Le 29 septembre.
Fête de saint Michel Archange La fête de saint Michel Archange est célébrée le 29 septembre. . J’ai été intérieurement unie à Dieu. Sa présence pénètre jusqu’au fond de mon être et me comble de paix, de joie et de stupeur. Après de tels moments de prière, je suis remplie de force et d’un étrange courage pour souffrir et combattre. Rien ne m’effraie, même si le monde entier était contre moi. Tous les obstacles et les difficultés ne touchent que la surface ; ils n’ont pas accès aux profondeurs, parce que Dieu y demeure. Il me fortifie et me comble. Tous les pièges de l’ennemi se brisent au pied de son trône. Dieu me soutient de sa force dans ces moments d’union. Sa force s’empare de moi et me rend capable de l’aimer. Jamais l’âme n’y parviendra par ses propres efforts. Au début, cette grâce intérieure me faisait peur et j’ai commencé à me laisser diriger par la peur, c’est-à-dire à lui céder, mais le Seigneur m’a vite fait comprendre à quel point cela lui déplaisait. Mais c’est aussi lui-même qui m’a rassurée.
Presque toutes les fêtes de la sainte Église me donnent une connaissance plus profonde de Dieu et une grâce particulière, si bien que je me prépare pour chaque fête en m’unissant étroitement à l’esprit de l’Église. Quelle joie de pouvoir être une fidèle enfant de l’Église ! Ah ! que j’aime la sainte Église, et tous ceux qui y vivent! Je les regarde comme des membres vivants du Christ qui est leur tête. J’aime avec ceux qui aiment, je souffre avec ceux qui souffrent, et la douleur me tourmente quand je regarde ceux qui sont froids et tièdes. Je tâche alors de faire en sorte que mon amour de Dieu soit tel qu’il fasse réparation pour ceux qui ne l’aiment pas et ne nourrissent envers leur Sauveur qu’une noire ingratitude.
Ô mon Dieu, je suis consciente de ma mission dans la sainte Église. Mon incessant effort doit être d’implorer la miséricorde pour le monde. Je m’unis étroitement à Jésus et je ne présente comme une offrande suppliante pour le monde. Dieu ne me refusera rien si je l’implore par la voix de son Fils. Mon offrande n’a aucune valeur par elle-même, mais, quand je l’unis au sacrifice de Jésus, mon sacrifice devient puissante et peut fléchir la colère de Dieu. En effet, Dieu nous aime dans son Fils et la douloureuse Passion du Fils de Dieu apaise constamment la colère divine.
Ô mon Dieu, comme je désire que les âmes te connaissent, qu’elles sachent que tu les as créées par ton inconcevable amour. Ô mon Créateur et mon Seigneur, je sens que je lèverai un coin du voile du ciel pour que la terre ne doute pas de ta bonté.
Fais de moi, Jésus, une offrande agréable et pure devant ton Père. Jésus, moi qui suis une misérable pécheresse, transforme-moi en toi, car tu peux tout, et remets-moi à ton Père Éternel. Je désire devenir une hostie perpétuelle devant toi, et, devant les hommes, un simple morceau de pain azyme. Je désire que le parfum de mon offrande ne soit connu que de toi. Ô Dieu éternel, un feu inextinguible brûle en moi et me presse d’implorer ta miséricorde de sens et je comprends que telle est ma mission ici et pour l’éternité. Tu m’as demandé toi-même de parler de ta grande miséricorde et de ta bonté.
À un moment, j’ai compris combien une action, aussi louable soit-elle, déplaît à Dieu si elle n’est pas inspirée par une intention pure. De telles actions incitent Dieu à punir plutôt qu’à récompenser. Qu’il y en ait le moins possible dans notre vie ! Et dans la vie religieuse, il ne devrait pas y en avoir du tout.
C’est dans la même disposition d’esprit que j’accueille les joies et les souffrances, les éloges et les humiliations ; je n’oublie pas que les unes et les autres sont passagères. D’ailleurs, que m’importe ce que l’on dit de moi ? Il y a bien longtemps que j’ai renoncé à tout ce qui concerne ma personne. Mon nom est « hostie », ce qui veut dire sacrifiée, non pas en paroles, mais en actions : en m’anéantissant moi-même, en me rendant semblable à toi sur la croix, ô bon Jésus, mon Maître.
Jésus, quand tu viens à moi dans la sainte Communion, toi qui as daigné venir demeurer avec le Père et le Saint-Esprit dans le tout petit ciel de mon cœur, je m’efforce de t’accompagner durant toute la journée, je ne te laisse pas seul un instant. Même quand je suis en compagnie des gens ou des élèves, mon cœur reste toujours uni à Jésus. Quand je m’endors, je lui offre chaque battement de mon cœur ; quand je me réveille, je me plonge en lui sans dire un mot. À mon réveil, j’adore un instant la Très Sainte Trinité et je la remercie de bien vouloir me donner une journée de plus, de permettre qu’une fois encore, le mystère de l’Incarnation de son Fils s’opère en moi, qu’une fois encore, sa douloureuse Passion se déroule devant mes yeux. Je tâche alors de laisser à Jésus le champ libre pour qu’il se communique aux autres âmes à travers moi. Je vais partout avec Jésus, je ressens qu’il m’accompagne en tout lieu.
Dans les souffrances de l’âme ou du corps, je tâche de garder le silence, parce que mon esprit m’acquiert alors une force qui vient de la Passion de Jésus. J’ai sans cesse devant les yeux son visage douloureux, outragé et défiguré, son divin cœur transpercé par nos péchés, en particulier par l’ingratitude des âmes choisies.
Double avertissement pour que je me prépare aux souffrances qui m’attendent à Varsovie. Le premier avertissement a été intérieur : j’ai entendu une voix. Le second a eu lieu durant la sainte messe. Avant l’élévation, j’ai vu le Seigneur Jésus crucifié, qui m’a dit : « Prépare-toi à souffrir. » J’ai remercié le Seigneur de m’avoir fait la grâce de me prévenir, et je lui ai dit : « Je ne souffrirai certainement pas plus que toi, mon Sauveur. » Toutefois, j’ai pris cela à cœur et je me suis fortifiée par la prière et de petites souffrances, afin de pouvoir supporter les souffrances plus grandes qui m’attendent.