Ce qui est particulier dans ce tableau du Christ, ce sont les deux rayons. Quand sœur Faustine demande à Jésus ce qu’ils signifient, il lui explique : « Le rayon translucide signifie l’eau, qui justifie les âmes ; le rayon rouge signifie le sang, qui est la vie des âmes (…) Heureux celui qui vivra dans leur ombre » (PJ 299). Les sacrements du baptême et de la réconciliation purifient l’âme, et l’Eucharistie la nourrit de la façon la plus substantielle : ces deux rayons signifient donc les sacrements et toutes les grâces de l’Esprit Saint, dont l’eau est le symbole biblique, ainsi que la nouvelle alliance de Dieu avec l’homme, scellée dans le sang du Christ.
Le tableau de Jésus Miséricordieux est souvent appelé tableau de la Miséricorde Divine, ce qui est juste, parce que c’est dans le mystère pascal du Christ que s’est révélé le plus complètement l’amour miséricordieux de Dieu pour l’homme.
Ce tableau ne représente pas seulement la Miséricorde Divine : il est aussi un signe qui rappelle que les chrétiens doivent avoir confiance en Dieu et témoigner un amour agissant à leur prochain. Au bas du tableau, selon la volonté du Christ, sont écrits les mots suivants : Jésus, j’ai confiance en toi. « Ce tableau – a également dit le Seigneur Jésus – doit rappeler les exigences de ma miséricorde, car même la plus grande foi n’est rien sans les actes » (PJ 742).
À ceux qui vénèreront le tableau dans une attitude chrétienne de confiance et de miséricorde, le Seigneur Jésus a donné des promesses spéciales : la grâce du salut éternel, de grands progrès sur la voie de la perfection chrétienne, la grâce d’une bonne mort et toutes les autres grâces que les hommes lui demanderont avec confiance. « Par ce tableau, j’accorderai beaucoup de grâces aux âmes ; il faut donc que chaque âme ait accès à lui » (PJ 570).
b. La fête de la Miséricorde
Cette fête est la plus importante de toutes les formes du culte de la Miséricorde Divine qui ont été révélées à sœur Faustine. C’est à Płock, en 1931, que Jésus a parlé pour la première fois de l’institution de cette fête, au moment où il ordonnait que soit peint le tableau : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je désire que ce tableau que tu peindras au pinceau soit solennellement béni le premier dimanche après Pâques : ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (PJ 49).
Le choix du premier dimanche après Pâques pour la fête de la Miséricorde a un sens théologique profond, qui montre le lien étroit entre le mystère pascal de la Rédemption et celui de la Miséricorde Divine. Ce lien est encore mis en relief par la neuvaine à la Miséricorde Divine. Elle commence avant la fête de la Miséricorde, le Vendredi Saint.
Cette fête n’est pas seulement le jour de l’adoration particulière de Dieu dans le mystère de sa miséricorde, mais aussi un temps de grâce pour tous les hommes. Le Seigneur Jésus dit : « Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge de toutes les âmes, et particulièrement de celles des pauvres pécheurs (PJ 699) ; Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur tends une dernière planche de salut : la fête de ma Miséricorde. Si elles n’adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l’éternité » (PJ 965).
L’importance de cette fête se mesure aux promesses extraordinaires que le Seigneur Jésus lui a attachées. « Ceux qui s’approcheront ce jour-là de la Source de Vie – dit le Christ – obtiendront la rémission complète de leurs fautes et de leurs châtiments (PJ 300) ; Ce jour-là, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde ; […] Qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate » (PJ 699).
Pour bénéficier de ces grands dons, il faut remplir les conditions qu’exige la dévotion à la Miséricorde Divine, c’est-à-dire avoir confiance en la bonté de Dieu et être miséricordieux envers autrui ; être en état de grâce sanctifiante, c’est-à-dire s’être confessé, et communier dignement. « Aucune âme ne trouvera de justification – explique Jésus – tant qu’elle ne s’adressera pas avec confiance à ma miséricorde. C’est pourquoi le premier dimanche après Pâques doit être la fête de la Miséricorde, et les prêtres devront ce jour-là parler aux âmes de mon immense et insondable miséricorde » (PJ 570).
c. Le chapelet de la Miséricorde Divine
Le Seigneur Jésus a dicté ce chapelet à sœur Faustine à Vilnius les 13 et 14 septembre 1935, comme prière d’expiation et pour apaiser la colère de Dieu (cf. PJ 474-476).
Ceux qui prient ce chapelet offrent à Dieu le Père « le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité » de Jésus-Christ, en expiation de leurs péchés, des péchés de leurs proches et de ceux du monde entier, et, en s’unissant au sacrifice de Jésus, ils invoquent l’amour du Père céleste pour son Fils et, par son Fils, pour tous les hommes.
En priant ce chapelet, ils demandent également miséricorde pour eux et pour le monde entier et accomplissent ainsi un acte de miséricorde. Si les fidèles ont confiance en Dieu et si les conditions d’une bonne prière sont réunies (humilité, persévérance, conformité à la volonté de Dieu), ils peuvent espérer la réalisation des promesses du Christ qui concernent particulièrement l’heure de la mort : la grâce de leur conversion et la grâce d’une mort paisible. Ces grâces seront accordées non seulement à ceux qui récitent le chapelet de la Miséricorde Divine, mais aussi aux agonisants au chevet desquels cette prière est dite. « Quand on récite ce chapelet auprès d’un agonisant, – dit Jésus – la colère divine s’apaise et l’insondable miséricorde s’empare de son âme » (PJ 811). Et, plus généralement : « Il me plaît d’accorder [aux âmes] tout ce qu’elles me demanderont en disant ce chapelet (PJ 1541), si cela […] est conforme à ma volonté » (PJ 1731). En effet, tout ce qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu n’est pas bon pour l’homme, en particulier pour son bonheur éternel.
« Quand tu récites ce chapelet – dit encore Jésus – tu rapproches de moi l’humanité (PJ 929) ; Les âmes qui réciteront ce chapelet seront enveloppées de ma miséricorde pendant leur vie et, plus particulièrement, à l’heure de la mort » (PJ 754).
d. L’Heure de la Miséricorde
Au mois d’octobre 1937, à Cracovie, dans des circonstances que sœur Faustine n’a pas décrites précisément, le Seigneur Jésus demande que soit honorée l’heure de sa mort : « Chaque fois que tu entendras l’horloge sonner trois heures, plonge-toi tout entière dans ma miséricorde en l’adorant et en la glorifiant. Invoque sa toute-puissance pour le monde entier et, en particulier, pour les pauvres pécheurs, parce qu’à ce moment, elle est grande ouverte à toutes les âmes » (PJ 1572).
Le Seigneur Jésus a également indiqué de façon assez précise comment prier à l’Heure de la Miséricorde. Il dit à sœur Faustine : « Tâche de faire à cette heure-là le chemin de croix, dans la mesure où tes tâches te le permettent. Si tu ne peux pas faire le chemin de croix, entre au moins un moment dans la chapelle et vénère mon cœur plein de miséricorde, qui demeure dans le Très Saint Sacrement ; et, si tu ne peux pas entrer dans la chapelle, plonge-toi dans la prière, là où tu te trouves, ne serait-ce qu’un tout petit instant » (PJ 1572).
L’abbé Różycki cite trois conditions pour que les prières dites à l’Heure de la Miséricorde soient exaucées : – la prière doit être adressée à Jésus,
– elle doit être dite à trois heures de l’après-midi, – elle doit se référer aux valeurs et aux mérites de la Passion.