J.M.J Cracovie, le 27 octobre 1935 Père Andrasz. Conseils spirituels. Ne rien faire sans l’autorisation de vos supérieures. Il faut bien réfléchir à cette affaire et beaucoup prier. Il faut être très prudent dans ces choses, parce que la volonté de Dieu est ici claire et certaine. Comme vous êtes liée à la Congrégation par des vœux – des vœux perpétuels, qui plus est – il ne devrait pas y avoir de doutes. En revanche, ce que vous sentez intérieurement, ce ne sont encore que des lueurs annonçant la création de quelque chose. Dieu peut opérer des changements, mais c’est très rare. Tant que vous n’aurez pas de connaissance plus précise, ne vous précipitez pas. Les œuvres de Dieu avancent lentement : si elles viennent de Dieu, vous les reconnaîtrez clairement, sinon elles se dissiperont, et vous ne vous serez pas égarée parce que vous aurez obéi. Mais il faut toujours tout dire très sincèrement à votre confesseur et lui obéir aveuglément. Maintenant il ne vous reste qu’à accepter de souffrir jusqu’au jour où tout s’éclaircira, c’est-à-dire quand ces choses seront résolues. Vous êtes dans une bonne disposition d’esprit et je vous demande de rester ainsi, pleine de simplicité et pleine d’obéissance. C’est bon signe. Si vous continuez à être dans cette disposition, Dieu ne permettra pas que vous vous égariez. Néanmoins, tenez-vous autant que possible loin ces choses et, si elles se produisent quand-même, acceptez-les avec sérénité et ne craignez rien. Vous êtes entre de bonnes mains, les mains de Dieu qui est si bon. Dans tout ce que vous m’avez dit, je ne vous ni illusions, ni contradictions avec la foi : ce sont des choses bonnes en elles-mêmes, et il serait même bon qu’il y ait un groupe d’âmes qui implorent Dieu pour le monde, parce que nous avons tous besoin de prières. Vous avez un bon directeur. Ne soyez jamais pas et soyez tranquille. Soyez fidèle à la volonté de Dieu et accomplissez-la. En ce qui concerne vos tâches, faites ce que l’on vous demande et comme on vous le demande, même si c’est très humiliant et très pénible. Prenez toujours la dernière place, et ainsi on vous dira : avancez plus haut. Dans votre esprit et dans tout votre comportement, vous devez vous considérer comme la dernière de toute la maison et de toute la Congrégation. Soyez extrêmement fidèle à Dieu, toujours et en tout.

Ô mon Jésus, je désire souffrir et brûler du feu de l’amour dans toutes les circonstances de ma vie. Je suis toute à toi. Je désire me fondre en toi, Jésus, me perdre dans ta divine beauté. Tu me poursuis, ô Seigneur, et ton amour, tu pénètres dans mon âme comme un rayon de soleil et tu transformes mes ténèbres en ta clarté. Je sens bien que je vis en toi comme une petite étincelle engloutie par l’inconcevable brasier dans lequel tu brûles, ô Trinité incomparable ! Il n’y a pas de plus grande joie que d’aimer Dieu. Dès ici-bas, nous pouvons goûter la félicité que connaissent les habitants des cieux grâce à leur étroite union avec Dieu – union étrange et parfois inconcevable pour nous. On peut obtenir la même grâce par la simple fidélité de l’âme.

Lorsque je suis envahie par le découragement à cause de la monotonie de mes tâches, je me rappelle que je suis dans la maison du Seigneur où il n’y a rien de petit, où, de la plus petite action que j’accomplis d’une manière divinisée, peuvent dépendre la gloire de l’Église et le progrès de bien des âmes; il n’y a donc rien de petit dans la vie religieuse.

Quand je me heurte à des obstacles et des difficultés, je me rappelle que le temps du combat n’est pas terminé, je m’arme de patience et je remporte ainsi la victoire sur mon assaillant.

Je ne cherche nulle part la perfection par curiosité, mais j’entre dans l’esprit de Jésus et je médite ses actions telles qu’elles sont résumées dans l’Évangile. Même si je vivais mille ans, je n’en épuiserais pas le contenu.

Lorsque mes intentions ne sont pas reconnues, ou lorsqu’elles sont critiquées, je n’en suis pas très étonnée, parce que je sais que seul Dieu pénètre mon cœur. La vérité ne meurt pas, mon cœur blessé s’apaisera avec le temps et mon esprit se fortifie dans l’adversité. Je n’écoute pas toujours ce que me dit mon cœur, mais je demande à Dieu de m’éclairer. Quand je retrouve mon équilibre, je parle davantage.

Jour du renouvellement des vœux. La présence de Dieu a submergé mon âme. Pendant la sainte messe, j’ai vu Jésus qui m’a dit ces paroles : « Tu es une grande joie pour moi. Ton amour et ton humilité font que je quitte le trône céleste et que je m’unis à toi. L’amour comble l’abîme qui existe entre ma grandeur et ton néant. »

L’amour submerge mon âme, je suis plongée dans un océan d’amour. Je me sens défaillir et je me perds complètement en lui.

Jésus, rends mon cœur semblable au tien ou plutôt transforme-le en ton propre cœur, afin que je sache sentir les besoins des cœurs des autres, particulièrement de ceux qui souffrent et qui sont tristes. Que les rayons de la miséricorde reposent dans mon cœur.