Je Pleure Et Je Saigne Pour Vous
ARC-81 | 30-Avr-95 | Le Seigneur
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La mère ne nourrit-elle pas de son propre sang et ne forme-t-elle pas de son corps l’enfant qui n’est pas encore né ? J’ai créé et nourri l’homme. Ce que je n’ai pas créé, c’est la guerre.
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Je saigne parce que l’on gaspille de l’argent pour tuer et que l’on fait preuve de parcimonie face à la faim de milliers de personnes.
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Je pleure parce qu’il y a dans le monde une telle quantité d’armes qu’un quart d’entre elles suffirait à balayer l’humanité de la surface de la terre.
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Je saigne pour les gens qui, pour prouver qu’ils ont raison, ont besoin de la perdre dans la violence.
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Je pleure pour ceux qui, pour défendre la richesse qu’ils ont acquise, font sombrer de nombreux pauvres dans la misère et permettent à des dizaines de riches de devenir millionnaires.
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Si vous voulez aller plus loin, je saigne parce que l’on échange la nourriture et le pétrole qui maintiennent la vie contre des armes qui anéantissent.
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Je pleure parce que l’on dépense en armes nucléaires ce qui serait nécessaire pour que des millions de paysans produisent plus de nourriture pour ceux qui souffrent de la faim.
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Je pleure pour les défenseurs qui ne défendent jamais ceux qui ont vraiment besoin d’être défendus.
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Je saigne pour ceux qui, désespérés, ne peuvent regarder les autres dans les yeux qu’à travers une arme.
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Je pleure pour ces frères de sang qui, incapables de montrer leur charité, montrent leurs poings serrés.
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Je saigne pour ceux qui tuent des enfants, des personnes âgées, des malades, puis prétendent que c’était involontaire ou un acte de justice.
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Je pleure pour les millions d’enfants qui sont assassinés sans pitié dans le ventre de leur mère au nom de l’incapacité à les élever, au nom de la pauvreté, mal nommée ainsi.
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Je saigne pour l’égoïsme, pour le mensonge, pour la tromperie, pour la déloyauté de l’homme envers l’homme et du monde envers son Dieu.
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Je pleure pour ceux qui s’assoient à une table de discussion, non pas avant, mais après la violence et les dégâts.
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Je saigne pour ceux qui tuent leurs frères pour ensuite dire qu’ils ont instauré l’ordre.
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Je pleure pour ceux qui, sur les décombres de nombreux foyers, instaurent un nouvel ordre qui satisfait leurs propres ambitions.
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Après deux mille ans, ils ne Me reconnaissent toujours pas et Me tournent le dos au nom de la prudence. Après deux mille ans, Je continue de pleurer et de saigner pour le pardon des hommes…