L’Église du Saint-Esprit
Le Verbe Incarné, par sa mort et sa résurrection, a rassemblé les hommes pour les constituer mystiquement en son Corps, en leur communiquant son Esprit. Le Saint-Esprit est un seul et même dans le Chef et dans les membres, et il vivifie tout le Corps de telle manière, l’unit et le meut, qu’il devient en lui principe de vie : âme du Corps Mystique (cfr. L.G. N° 7-8).
« Le Saint-Esprit est celui qui régit l’Église, depuis que Je M’en suis allé et que Je l’ai envoyé après mon Ascension » (Diario T. 2, p. 4, marzo, 1894).
« Au Saint-Esprit qui a opéré l’Incarnation devait appartenir le fruit de celle-ci, qui est mon Église. À Lui appartenait d’illuminer, de donner sens, d’embraser, de fortifier et de donner la vie de la grâce » (Diario T. 40, p. 204, enero 29, 1915).
De la richesse doctrinale de Conchita sur l’Église du Saint-Esprit, nous n’indiquerons que trois aspects :
a) le Saint-Esprit est l’Âme des « structures »,
b) Il réalise la « Sainteté » de l’Église et
c) il est le principe d’« Unité » et conduit l’Église à la consommation dans l’Unité de la Trinité.
L’Église est fondée sur l’amour
Dans la crise actuelle où l’on cherche à opposer l’Église hiérarchique à l’Église pneumatique, l’Église de l’Autorité à l’Église de la Charité, Conchita nous rappelle le principe qui résout le faux problème : il ne peut y avoir d’opposition entre structure et charisme, parce que l’Église de l’Incarnation et l’Église de l’Esprit sont une seule et même Église.
L’Esprit est le principe qui anime et vivifie les « structures ».
« Je n’ai eu besoin que d’une seule chose pour établir mon Église sur la terre sur un fondement indestructible, et sais-tu laquelle ? : l’Amour, seulement l’amour, parce que mon Église devait se fonder, croître et se développer dans l’amour, et par l’amour, et par l’amour qui est son cœur, ses artères, son âme et sa vie ; l’Amour, c’est-à-dire le Saint-Esprit, tout amour. Et c’est pourquoi Je posai ces questions mémorables, dont on se souviendra dans tous les siècles, à celui qui allait être Chef Suprême de mon Église bien-aimée, et qui retentissent encore dans le cœur de tous les Papes : M’aimes-tu plus que ceux-ci ? Et, mon Cœur de Dieu-homme s’étant assuré de cet amour, Je remis à l’amour mes amours, c’est-à-dire les âmes, et c’est cela seul que le Pape a besoin d’avoir, et c’est cela seul que Je lui demande, parce que l’amour le fait Père, et le Père ne peut faire autre chose qu’aimer, parce que même dans ses rigueurs il est amour, seulement amour !
« Regarde la tendresse de mon Cœur envers toutes les âmes ; mais maintenant, cette très tendre question que Je fis à saint Pierre pour savoir s’il M’aimait, afin de lui remettre le monde racheté, ne s’adressait pas seulement au premier Chef des âmes, mais aussi très spécialement à tous mes Prêtres. Je lui remettais l’Église avec Moi-même, et en Moi tous les prêtres qui la composent, du premier jusqu’au dernier. Et le Pape délègue ses facultés enveloppées d’un amour paternel à ses brebis de prédilection et aimées, à ses prêtres, qui forment avec Moi et avec lui un seul Jésus Sauveur des âmes. Le Pape est le premier dans sa transformation en Moi, dans l’unité de la Trinité, à qui mon Père a donné le plus exquis de sa fécondation ; à qui le Verbe, Moi, l’a remise pour qu’il Me représente dans l’Église, dans la plus parfaite transformation en Moi. Et le Saint-Esprit le couvre, le pénètre, l’imprègne, le transforme, l’illumine, le déifie, le fortifie, le soutient, lui communique ses dons et l’assiste dans ses décisions, donnant à ses paroles le sceau saint de la vérité infaillible qui ne peut se tromper.
« Mais tout cela n’a exigé qu’une seule condition : l’amour, l’amour, l’amour ! Trois fois Je M’assurai de cet amour ; seule une âme amour est digne de Me représenter, de porter la fécondation du Père amour ; la ressemblance et la personnification du Verbe fait chair, amour, et de mon Esprit Amour. Et tout cet ensemble d’amour unit, dans l’unité de la Trinité, infailliblement, au Chef de mon Église ; et en lui à tous ses délégués. Et tous ils ne sont que Moi, à diverses échelles et hiérarchies. Car mon Père, dans le Pape, Me voit ; et dans l’unité de l’Église, tous les prêtres en Moi : un seul Jésus, un seul Pasteur, un seul Prêtre, un unique Sauveur.
« Il est beau et divin, cet enchaînement intime et unique au monde, de mon Église bien-aimée. Et, à cause de ce qu’Elle a de divin, rien ni personne n’est capable de l’ébranler, de la faire chanceler, ni de tacher sa structure, ni de rompre son unité. Divine est son origine, divine sa fécondation ; et l’Homme-Dieu qui habite en elle, la défend, la protège, la soutient et la glorifie. Tant que l’amour soutiendra l’Église, en son Chef et en ses membres ; tant que son Pasteur sera amour (et il le sera toujours par l’assistance intime du Saint-Esprit), elle traversera toutes les tempêtes et perfidies et schismes et guerres de l’enfer, mais elle voguera sur toutes les mers de principes droits et faux et de méchancetés, sans s’ébranler, sans sombrer.
« Je suis son Pilote, et avec cela, les siècles passeront et mon Église arrivera aussi pure, aussi sainte, aussi Mère, aussi toute amour et charité qu’elle est sortie de mes mains, jusqu’à toucher les rivages du ciel. Peu importent les trahisons et les persécutions, même des siens (qui sont celles qui font le plus mal), Elle poursuivra majestueusement sa marche au milieu de mille tourmentes qui n’ont servi, ne servent et ne serviront jamais qu’à lui donner plus d’éclat et à la glorifier. Qui contre Dieu ? Les générations passent ; les persécutions s’effondrent, les schismes tombent, et seule mon Église belle et pure, sainte et inébranlable, parviendra à la fin aussi sainte et parfaite et inébranlable qu’elle est sortie de mes mains, appuyée sur l’amour qui ne change pas parce qu’il est divin, par l’être d’unité qu’elle porte en elle, imprégnée d’amour, et ne répandant que de l’amour.
« Mais le temps est venu d’exalter dans le monde le Saint-Esprit, âme de cette Église tant aimée, où cette Personne Divine se déverse dans tous ses actes avec profusion. Cette étape intime du monde, Je veux qu’elle soit consacrée très spécialement à ce Saint-Esprit, qui n’agit que par l’amour. Il a commencé à régir l’Église à son commencement, par trois actes d’humble amour en saint Pierre ; et Je veux qu’en ces derniers temps cet amour saint s’accentue dans tous les cœurs, mais spécialement dans le cœur du Pape et de mes prêtres. C’est son tour, son époque, c’est la fin amoureuse en mon Église pour tout l’univers. C’est pourquoi Je redemande que le monde se consacre au Saint-Esprit très spécialement, en commençant par tous les membres de l’Église, à cet Esprit qui M’anime, à cette Troisième Personne de la Trinité qui enlace et unit la Trinité elle-même, qui fait que Dieu est Dieu, parce que Dieu est amour, et le Saint-Esprit est la Personne de l’amour, l’Amour même Personnifié en Elle. C’est pourquoi le Saint-Esprit est l’âme, le grand moteur divin de l’Église ; son énergie, son cœur, son battement, parce qu’il est l’Amour ». (Diario T. 51, p. 75-83 ; marzo 2, 1928).
Sainteté de l’Église
L’Église est indéfectiblement sainte, car le Christ a aimé l’Église comme son épouse, se livrant Lui-même pour elle afin de la sanctifier (cfr. Ef. 5,25-26). Il l’a unie à Lui comme son propre corps et l’a enrichie du don du Saint-Esprit pour la gloire de Dieu (L.G. N°. 39).
Tout dans l’Église est ordonné à la sainteté parce que c’est la fin du dessein salvifique du Père. L’Église Apostolique, une et catholique, doit réaliser l’Église Sainte.
L’un des joyaux du Vatican II est le chapitre V de la Lumen Gentium dans lequel nous est rappelée notre vocation universelle à la sainteté.
En février 1911, Conchita écrivait : « Tous les hommes naissent pour être saints. Si les âmes étaient intérieures, si elles se donnaient au Saint-Esprit, combien plus de vie mystique, combien plus de canaux célestes aura mon Église. Que les cœurs se donnent au Saint-Esprit et Il les possédera, mes saints se multiplieront : l’Église aura des vases d’élection et la face du monde changera » (Diario T. 35, p. 96-97, febrero 24, 1911).
Mais le destin du Peuple de Dieu dépend avant tout de la sainteté de ses Pasteurs : « Dieu qui seul est Saint et sanctificateur a voulu prendre les hommes comme compagnons et auxiliaires pour Le servir humblement dans l’œuvre de la sanctification » (P.N. No. 5).
« Le prêtre participe à l’autorité par laquelle le Christ Lui-même édifie, sanctifie et gouverne son corps » (P.O. N° 2). Le Christ Lui-même construit son Église en collaboration avec ses ministres.
Conchita, femme laïque, fut choisie par Dieu pour communiquer à l’Église un message d’importance : un appel à la sainteté sacerdotale, qui est l’unique solution à la crise actuelle de l’Église.
Plus de mille pages de son Journal sont remplies des confidences du Seigneur, lesquelles nous découvrent en même temps que la sublime grandeur, la fragilité du prêtre. On y trouve des pages sans précédent dans l’histoire de la littérature chrétienne.
Cet appel pressant à la sainteté sacerdotale, écrit trente ans avant le Concile, est le point culminant de la « mission prophétique » de Conchita dans l’Église.
Le Vatican II nous a rappelé que tout chrétien participe à la mission prophétique, sacerdotale et royale du Christ. C’est une loi constante dans l’Histoire du salut : Dieu choisit gratuitement ce qu’il y a de plus petit, de plus humble, pour réaliser ses œuvres admirables.
Conchita est une « parole de Dieu pour l’Église d’aujourd’hui ».
« Les prêtres en sont coupables »
« Les prêtres sont coupables de ce que la vie intérieure s’éteint, de ce que les portes des communications divines, par le moyen de la vie mystique, se ferment. Et pourquoi ? Par leur apathie dans mon service, par la dissipation de la vie, par leur immortification, par l’enfermement dans des études de cette sorte, par le peu de rapport interne et consciencieux avec les âmes, par le manque d’esprit de sacrifice, parce qu’ils ne M’aiment pas assez.
« Tels sont les motifs ; et quelle est la cause ou les causes qui provoquent et soutiennent ces motifs ?
« Le manque d’oraison, de vie intérieure, de pureté d’âme, de relations intimes avec Moi, leur manque d’amour et de dévotion au Saint-Esprit, d’union avec Dieu. Le monde ouvre maintenant une grande brèche dans le cœur des prêtres, et tu sais déjà combien sont nombreux les vices qui accompagnent un ennemi si formidable.
« Une trop grande fréquentation des créatures les refroidit, et le manque de recueillement extérieur et intérieur les glace. Là où entre le monde, le Saint-Esprit sort du cœur du Prêtre, c’est sa ruine ; car s’il est quelqu’un qui a non seulement besoin, mais une obligation très grande de vivre et de respirer dans ce Saint-Esprit, c’est le Prêtre ; et à mesure qu’Il s’éloigne, la matière entre, et vice versa ; mais malheur au prêtre qui vit de matière ! il peut être tenu pour perdu. Et cela est si facile dans une âme dissipée, dans un cœur qui ne prie ni ne se mortifie !
« Satan, par sa haine infernale envers mon Église, dirige sur ce point d’une importance capitale pour tant d’âmes et pour le prêtre lui-même, ses flèches les plus empoisonnées. Et son travail consiste à trouver quelque fente par où introduire le monde dans le cœur du prêtre, sous quelque forme que ce soit ; ensuite il fait glisser cette âme malheureuse par de très douces pentes jusqu’au péché » (Diario T. 25, p. 280-282, febrero 14, 1907).
« Mes ministres dorment »
« Je te ferai une intime confidence. Les grâces planent au-dessus de mon Église, les trésors, les richesses, les sources très fécondes des mérites du Verbe fait chair, et chaque jour, les hommes et ceux-là mêmes qui se disent miens semblent fermer les portes au Saint-Esprit.
« Satan mine l’Église par la faiblesse et la dissipation de ceux qui devraient garder le Sanctuaire : les âmes languissent par manque de Directeurs possédés du Saint-Esprit. Mon Église si belle et si riche doit garder ses trésors parce qu’elle ne trouve pas où les répandre. Et il est très triste que ces trésors infinis de grâces que J’ai achetés par mon Sang restent inactifs dans mon Église par manque d’ouvriers saints.
« Beaucoup comprennent à leur façon la vie spirituelle, et il manque des études profondes sur cette matière, et par ignorance et par mollesse ils laissent tronqués les desseins de Dieu en beaucoup d’âmes.
« Mon cœur s’attriste sur ce point où mes ministres dorment. Ils sont les premiers, en bien des occasions, à se contenter d’une piété superficielle, mais ils n’inculquent pas aux âmes la Croix, et encore moins enseignent-ils le Saint-Esprit.
« La routine, Je te le répète ici intimement, est entrée très profondément dans le Sanctuaire, et ce culte en Esprit et en vérité s’est presque éteint complètement en beaucoup de communautés.
« Que mes Ministres réagissent par le Saint-Esprit, qu’ils fassent grand cas de la vie intérieure, qu’ils la possèdent et qu’ils la communiquent par ce Saint-Esprit, et l’Église refleurira dans sa vigueur primitive.
« Il manque à mon Église la sève du Saint-Esprit ; elle manque aux Séminaires et aux clercs, et de là vient qu’elle manque aux âmes qui vivent et respirent de ce suc vital, qui doit leur donner la vie de la grâce.
— « Seigneur de mon âme, mon divin Jésus, mais moi, que fais-je ?
« Ô mon Dieu ! qu’il vienne donc au plus tôt, ce Saint-Esprit, allumer le feu dans les cœurs. Je voudrais être missionnaire, mon Jésus, valoir pour mille et cent mille, pour pouvoir parcourir le monde et donner toutes ces fois mon sang en faveur de la cause de l’Église que j’aime chaque jour davantage d’un zèle dévorant, d’un feu inconnu, ô Jésus, Jésus, Jésus !… » (Diario T. 35, p. 97-100, febrero 21, 1911).
Appel à la sainteté
« Je veux de l’amour dans mes prêtres, Je veux de la vie intérieure, l’intimité avec Moi dans ces âmes consacrées.
« Je veux bannir l’apathie de leurs cœurs, et les faire brûler du zèle de ma gloire. Je veux activer la vie divine dans tant d’âmes des Miens qui défaillent. Je veux détruire l’indifférence qui paralyse l’action de Dieu et éloigne des prêtres mes grâces.
« Il est nécessaire de rallumer le feu, et cela ne se fera que par le Saint-Esprit, par le divin moyen du Verbe, L’offrant au Père en clamant miséricorde » (Diario T. 49, p. 15-18, septiembre 23, 1927).
Seul le Saint-Esprit sanctifie
« Je veux une réaction vive, palpitante, manifeste et puissante du clergé par le Saint-Esprit.
« Un prêtre ne s’appartient plus, il est un autre Moi et doit être tout à tous, mais en se sanctifiant d’abord, car nul ne donne ce qu’il n’a pas, et seul celui qui est sanctifié sanctifie. C’est pourquoi, s’il veut être saint, comme c’est son devoir incontournable, il doit être possédé, imprégné du Saint-Esprit ; car si le Saint-Esprit est indispensable à la vie de toute âme, pour les âmes des prêtres Il doit être leur souffle même et leur vie.
« Si les prêtres sont Jésus, comment n’auraient-ils pas l’Esprit de Jésus ? et quel est-il, sinon le Saint-Esprit ? » (Diario T. 49, p. 111-112, octubre 9, 1927).
Actualité pressante
« J’accours toujours à temps et très opportunément aux époques du monde en faveur de mon Église militante ; et maintenant, dans les moments présents, mes prêtres ont besoin de cette réaction divine pour résister aux assauts de l’ennemi, pour repousser le monde qui s’est introduit jusque dans le Sanctuaire ; pour prévenir les maux futurs, pour consoler mon cœur et donner gloire à mon Père, en purifiant et sanctifiant toujours davantage les éléments de mon Église bien-aimée.
« Comme Je te l’ai dit, viendront des époques pires pour mon Église, et cette nécessité de prêtres et de ministres saints qui la fassent triompher de ses ennemis par l’Évangile de paix, de pardon et de charité ; par ma doctrine d’amour qui vaincra le monde.
« Mais J’ai besoin d’une armée de saints prêtres transformés en Moi, qui respirent les vertus et qui attirent les âmes par le suave parfum de Jésus-Christ. J’ai besoin d’autres Moi sur la terre formant un seul Moi dans mon Église par leur unité de vues, d’intentions et d’idéaux, formant un seul Corps mystique avec Moi, un seul vouloir avec la volonté de mon Père, une seule âme avec le Saint-Esprit : une unité dans la Trinité, par devoir, par justice, par amour » (Diario T. 50, p. 101-102, diciembre 29, 1927).
La Transformation dans le Christ Prêtre
Cet appel à la sainteté sacerdotale a pour but la réalisation de sa vocation personnelle, la Transformation dans le Christ Prêtre.
« Ma fin dans les prêtres est de réaliser la transformation en Moi, en enlevant les éléments qui l’empêchent, et de les unifier dans l’Unité de la Trinité, pour laquelle ils ont été engendrés dans le sein du Père, créés et ordonnés pour mon service, par l’onction et l’action divine du Saint-Esprit » (Diario T. 50, p. 100, diciembre 29, 1927).
« Je demande cette réaction dans mes prêtres, car il ne peut y en avoir dans les âmes si eux d’abord n’ont pas mon propre Esprit, si eux d’abord ne se transforment pas en Moi » (Diario T. 50, p. 383, febrero 13, 1928).
Il ne s’agit pas seulement de copier quelques traits du Christ ou d’imiter quelques-unes de ses vertus ; la transformation que réalise la sainteté sacerdotale est l’identification pleine avec le Christ Prêtre.
« La transformation du prêtre en Moi qui s’opère dans la Messe, il doit la continuer dans sa vie ordinaire, pour que cette vie soit intérieure, spirituelle et divine.
« Quand un prêtre n’est pas transformé en Moi, ou en voie de se transformer par ses efforts continuels pour y parvenir, il sera dans l’Église, mais, en un certain sens, séparé de l’intimité de l’Église, séparé en son Esprit du noyau transformant de mon Église.
« Et combien de prêtres ne pensent pas à cela, ni ne le recherchent, ni ne mettent de leur part un seul iota pour l’acquérir ! Ils prennent la dignité incomparable du sacerdoce comme une profession matérielle quelconque ; et ce n’est pas là la fin sublime et sainte du sacerdoce, qui consiste dans la transformation parfaite en Moi par l’amour et par les vertus.
« Mon Père veut voir le prêtre transformé en Moi, non seulement à l’heure de la Messe, mais à toute heure ; de telle manière qu’en tout lieu et à toute heure le prêtre puisse dire avec vérité, dans l’intérieur de son âme, ces paroles bénies, réalisées constamment en lui par sa transformation en Moi : “Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang” » (Diario T. 50, p. 122-123, diciembre 31, 1927).
En d’autres termes : le prêtre dans la Messe est transformé dans le Christ en vertu de l’action du Saint-Esprit, en tant qu’il est « instrument » et qu’il accomplit l’action sacrée en vertu du pouvoir participé du Christ Chef. Cela demande, exige l’union par l’amour pour être un instrument « vivant » et entrer dans la communion parfaite avec le Christ. Le manque de charité n’invalide pas le sacrement, mais constitue la réalité la plus absurde et abominable.
La transformation demandée par le Christ est de « réaliser dans la vie » ce que le Christ réalise dans l’Eucharistie.
« Ici est le fond, la provenance de tous les maux que Je déplore dans mon Église : le manque de transformation en Moi de ses prêtres. Car si cela existait, combien différents se trouveraient les peuples et les nations et les âmes qui ressentent, matérialisé, le manque d’influence divine que devraient leur communiquer les prêtres, et qui s’enfoncent et se précipitent par la sensualité et le manque de foi dans des abîmes insondables de maux.
« Si le démon a gagné du terrain dans ma Vigne, c’est par manque d’ouvriers saints dans cette vigne ; par des prêtres tièdes, dissipés, dissipés, mondanisés et laïcisés, qui se sont laissé porter par le courant et l’ambiance actuels, sans opposer de résistance, sans se faire violence à eux-mêmes, et sans se préoccuper de ce qui devrait principalement les préoccuper : leur parfaite transformation en Moi » (Diario T. 50, p. 129-130, diciembre 31, 1927).
Transformation dans le Christ Victime
« Une des choses qui manquent à beaucoup de mes prêtres est l’Esprit de mortification, l’amour de la croix, la connaissance des richesses que renferme la douleur.
« Beaucoup prêchent la Croix et ne la pratiquent pas ; ils conseillent l’abnégation et le renoncement à soi-même, et ne songent même pas pour eux-mêmes à ces vertus si nécessaires aux prêtres, car le sacrifice est l’un des points culminants et comme le fondement de la transformation en Moi, qui fus Victime depuis l’instant de mon Incarnation jusqu’à ma mort.
« Une victime, pour être agréable à mon Père, doit être pure et sacrifiée. Toute ma vie s’est réduite à cette belle parole qui synthétise l’être de chrétien et plus encore celui de prêtre : immolation ! Je fus immolé volontairement sur la terre, et cette vie d’immolation se continue sur les autels.
« Je suis venu au monde sanctifier la douleur et lui ôter son amertume : Je suis venu pour faire aimer la Croix, et la transformation la plus parfaite en Moi doit s’opérer par la douleur amoureuse, par l’amour douloureux.
« Par conséquent, un prêtre qui veut s’assimiler à Moi, comme c’est son devoir, doit être amoureux du sacrifice, doit tendre à l’immolation volontaire en s’abnégant, en se reniant lui-même et en se sacrifiant constamment en faveur des âmes.
« Prêtre veut dire qu’il s’offre et qu’il offre ; qu’il s’immole et qu’il immole.
« Les prêtres doivent aimer la croix et s’éprendre de Moi crucifié. Je suis leur modèle » (Diario T. 50, p. 138-143, enero 1°, 1928).
Cette vie d’immolation est la vie qu’exige le ministère, le service des âmes. Le prêtre est comme Jésus le Bon Pasteur qui doit donner sa vie pour ses brebis.
« L’amour que J’ai pour mes prêtres est infini, Je demande la réciprocité ; et si leur vocation dans mon Église est de sauver des âmes, ils doivent M’aimer, ils doivent posséder mon Esprit, s’imprégner de mon Esprit, vivre de mon Esprit, ce qui est vivre d’amour.
« Mais M’aimer ne consiste pas seulement à faire des actes d’amour, mais à se livrer à l’amour, sans conditions, pour toutes les immolations qu’exigent l’amour de Dieu et l’amour des âmes.
« Moi, Je ne trompe pas. La transformation implique douleur, victoire sur soi, sacrifice, mort. Mais l’amour est plus fort que la mort, que cette mort qui donne la vie. Le Saint-Esprit M’inclina à la Croix, et depuis que Je l’embrassai volontairement, la Croix s’est convertie en amour » (Diario T. 51, p. 93-97, marzo 4, 1928).
« Le Saint-Esprit M’inspira la mort de croix, qui fut œuvre d’infini amour envers mon Père et envers les âmes, mais avec la noble fin d’associer très spécialement à ma croix, à une vie de sacrifice, tous mes prêtres futurs qui, étant d’autres Moi, unis en Moi, perpétueraient mon sacrifice en eux-mêmes et sur les autels, et tout pour honorer mon Père en M’offrant et en s’offrant, transformés en Moi comme une seule victime sainte et pure qui Le glorifierait » (Diario T. 57, p. 255-256, diciembre 12, 1931).
La transformation dans le Christ exige d’être avec Lui en même temps prêtre et victime. La grandeur du prêtre est par essence une grandeur eucharistique.
Une oraison du Missel Romain exprime admirablement cette spiritualité :
« Reçois Seigneur ces dons que nous T’offrons, et en regardant Ton Christ, Prêtre et Victime, accorde-moi, à moi qui participe de son sacerdoce, la grâce de m’offrir chaque jour comme victime agréable en Ta présence » (Oración sobre las ofrendas por el propio sacerdote B).
Seul le Saint-Esprit transforme dans le Christ
« Seul le Saint-Esprit rend saints les prêtres ; seul ce Divin Esprit les élève du terrestre au divin, seul Il est capable, par son souffle, de pousser les âmes sacerdotales à l’héroïque, au sublime de leur vocation. Il est l’éternel lien délectable et très candide qui unit éternellement la Trinité ; et Il est aussi le lien, la chaîne douce et amoureuse qui doit unir suavement, comme tout ce qui est de Lui, les prêtres en Moi, pour combler ce désir infini de mon Père, l’Unité dans la Trinité, par ce moyen parfait, le Saint-Esprit.
« Combien J’aspire ardemment au règne parfait du Saint-Esprit dans le cœur des miens. Ce règne intérieur dans les âmes de mes prêtres, où Il ait son siège et son nid. Et s’ils sont d’autres Moi, mes prêtres doivent avoir le même Esprit que Moi, le Saint-Esprit » (Diario T. 50, p. 210-212, enero 12, 1928).
Dans l’Unité du Saint-Esprit
Le dessein salvifique du Père, en envoyant son Fils, est d’unir tous ses fils qui étaient dispersés (cfr. Jn. 11,52) et de constituer un royaume sacerdotal avec les hommes de toute race, langue, peuple et nation (cfr. Ap. 5,9).
« Je suis venu au monde dans le seul but d’unir tous dans l’Unité de la Trinité, par le Saint-Esprit, c’est-à-dire par l’Amour » (Diario T. 50, p. 95, diciembre 28, 1927).
« Mon Père, en fondant l’Église, n’eut qu’une seule fin, fin d’unité, car Lui, ni en Lui-même, ni dans ses conceptions éternelles, ni dans sa fécondité étonnante, ni dans ses désirs, ni dans ses œuvres, ne peut avoir de pensées et d’intentions hors de son unité. Eh bien, en fondant son Église, son idéal fut de ne pas faire des prêtres qui se désagrègent en sortant de son unité, mais un seul Prêtre en Moi, un seul saint en Moi, par le Divin Esprit » (Diario T. 50, p. 397, febrero 13, 1928).
Dans un texte d’une densité doctrinale extraordinaire, saint Paul met en relief l’Unité de l’Église : « Un seul Corps et un seul Esprit, comme vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation. Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous » (Ef. 4, 4-6). L’Unité est le trait le plus divin de l’Église. Il n’est donc pas étonnant que le pouvoir du mal consacre tout son effort à la détruire.
« Le démon tend à désunir parce que cela rompt la force : le Saint-Esprit tend à unir, à resserrer les bras paternels, filiaux, fraternels, dont le démembrement amène tant de maux à mon Église. Si Je suis l’Unité dans la Trinité, pourquoi mes pasteurs et mes prêtres entre eux n’ont-ils pas une seule âme, un seul avis pour ma gloire, un seul cœur dans mon cœur ?
« Je M’offris en Victime pour eux très spécialement, et Je ne leur demandai que de persévérer dans mon amour, et mon amour est unitif ; et Je veux que les hommes s’aiment les uns les autres ; comment ne voudrais-Je pas avant tout que les prêtres s’aiment entre eux, et que dans ce groupe choisi d’élection Je n’aie pas à déplorer haines, désordres, éloignements, divergences d’avis et d’affections, toutes ces misères qui refroidissent, qui tiédissent, qui séparent les cœurs ?
« Et si c’est un mal terrible pour mon Église, qui peut aller jusqu’au schisme, c’est pour mon cœur ce qu’il y a de plus douloureux, ce que Je déplore le plus, puisque cela s’écarte de mon grand commandement, de ce “aimez-vous les uns les autres”, parce que Moi, en prononçant ces paroles, J’ai voulu qu’elles fussent particulièrement pour mes prêtres, qui sont humains et ne sont pas exempts des passions humaines.
« Et si J’ai dit qu’on reconnaîtrait qu’ils étaient miens s’ils s’aimaient les uns les autres, lorsque les âmes pourront voir ces refroidissements d’affections, ce manque de chaleur entre eux, le monde s’en scandalisera et ne les tiendra pas pour miens.
« J’insiste, et J’insisterai toujours sur cette unité de la Trinité ; sur cette unité de la charité, qui est l’amour, qui est l’étroite union par le moyen du Saint-Esprit.
« Il est très humain, ce qu’il Me faut déplorer, et qu’il faut déplorer pour l’Église, cette division parmi les siens, qui en vient à de très grands, à de très profonds maux, que Moi seul sais mesurer dans leur extension. Cela, c’est descendre dans le monde, et mes prêtres ne sont pas du monde, ne doivent pas être du monde, ne peuvent suivre les maximes du monde, ne doivent pas se contaminer avec le monde. Et du monde sont tant de choses, tant de terre et de passions et de vices, auxquels mes prêtres devraient être étrangers.
« Et monde sont les divisions, les désaccords, les respects humains, les envies, la recherche de soi-même, et l’éloignement de cœur à cœur.
« Le Pape, les Cardinaux, Pasteurs et prêtres, toute la hiérarchie ecclésiastique forme un seul bloc divin, une pierre en Pierre, un roc où les vagues du monde et les ennemis se briseront. Mais ce bloc doit être un, il ne doit pas se démembrer, et de là sa force divine contre tout l’enfer. Et c’est qu’il est protégé par l’unité d’ensemble, par l’unité de la Trinité » (Diario T. 51, p. 337-340, abril 22, 1928).
« Insiste sur cette unité de vouloirs et d’avis en Moi. Il est vrai que par diverses voies les ruisseaux vont à la mer, et que de diverses sources ces ruisseaux prennent vie ; mais Je veux dans mon Église que ces ruisseaux soient un seul dans l’union de la charité, c’est-à-dire que mes Évêques et prêtres forment un seul cours d’eau qui débouche dans la mer que Je suis. Je veux que mon Église, dans ses dérivations, forme une seule dérivation en vouloirs et en avis.
« L’unité, l’unité de jugement, l’unité des volontés dans la Mienne, voilà ce qui apporte la paix à l’Église et aux cœurs.
« Combien d’Évêques déplorent ce manque d’unité dans leur clergé, non seulement envers eux, mais même entre les membres eux-mêmes, divergeant en opinions qui entraînent par conséquent des manques de charité et des médisances lourdes de conséquences, poignardant mon Cœur, tout obéissance et charité.
« Et regarde : si le prêtre a une origine si haute, rien de moins que dans le sein amoureux de la Trinité, il a le devoir incontournable de s’assimiler à la Trinité, principalement dans son unité. Et comme l’Église a été créée pour Lui, par la Trinité, c’est en elle qu’il doit aspirer et boire l’unité, en se simplifiant dans ma volonté manifestée par les supérieurs, c’est-à-dire par le Pape et les Évêques dont le prêtre dépend.
« Cette unité manque dans le monde, et c’est pourquoi tant de maux ravagent la terre. Les âmes s’écartent de leur Centre, et de là toutes les disgrâces que pleure l’humanité déchue. C’est là le point central et capital de sa ruine : vivre éloigné de l’unité, dans des doctrines erronées, dans l’orgueil des opinions, dans la multiplicité des sectes, dans la brume et l’obscurité des composés. Le jour où le monde reviendra à son centre, à l’unité de la Trinité et à son Église, il sera sauvé.
« Mais le plus triste et ce qui blesse le plus mon Cœur, c’est qu’il existe parmi les miens cette inégalité qui les écarte de leur centre, dans l’unité de la Trinité et dans son Église ; elle sera très sainte et très pleine, dans les trois Divines Personnes ». (Diario T. 49, p. 374-378, noviembre 28, 127).
L’unité ne peut être réalisée par les seules forces humaines : c’est un don qui vient d’en haut ; c’est pourquoi le Christ, au moment culminant de sa vie, éleva sa prière au Père pour obtenir pour son Église l’Unité.
« Dans cette prière très tendre à mon Père lors de la dernière Cène, prière sortie du plus profond de mon âme — dans laquelle Je voulus exprimer à mes Apôtres, et en eux à mes prêtres futurs, toute la sublime tendresse, la quintessence de mon âme envers eux — Je demandai ce qu’il y avait de plus grand, de plus beau que Je pouvais solliciter de mon Père, que nous fussions un, consommés dans l’Unité de la Trinité.
« Cette prière de la consommation de l’Unité en mon Père et en Moi, ne resta pas stérile, mais ses fruits vinrent sur la terre, spécialement sur mes prêtres, et c’est pourquoi ils sont d’autres Moi ; et c’est pourquoi, seulement pour cela, Je leur donnai mon Épouse elle-même, l’Église, mais avec les mêmes devoirs de fidélité et de très pur amour envers elle ; avec le devoir de la servir, de la consoler, de lui donner des fils spirituels et saints, d’étendre son règne, de respecter ses hiérarchies, de constituer même sur la terre cette unité qui est l’écho de cette unité sainte, féconde et très pure, de l’unité des prêtres en Moi, de l’unique Unité dans la Trinité.
« Tout ce qui sort de cette unité est diabolique : tout ce qui ne tend pas à cette unité est faux ; tout ce qui s’écarte de cette unité sera nul pour le ciel » (Diario, T. 51, p. 160. 162. 168, marzo 14, 1928.
Conchita éprouvera toujours envers les prêtres un profond respect et un amour de prédilection ; elle ne les critique pas, elle offre sa vie en expiation pour leurs faiblesses et pour leur obtenir la grâce d’une éminente sainteté. Elle regarde, elle souffre, elle se tait. Elle s’immole constamment comme victime pour l’Église et surtout pour les prêtres.
Offre-toi en union avec Moi comme victime pour l’Église
« Offre-toi en oblation pour mes prêtres, unis-toi à mon sacrifice pour leur obtenir des grâces. Il est nécessaire qu’unie au Prêtre Éternel tu fasses ton rôle de prêtre, en M’offrant au Père, et en Lui arrachant des grâces et des miséricordes pour l’Église et ses membres. Ne te souviens-tu pas combien de fois Je t’ai demandé de t’offrir en victime en union avec la Victime, pour l’Église bien-aimée ? Ne vois-tu pas que tu es sienne parce que tu es Mienne, et que tu es Mienne parce que tu es sienne ? Alors, par l’union spéciale que tu as avec mon Église, tu as droit à participer à ses amertumes et tu as le devoir sacré de la consoler en te sacrifiant pour ses prêtres »
(Diario T. 49, p. 26, septiembre 24, 1927).
Seul l’Esprit unifie
« Mais pour réaliser cet idéal d’unité de mon Père bien-aimé, celui qu’Il a au sujet de mes prêtres, il faut comme moteur indispensable et puissant pour cette fin le Saint-Esprit. Lui seul, uniquement Lui peut renouveler la face de la terre, et unir les cœurs avec le Verbe, parce qu’Il est le lien ineffable d’amour entre le Père et le Fils : c’est Lui qui unifie l’Église, parce qu’Il unifie la Trinité dans l’amour : c’est Lui qui simplifie, parce qu’Il est l’unité par essence, et Il est unité parce qu’Il est amour.
« L’amour est le seul qui unit, qui simplifie, qui sanctifie, qui réconcilie, qui embrasse, qui resserre les liens et les cœurs.
« L’amour est le moteur de l’Église et des sacrements : c’est l’amour qui engendra dans le Père les prêtres, parce que toute la Trinité est une seule essence et volonté sans principe ; l’amour forme les prêtres, qui, s’ils furent engendrés de toute éternité dans l’entendement du Père, naquirent à l’impulsion des battements amoureux et douloureux de mon cœur sur la Croix, et consommés dans leur principe et dans leur fin par l’amour.
« Eh bien, vois-tu l’unité en une seule essence dans la Trinité ? L’Église en est le reflet, elle est comme une partie de la Trinité même, et toute son économie se synthétise sur la terre dans l’unité d’un seul troupeau et d’un seul Pasteur.
« L’unité est ce qu’il y a de plus beau pour Dieu ; parce que l’unité Le dépeint, parce que l’unique unité, c’est Lui ; parce que Dieu est très simple dans son Être, et sa plus grande joie et son plus grand bonheur, son unique bonheur consiste à s’aimer Lui-même, à être trois Personnes en une seule substance et essence d’amour, bien que l’Amour se soit personnifié dans le Saint-Esprit ; à se complaire en un seul point infini, qui remplit tout, qui absorbe tout, qui produit tout : âmes, mondes, extensions infinies d’amour, d’amour très pur étonnant le ciel, et faisant éclater les êtres créés qui le composent en ce Saint, Saint, Saint, les extasiant dans les perfections infinies qui étonnent, émeuvent, déifient et unifient en Dieu toutes choses.
« Et pourquoi te parlé-Je aujourd’hui de cette unité très sainte, très haute, très parfaite, qui ravit Dieu Lui-même, éternel et infini dans ses perfections ?
« Parce que cette unité produite par l’amour, que mon Église reflète, qui doit être une avec l’unité de la Trinité, n’existe pas chez beaucoup de mes Évêques et prêtres ; et cela Je veux te le montrer, cette peine qui blesse mon cœur de Dieu-homme ; le douloureux tableau de la désunion dans les avis de beaucoup de membres de mon Église.
« À quoi sert qu’extérieurement les avis soient unis par respects humains, si intérieurement il y a des désaccords, des médisances et des choses et des intrigues que Moi seul vois, et qui parfois même donnent du scandale ? Ce point Me blesse ; et de ce point viennent beaucoup de maux que Je déplore et qui se font sentir dans mon Église, lui causant du tort de bien des façons.
« Ils doivent travailler à l’union, à l’unité dans les critères et dispositions, mais réelles, non fictives ni de pure formalité. Ils doivent imiter la Trinité en s’efforçant d’avoir, tout l’Épiscopat, un seul cœur et une seule âme, formant une seule famille en Moi, par le Saint-Esprit, un seul vouloir dans ma volonté, non seulement extérieurement, Je le répète, mais uniformément aussi à l’intérieur que Je vois.
« Et les prêtres aussi doivent uniformiser leurs avis avec ceux de leurs Évêques, en respectant leurs dispositions, sans dissensions ; eux plus que quiconque doivent éviter qu’il y ait manque de charité sur ce point plus important qu’il n’y paraît.
« Mais J’insiste pour tout cela (à quoi Je demande qu’il soit remédié, qu’on le prévienne, et même qu’il n’existe pas) : qu’on recoure au Saint-Esprit, conciliateur et unificateur des entendements et des volontés. Il reflète l’unité dans les âmes, parce qu’Il forme une partie intrinsèque de l’unité par essence. Le Saint-Esprit, âme de l’Église, est le porte-étendard de l’unité, son principe, son centre et sa fin, étant l’amour.
« Que les Évêques et les prêtres recourent avec toujours plus d’assiduité et d’amour au Saint-Esprit, et Il sera leur lumière, leur nord, leur guide, pour les conduire à l’unité.
« Un seul apostolat, Je le veux dans mon Église, une seule foi, une seule Vérité, une seule fin. Un seul martyre si tous se martyrisent ; une seule joie si tous se réjouissent ; un seul triomphe si tous triomphent ; un seul calvaire si tous souffrent ; c’est-à-dire un lien de charité qui resserre et unifie, le même lien qui forme l’unité par l’amour, le Saint-Esprit. Un seul Jésus, Dieu-homme, qui les réchauffe, et une seule fin, mon Père, allant à Lui par le Saint-Esprit et par Marie » (Diario T. 49, p. 362-373, noviembre 23, 1927).
La Consommation dans l’Unité de la Trinité
La « Consommation dans l’Unité » se réalise quand le chrétien, et particulièrement le prêtre, aime avec le Saint-Esprit, c’est-à-dire quand sa charité n’est plus exercée d’une manière humaine sous la direction de la prudence infuse, mais exercée d’une manière suprahumaine sous l’impulsion de la motion du Saint-Esprit ; la « charité perfectionnée par les dons », c’est aimer avec le Saint-Esprit.
« L’Église est amour, est charité, parce qu’elle a son origine et son être et sa vie dans l’amour fécond du Père. Les chrétiens doivent être amour, tout amour, élevés au sommet de l’unité par l’amour. Et qui est l’Amour, sinon le Saint-Esprit ? Cet Esprit fut mon Esprit, et avec Lui J’aimai mon Père, et ainsi Je veux que mes prêtres et tous les chrétiens aiment mon Père comme Je L’aime, avec le même Saint-Esprit, car c’est là la perfection de l’amour.
« Cet amour est celui qui unifie avec la Trinité, qui simplifie dans la sainteté, qui unit, qui féconde le saint et qui transforme en Moi et fait ce que mon amour recherche, ce que mon Père désire : un seul Prêtre en Moi de tous les prêtres, un seul Jésus où Il pose son regard amoureux, où Il se complaise.
« Ne vois-tu pas qu’en fondant son Église, ce fut là son idéal ? Moi dans le Pape comme Chef, et tous les prêtres en Moi, formant un même Corps et un seul vouloir avec celui de mon Père bien-aimé. Et après les prêtres, mes préférés, tous les chrétiens doivent s’unifier en Moi, consommés dans l’Unité » (Diario T. 55, p. 288-289, julio 5, 1930).