L’acte pénitentiel
Dans la merveilleuse catéchèse par laquelle le Seigneur et la Vierge Marie n’ont cessé de nous instruire — en nous enseignant d’abord la manière de réciter le Saint Rosaire, de prier avec le cœur, de méditer et de savourer les moments de rencontre avec Dieu et avec notre Mère bénie ; la manière de bien se confesser —, il y a celle de la connaissance de ce qui se passe pendant la Sainte Messe et de la façon de la vivre avec le cœur.
Tel est le témoignage que je dois et que je veux donner au monde entier, pour la plus grande Gloire de Dieu et pour le salut de tous ceux qui voudront ouvrir leur cœur au Seigneur. Afin que beaucoup d’âmes consacrées à Dieu raniment le feu de l’amour du Christ : les unes, qui sont les maîtresses des mains ayant le pouvoir de Le faire descendre sur la terre pour qu’Il soit notre nourriture ; les autres, afin qu’elles perdent l’« habitude routinière » de Le recevoir et qu’elles revivent l’émerveillement de la rencontre quotidienne avec l’amour. Afin que mes frères et mes sœurs laïcs du monde entier vivent avec le cœur le plus grand des Miracles : la célébration de la Sainte Eucharistie.
C’était la veille du jour de l’Annonciation et les membres de notre groupe étaient allés se confesser. Quelques-unes des dames du groupe de prière n’eurent pas le temps de le faire et remirent leur confession au lendemain, avant la Sainte Messe.
Lorsque j’arrivai le lendemain à l’église, un peu en retard, Monseigneur l’Archevêque et les prêtres se dirigeaient déjà vers le chœur. La Vierge dit, de cette voix si douce et si féminine qui adoucit l’âme : « Aujourd’hui est pour toi un jour d’apprentissage, et je veux que tu sois très attentive, car de tout ce dont tu seras témoin aujourd’hui, de tout ce que tu vivras en ce jour, tu devras faire part à l’humanité. » Je demeurai saisie, sans comprendre, mais m’efforçant d’être très attentive.
La première chose que je perçus, ce fut un chœur de voix très belles qui chantaient comme si elles venaient de loin ; par moments la musique se rapprochait, puis s’éloignait, comme portée par le souffle du vent.
Monseigneur l’Archevêque commença la Sainte Messe, et en arrivant à l’Acte pénitentiel, la Très Sainte Vierge dit :
« Du fond de ton cœur, demande pardon au Seigneur pour toutes tes fautes, pour L’avoir offensé ; ainsi pourras-tu participer dignement à ce privilège qu’est l’assistance à la Sainte Messe. »
Sûrement, pendant une fraction de seconde, je pensai : « Mais je suis en état de Grâce, je viens de me confesser hier soir. »
Elle répondit : « Et tu crois que depuis hier soir tu n’as pas offensé le Seigneur ? Laisse-Moi te rappeler quelques petites choses. Lorsque tu sortais pour venir ici, la jeune fille qui t’aide s’est approchée pour te demander quelque chose, et comme tu étais en retard, dans ta précipitation, tu lui as répondu d’une manière peu aimable. Cela a été de ta part un manque de charité, et tu dis n’avoir pas offensé Dieu… ? »
« En chemin pour venir ici, un autobus s’est mis en travers de ta route, il a failli te heurter, et tu t’es exprimée de façon peu convenable contre ce pauvre homme, au lieu de venir en faisant tes prières, en te préparant à la Sainte Messe. Tu as manqué à la charité et tu as perdu la paix, la patience. Et tu dis n’avoir pas blessé le Seigneur… ? » « Tu arrives au dernier moment, alors que la procession des célébrants sort déjà pour célébrer la Messe… et tu vas y participer sans aucune préparation préalable… »
— Assez, ma Mère, ne me dis plus rien, ne me rappelle plus rien, car je vais mourir de chagrin et de honte — répondis-je.
« Pourquoi devez-vous arriver au dernier moment ? Vous devriez être là plus tôt, afin de pouvoir faire une prière et demander au Seigneur qu’Il envoie Son Saint-Esprit, qu’Il vous accorde un esprit de paix qui chasse l’esprit du monde, les préoccupations, les problèmes et les distractions, pour être capables de vivre ce moment si sacré. Mais vous arrivez presque au début de la célébration, et vous y participez comme si vous participiez à un événement quelconque, sans aucune préparation spirituelle. Pourquoi ? C’est le plus grand des Miracles, vous allez vivre le plus grand moment de don de la part du Très-Haut, et vous ne savez pas l’apprécier. »
C’était assez. Je me sentais si mal que j’eus plus qu’il n’en fallait pour demander pardon à Dieu, non seulement pour les fautes de ce jour-là, mais pour toutes les fois où, comme tant d’autres personnes, j’avais attendu la fin de l’homélie du prêtre pour entrer dans l’église. Pour les fois où je n’avais pas su, ou bien où j’avais refusé de comprendre ce que signifiait être là ; pour les fois où, mon âme étant peut-être chargée de péchés plus graves, j’avais osé participer à la Sainte Messe.