La communion
Le moment de la communion des célébrants arriva ; là, je remarquai de nouveau la présence de tous les prêtres aux côtés de Monseigneur. Tandis qu’il communiait, la Vierge dit :
« C’est le moment de prier pour le célébrant et pour les prêtres qui l’accompagnent ; répète avec Moi : Seigneur, bénis-les, sanctifie-les, aide-les, purifie-les, aime-les, prends soin d’eux, soutiens-les par Ton Amour… Souvenez-vous de tous les prêtres du monde, priez pour toutes les âmes consacrées… »
Frères et sœurs bien-aimés, c’est là le moment où nous devons prier, car ils sont l’Église, tout comme nous le sommes, nous les laïcs. Bien souvent, nous, les laïcs, exigeons beaucoup des prêtres, mais nous sommes incapables de prier pour eux, de comprendre que ce sont des êtres humains, de saisir et de mesurer la solitude qui peut bien souvent entourer un prêtre.
Nous devons comprendre que les prêtres sont des personnes comme nous et qu’ils ont besoin de compréhension, d’attention, qu’ils ont besoin d’affection, de sollicitude de notre part, car ils donnent leur vie pour chacun de nous, comme Jésus, en se consacrant à lui.
Le Seigneur veut que les gens du troupeau que Dieu lui a confié prient et aident à la sanctification de leur Pasteur. Un jour, lorsque nous serons de l’autre côté, nous comprendrons la merveille que le Seigneur a accomplie en nous donnant des prêtres qui nous aident à sauver notre âme.
Les gens commencèrent à quitter leurs bancs pour aller communier. Le grand moment de la rencontre était arrivé, celui de la « Communion ». Le Seigneur me dit : — « Attends un instant, Je veux que tu observes quelque chose… » Mû par une impulsion intérieure, je levai les yeux vers la personne qui allait recevoir la communion sur la langue des mains du prêtre.
Je dois préciser que cette personne était l’une des dames de notre groupe qui, la veille au soir, n’avait pas eu le temps de se confesser et qui ne le fit que ce matin-là, avant la Sainte Messe. Lorsque le prêtre déposa la Sainte Forme sur sa langue, comme un éclair de lumière, cette lumière d’un blanc très doré traversa d’abord cette personne par le dos, puis l’enveloppa tout autour, le dos, les épaules et la tête. Le Seigneur dit :
« C’est ainsi que Je Me complais à embrasser une âme qui vient Me recevoir le cœur pur ! »
La nuance de la voix de Jésus était celle d’une personne joyeuse. J’étais stupéfaite de voir cette amie regagner sa place enveloppée de lumière, étreinte par le Seigneur, et je pensai à la merveille que nous manquons tant de fois en allant recevoir Jésus avec nos petites ou nos grandes fautes, alors que cela devrait être une fête.
Bien souvent, nous disons qu’il n’y a pas de prêtres pour se confesser à tout moment ; or le problème n’est pas de se confesser à tout moment, le problème réside dans notre facilité à retomber dans le mal. Par ailleurs, de même que nous nous donnons la peine d’aller chercher un salon de beauté, ou les hommes un coiffeur, lorsque nous avons une fête, nous devons aussi nous donner la peine d’aller chercher un prêtre lorsque nous avons besoin qu’il ôte de nous toutes ces choses sales, et non pas avoir l’effronterie de recevoir Jésus à n’importe quel moment, le cœur rempli de choses laides.
Tandis que je m’avançais pour recevoir la communion, Jésus répétait : — « La Cène fut le moment de la plus grande intimité avec les Miens. En cette heure de l’amour, J’instituai ce qui, aux yeux des hommes, pourrait être la plus grande folie : Me faire prisonnier de l’Amour. J’instituai l’Eucharistie. J’ai voulu demeurer avec vous jusqu’à la consommation des siècles, parce que Mon Amour ne pouvait supporter que demeurent orphelins ceux que J’aimais plus que Ma propre vie… »
Je reçus cette Hostie, qui avait une saveur différente ; c’était un mélange de sang et d’encens qui m’inonda tout entière. J’éprouvais tant d’amour que les larmes coulaient sans que je pusse les retenir…
Lorsque je parvins à ma place, en m’agenouillant, le Seigneur dit : — « Écoute… » Et, en un instant, je me mis à entendre au-dedans de moi les prières d’une dame qui était assise devant moi et qui venait de communier.
Ce qu’elle disait sans ouvrir la bouche était à peu près ceci : « Seigneur, souviens-toi que nous sommes en fin de mois et que je n’ai pas l’argent pour payer le loyer, la traite de la voiture, les écoles des enfants ; tu dois faire quelque chose pour m’aider… S’il te plaît, fais que mon mari cesse de tant boire, je ne supporte plus ses beuveries, et mon fils cadet va de nouveau redoubler son année si tu ne l’aides pas, il a des examens cette semaine… Et n’oublie pas la voisine qui doit déménager, qu’elle le fasse une bonne fois pour toutes, car je ne peux plus la supporter… etc., etc. »
Tout à coup, Monseigneur l’Archevêque dit : « Prions », et naturellement toute l’assemblée se leva pour la prière finale. Jésus dit d’un ton triste : — « T’en es-tu rendu compte ? Pas une seule fois elle ne M’a dit qu’elle M’aime, pas une seule fois elle n’a rendu grâce pour le don que Je lui ai fait d’abaisser Ma Divinité jusqu’à sa pauvre humanité, afin de l’élever jusqu’à Moi. Pas une seule fois elle n’a dit : merci, Seigneur. Ce fut une litanie de demandes… et il en est ainsi de presque tous ceux qui viennent Me recevoir. »
« Je suis mort par amour et Je suis ressuscité. Par amour, J’attends chacun de vous, et par amour, Je demeure avec vous…, mais vous ne vous rendez pas compte que J’ai besoin de votre amour. Souviens-toi que Je suis le Mendiant de l’Amour en cette heure sublime pour l’âme. » Vous rendez-vous compte que Lui, l’Amour, demande notre amour, et que nous ne le Lui donnons pas ? Bien plus, nous évitons d’aller à cette rencontre avec l’Amour des Amours, avec le seul amour qui se donne en oblation permanente.
Au moment où le célébrant allait donner la bénédiction, la Très Sainte Vierge dit : « Sois attentive, prends garde… Vous faites un gribouillis au lieu du signe de la Croix. Souviens-toi que cette bénédiction peut être la dernière que tu recevras de ta vie, des mains d’un prêtre. Tu ne sais pas si, en sortant d’ici, tu vas mourir ou non, et tu ne sais pas si tu auras l’occasion qu’un autre prêtre te donne une bénédiction. Ces mains consacrées te donnent la bénédiction au Nom de la Très Sainte Trinité ; fais donc le signe de la Croix avec respect et comme si c’était le dernier de ta vie. »
Que de choses nous manquons en ne comprenant pas et en ne participant pas chaque jour à la Sainte Messe ! Pourquoi ne pas faire l’effort de commencer la journée une demi-heure plus tôt pour courir à la Sainte Messe et recevoir toutes les bénédictions que le Seigneur veut répandre sur nous ?
Je suis consciente que tous, en raison de leurs obligations, ne peuvent le faire quotidiennement, mais au moins deux ou trois fois par semaine, oui ; et pourtant, tant de gens esquivent la Messe du dimanche sous le petit prétexte qu’ils ont un enfant en bas âge, ou deux, ou dix, et que par conséquent ils ne peuvent assister à la Messe… Comment font-ils lorsqu’ils ont d’autres engagements importants ? Ils emmènent tous les enfants, ou bien ils se relaient, et le mari va à une heure et l’épouse à une autre, mais ils s’acquittent de leur devoir envers Dieu.