l’intermédiaire de ceux qui te représentent.

Au début de ma vie religieuse, les souffrances et les difficultés m’effrayaient et m’ôtaient tout courage. C’est pourquoi je priais sans cesse pour que Jésus me fortifie et me donne la force de son Esprit Saint, afin que je puisse accomplir en tout sa sainte volonté, car, dès le début, je connaissais, et je connais toujours, ma faiblesse. Je sais très bien ce que je suis par moi-même : Jésus a dévoilé aux yeux de mon âme l’abîme de misère que je suis, et, grâce à cela, je comprends bien que tout ce qu’il y a de bon dans mon âme vient uniquement de sa sainte grâce. Connaître ma misère me permet en même temps de connaître l’abîme de sa miséricorde. Dans ma vie intérieure, je regarde d’un œil l’abîme de misère et d’abjection que je suis, et, de l’autre, l’abîme de ta miséricorde, ô mon Dieu !

Ô mon Jésus, tu es la vie de ma vie. Tu sais bien que je ne désire rien d’autre que la gloire de ton nom et que les âmes puissent connaître ta bonté. Pourquoi les âmes t’évitent-elles, Jésus ? Je ne le comprends pas. Ah ! si je pouvais découper mon cœur en toutes petites parcelles et ensuite t’offrir chacune d’elles comme si c’était un cœur entier, pour te dédommager au moins en partie de tous les cœurs qui ne t’aiment pas ! Je t’aime, Jésus, avec chaque goutte de mon sang et je le verserais volontiers pour toi afin de te prouver la sincérité de mon amour. Ô mon Dieu, plus je te connais, moins je peux te concevoir, mais cela me montre combien tu es grand ! Et cette impossibilité de te comprendre fait jaillir dans mon cœur une nouvelle flamme d’amour pour toi, Seigneur ! Depuis le moment où tu m’as permis de plonger en toi le regard de mon âme, je me repose et je ne désire rien. J’ai trouvé mon destin au moment où mon âme s’est abîmée en toi, seul objet de mon amour. Tout, en comparaison de toi, n’est rien. Les souffrances, les adversités, les humiliations, les échecs, les soupçons sont des brindilles qui ne font qu’enflammer mon amour pour toi, Jésus. Mes désirs sont fous et irréalisables. Je désire te cacher ma souffrance. Je désire ne jamais être récompensée pour mes efforts et mes bonnes actions. Ô Jésus, toi seul es ma récompense. Tu me suffis, ô trésor de mon cœur. Je désire compatir à la souffrance de mon prochain et cacher mes souffrances dans mon cœur, non seulement à mon prochain, mais aussi à toi, Jésus.

La souffrance est une grande grâce. Par la souffrance, l’âme devient semblable au Sauveur ; c’est dans la souffrance que l’amour se cristallise. Plus la souffrance est grande, plus l’amour devient pur.