228. 18.IX.1992

Le martyre, cela ne veut pas dire souffrir, cela ne devrait pas. Cela devrait dire aimer jusqu’à la perdition de ce qui est corporel, de ce que le sens perçoivent et de ce que le cœur convoite. Pour que le martyre ait une valeur expiatoire, il doit être pur amour.

Et le martyre est tellement nécessaire aujourd’hui, dans ce monde qui est asservi par la sensualité du corps et de l’âme, jusqu’aux limites de la damnation.

L’amour, Mon enfant, ce n’est pas un attachement mutuel des gens envers eux-même, mais leur libération. On ne peut aimer vraiment qu’en pleine la liberté face aux attentes et aux désirs – non seulement relatifs à la dimension du corps, mais surtout aux convoitises spirituelles.

Un pur don de soi, c’est quand tu ne désires rien pour toi-même : aucune satisfaction, aucun payement, aucune gratitude, aucunes émotions. Ce n’est qu’alors que tu peux faire un bien véritable, parce que ce n’est que dans ces conditions que ne naîtra pas en ton cœur ce qui te détruit toi-même, et indirectement les autres : le ressentiment, la déception, le découragement. Et même peut-être le jugement qui mène à la condamnation des autres.

Le martyre est le comble de l’amour, parce qu’il doit être la mort de l’égoïsme et la victoire du pur amour.

Pour pouvoir aller vers les gens en donnant son cœur, il faut avoir le cœur libre : libéré de toute convoitise. Il faut détruire cette « Jérusalem » que tu as construite dans ton cœur en pensant que c’est « un lieu saint ».

Un seul désir et une seule joie est nécessaire : le désir de Dieu et la possession de Dieu. Il faut demeurer dans cet état d’âme dans ton quotidien : que ce soit dans le temple ou dans la rue, parce que tu portes le temple dans ton cœur partout où tu vas.

Ne pense pas aux autres dans la catégorie de leur relation à toi. Ou d’une relation réciproque basée sur des attentes, des émotions, des obligations. Et ne juge pas. Essaye de comprendre et de soutenir les autres, pour qu’ils deviennent de plus en plus libres envers autrui (envers toi aussi) et envers le monde, et qu’ils trouvent leur joie toujours plus en Moi. Qu’ils trouvent cette joie que rien ne menace et que rien n’est en état de détruire.

Lc 18,1.7,8a « Et il leur disait une parabole sur ce qu’il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager. … Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu’il patiente à leur sujet ! Je vous dis qu’il leur fera prompte justice. »