La consécration

Le moment de la Consécration était arrivé, le moment du plus merveilleux des Miracles… Du côté droit de l’Archevêque, vers l’arrière et également en diagonale, une multitude de personnes étaient vêtues de la même tunique, mais en couleurs pastel : rose, vert, bleu ciel, lilas, jaune ; bref, de différentes couleurs très douces. Leurs visages aussi étaient resplendissants, remplis de joie, ils semblaient tous avoir le même âge. On pouvait deviner (et je ne saurais dire pourquoi) qu’il y avait là des gens d’âges différents, mais tous semblaient identiques de visage, sans rides, heureux. Eux aussi s’agenouillaient au chant de « Saint, Saint, Saint, est le Seigneur… »

Notre Dame dit : — « Ce sont tous les Saints et les Bienheureux du ciel, et parmi eux se trouvent aussi les âmes de vos proches qui jouissent déjà de la Présence de Dieu. » Alors je la vis. Là, juste à la droite de Monseigneur l’Archevêque… un pas derrière le célébrant, un peu suspendue au-dessus du sol, agenouillée sur des étoffes très fines, transparentes et pourtant lumineuses, comme une eau cristalline, se tenait la Très Sainte Vierge, les mains jointes, regardant le célébrant avec attention et respect. Elle me parlait de là-bas, mais en silence, directement au cœur, sans me regarder.

— « Cela t’étonne de me voir un peu en arrière de Monseigneur, n’est-ce pas ? Il doit en être ainsi… Malgré tout l’amour que Mon Fils Me porte, Il ne M’a pas donné la dignité qu’Il donne à un prêtre, celle de pouvoir Le porter chaque jour entre Mes mains, comme le font les mains sacerdotales. C’est pourquoi j’éprouve un si profond respect pour un prêtre et pour tout le miracle que Dieu accomplit à travers lui, un respect qui m’oblige à m’agenouiller ici. »

Mon Dieu, quelle dignité, quelle grâce le Seigneur répand sur les âmes sacerdotales, et ni nous, ni peut-être beaucoup d’entre eux n’en sommes conscients !

Devant l’autel commencèrent à surgir des ombres de personnes, de couleur grise, qui levaient les mains vers le haut. La Très Sainte Vierge dit : — « Ce sont les âmes bénies du Purgatoire qui attendent vos prières pour se rafraîchir. Ne cessez pas de prier pour elles. Elles prient pour vous, mais elles ne peuvent pas prier pour elles-mêmes ; c’est vous qui devez prier pour elles, afin de les aider à sortir pour rencontrer Dieu et jouir de Lui éternellement. »

— « Tu le vois bien, Je suis ici tout le temps… Les gens font des pèlerinages et cherchent les lieux de Mes apparitions, et c’est bien, à cause de toutes les grâces que l’on y reçoit ; mais dans aucune apparition, en aucun lieu Je ne suis présente plus longtemps que dans la Sainte Messe. Au pied de l’Autel où l’on célèbre l’Eucharistie, vous Me trouverez toujours ; au pied du Tabernacle Je demeure avec les Anges, car Je suis toujours avec Lui. »

Voir ce visage si beau de la Mère en ce moment du « Saint », comme tous les autres, le visage resplendissant, les mains jointes dans l’attente de ce miracle qui se renouvelle continuellement, c’était se trouver au ciel même. Et dire qu’il y a des gens, qu’il y a parmi nous des personnes qui, en ce moment, peuvent être distraites, en train de parler… Je le dis avec douleur, beaucoup d’hommes plus que de femmes, qui restent debout, les bras croisés, comme s’ils rendaient au Seigneur un hommage debout, d’égal à égal.

La Vierge dit : « Dis à l’être humain que jamais un homme n’est plus homme que lorsqu’il plie les genoux devant Dieu. »

Le célébrant prononça les paroles de la « Consécration ». C’était un homme de taille normale, mais soudain il se mit à grandir, à se remplir de lumière ; une lumière surnaturelle, entre le blanc et le doré, l’enveloppait et devenait très intense à hauteur du visage, de sorte que je ne pouvais distinguer ses traits. Lorsqu’il éleva l’Hostie, je vis ses mains, qui portaient sur le dos des marques d’où jaillissait une grande lumière. C’était Jésus !… C’était Lui qui, de Son Corps, enveloppait celui du célébrant, comme s’Il entourait amoureusement les mains de Monseigneur l’Archevêque. À ce moment, l’Hostie commença à grandir, à grandir, devenant immense, et sur elle apparaissait le Visage merveilleux de Jésus regardant Son peuple.

Par instinct, je voulus baisser la tête, et Notre Dame dit : « Ne baisse pas les yeux, lève le regard, contemple-Le, croise ton regard avec le Sien et répète la prière de Fatima : Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je T’aime. Je Te demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne T’aiment pas. Pardon et Miséricorde… Maintenant, dis-Lui combien tu L’aimes, rends ton hommage au Roi des rois. »

Je le Lui dis ; il semblait ne regarder que moi du haut de l’immense Hostie, mais je sus que c’était ainsi qu’Il contemplait chaque personne, rempli d’amour… Puis je baissai la tête jusqu’à poser le front au sol, comme le faisaient tous les Anges et les bienheureux du Ciel. L’espace d’une fraction de seconde peut-être, je me demandai ce qu’était cela : que Jésus prenait le corps du célébrant et en même temps se trouvait dans l’Hostie qui, lorsque le célébrant l’abaissait, redevenait petite. J’avais les joues ruisselantes de larmes, je ne revenais pas de mon émerveillement.

Aussitôt, Monseigneur prononça les paroles de la consécration du vin, et en même temps que ses paroles, des éclairs commencèrent à jaillir dans le ciel et au fond. Il n’y avait plus ni toit ni murs à l’église, tout était dans l’obscurité, sauf cette lumière éclatante sur l’Autel.

Soudain, suspendu dans les airs, je vis Jésus crucifié, de la tête jusqu’au bas de la poitrine. Le bras transversal de la croix était soutenu par des mains grandes et fortes. Du milieu de cette splendeur se détacha une petite lumière, comme une colombe toute menue et très brillante, qui fit rapidement le tour de toute l’église et vint se poser sur l’épaule gauche de Monseigneur l’Archevêque, lequel était toujours Jésus, car je pouvais distinguer Sa chevelure et Ses plaies lumineuses, Son grand corps, mais je ne voyais pas Son Visage.

En haut, Jésus crucifié avait le visage incliné sur le côté droit de l’épaule. Je pouvais contempler le visage et les bras meurtris et décharnés. Au côté droit, Il avait une blessure à la poitrine, et il en jaillissait à flots : vers la gauche du sang, et vers la droite ce que je pense être de l’eau, mais très brillante ; c’étaient plutôt des jets de lumière qui se dirigeaient vers les fidèles, se mouvant à droite et à gauche. J’étais stupéfaite de la quantité de sang qui s’écoulait vers le Calice. Je crus qu’il allait déborder et tacher tout l’Autel, mais il n’en tomba pas une seule goutte !

La Vierge dit à ce moment : — « Voici le miracle des miracles, je te l’ai répété : pour le Seigneur, il n’existe ni temps ni distance, et au moment de la consécration, toute l’assemblée est transportée au pied du Calvaire, à l’instant de la crucifixion de Jésus. »

Quelqu’un peut-il imaginer cela ? Nos yeux ne peuvent le voir, mais nous sommes tous là-bas, au moment où on Le crucifie et où Il demande pardon au Père, non seulement pour ceux qui Le mettent à mort, mais pour chacun de nos péchés : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

À partir de ce jour-là, peu m’importe que l’on me prenne pour une folle, mais je demande à tous de s’agenouiller, de s’efforcer de vivre avec le cœur et toute la sensibilité dont ils sont capables ce privilège que le Seigneur nous accorde.